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Santé - Protection sociale 
Brèves de secteur
vendredi 22 juillet
Rationaliser le débat sur la toxicomanie

L’un des symptômes de la décadence du discours politique actuel se manifeste par la primauté de l’idéologie sur l’argumentaire objectif ...

lundi 09 mai
Allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie : la mise en œuvre

La loi n° 2010-209 du 2 mars 2010 a créé une allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie ...

mardi 26 avril
Allocations de solidarité : le Conseil d’Etat transmet au Conseil constitutionnel les QPC des départements

Le président de l’Assemblée des départements de France, Claudy Lebreton, est satisfait de la décision du Conseil d’Etat de transmettre ...

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Communiqués de presse
de secteur
vendredi 27 janvier
Sortie précoce de maternité : des médecins académiciens inquiets

Dans un communiqué de l’Académie de médecine, les professeurs Roger Henrion et Paul Vert, professeurs de médecine mettent en garde ...

lundi 21 novembre
Une nouvelle rupture avec l’encadrement des honoraires médicaux : le secteur optionnel

Compte tenu du coût des soins, peu de malades pourraient se soigner sans une protection sociale efficace. Le système français de ...

jeudi 21 avril
La perte d'autonomie : affaire privée ou solidarité nationale ?

Comme pour les retraites, les citoyens se voient préparés à une vision catastrophiste de la progression de la dépendance - ...

lundi 31 janvier
Dépendance : La majorité sénatoriale contre la solidarité

Mercredi 26 janvier, la mission d'information du Sénat sur la prise en charge de la dépendance et la création du ...

mardi 25 janvier
Débat au Sénat sur le droit à une mort digne : le Vatican reprend la main

25 janvier 2011 L’UFAL qui saluait hier l’examen en séance publique au Sénat ce soir d’une proposition de loi relative ...

lundi 24 janvier
Le droit à une mort digne va-t-il être enfin autorisé ?

24 janvier 2011 L’UFAL salue l’examen en séance publique au Sénat, demain mardi 25 janvier, d’une proposition de loi ...

jeudi 23 décembre
Après le Mediator, à qui le tour ? Les responsabilités d'un système

Après le Distilbène, le Staltor, la Thalidomide, le Vioxx, l’Isomeride, l’Agreal, après la manipulation sur le virus ...

lundi 20 décembre
Qu'attend-on pour limiter les risques de la consommation de psychotropes ?

Dans un pays qui dresse des barrières aux soins pour les étrangers, faut-il s'étonner que les mesures destinées aux toxicomanes ...

mercredi 08 décembre
Nouvelle dérive vers un système assurantiel individuel : le déremboursement des médicaments à SMR "modéré"

L'UFAL n'a cessé de dénoncer la dérive vers un système assurantiel qui comporte inéluctablement une élimination des plus pauvres et ...

mardi 05 octobre
Les infirmièr-e-s anesthésistes souhaitent la reconnaissance de leurs cinq années d'études après le bac: Bachelot leur envoie les CRS !

En marge du combat central contre le projet sur les retraites du gouvernement, nous avons déjà vu comment ont été ...

lundi 27 septembre
Soigner les étrangers riches mais taxer les étrangers pauvres !

Nous vivons une drôle d'époque. A l'occasion du projet de loi de finances 2011, le gouvernement envisage une franchise de ...

mardi 14 septembre
Sans faire de bruit, le gouvernement cherche à supprimer la médecine du travail

Le gouvernement propose un amendement n°730 à son propre projet sur les retraites, entraînant la suppression de la médecine du ...

jeudi 17 juin
Retraites : après l’enfumage, le gouvernement déclare la guerre aux citoyens et à leurs familles

Après les forfaitures Chirac-Seguin 1987 désindexant les pensions des salaires, Balladur 1993 passant les retraites du privé de 37,5 ans ...

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Retraites : un changement de paradigme

Pour aborder le débat sur les retraites avec des yeux neufs, il faut lire toutes affaires cessantes le livre de Bernard Friot “L’enjeu des retraites” (La Dispute, mars 2010, 176 p., 12 €). Pour ceux qui connaissent les travaux de l’Institut européen du salariat (IES) , les notions de salaire socialisé ou d’”ordre public social” ne seront pas une surprise. Pour les autres un certain effort sera nécessaire pour suivre une démarche aussi radicalement opposée aux lieux communs de la pensée libérale. Mais l’effort en vaut la peine car il ne s’agit pas moins que de fonder le dépassement du capitalisme  sur une notion du salariat caractérisée par l’émancipation de la relation de subordination à un employeur et de la production marchande.  Au lieu de rester défini comme le prix de la force de travail, le salaire prend pour principale assise la qualification. Au passage, B. Friot tord le cou au mythe du plein emploi en proposant la notion de salaire à vie, pour tous, à compter de 18 ans. Si la formation des étudiants est un travail qui mérite salaire, symétriquement, l’activité des salariés doit avoir pour contrepartie un salaire “continué” (et non pas “différé”). L’auteur propose d’ailleurs que 60 ans soit, pour tous, l’âge auquel quitter les responsabilités opérationnelles pour les laisser à de plus jeunes. Et évoque le bonheur au-delà de cet âge de pouvoir “mettre en œuvre [sa] qualification sans marché du travail, sans employeurs et sans emploi”.
Alors bien sûr, quel modèle macro-économique ?
L’auteur pulvérise d’emblée l’idée du recours à la capitalisation (l’épargne permettrait de reporter à plus tard une ressource non consommée) en faisant retour aux classiques de l’économie politique, c’est-à-dire à Adam Smith : la monnaie déposée pour l’épargne n’a en elle-même aucune valeur mais sert à acheter des titres financiers dont la liquidation ultérieure, en vue de leur transformation en pensions, sera rendue possible par le travail courant, au moment considéré. L’épargne ne peut se substituer au travail mais en revanche, l’absence de régulation mondiale permet, dans une logique impérialiste (les fonds de pension états-uniens), de ponctionner la monnaie ailleurs dans le monde. Et B. Friot d’écrire avec humour qu’à suivre les réformateurs “dans trente ans, à défaut de travailleurs en nombre suffisant en France, les fonds de pension que nous aurons constitués nous permettront de ponctionner de la rente sur les Chinois… à charge pour les Chinois de ponctionner en Afrique, et aux Africains de ponctionner sur la Lune” !
L’idée de la solidarité entre générations n’est pas davantage épargnée. Si l’on veut bien admettre que le PIB augmente de 100 % tous les 40 ou 50 ans grâce aux gains de productivité, et que 13 % d’un PIB actuel de 2 000 Mds est consacré aux retraites, il y a de la marge. D’autant plus que le ratio inoccupés (inactifs et chômeurs) / occupés reste stable dans les projections relatives au chômage.

Quant aux propositions de réforme du régime de retraites actuellement avancées, B. Friot démonte leurs trois présupposés pour les combattre : 1/ gel des cotisations, 2/ indexation sur les prix, 3/ référence à l’ensemble de la carrière et non au seul dernier salaire (acquis de la fonction publique qu’on s’efforce de faire sauter). Le modèle suédois qui nous est proposé assimile les pensions à un revenu “différé” ; ce ne sont plus des transferts sociaux mais une dette qui pèse sur les dépenses publiques. Donc, pour en limiter le poids, il faut baisser le taux de remplacement et allonger la durée de cotisation… et par ailleurs compléter par un mécanisme pervers de solidarité envers les plus pauvres.
Je laisse le lecteur aller plus loin par lui-même pour saisir la double réfutation de B. Friot à l’encontre non seulement des réformateurs, mais des opposants à la réforme, et comment l’analyse historique qui ouvre le livre permet de retrouver les objectifs progressistes de la construction initiale des retraites. A quel prix pourrions-nous renouer avec ceux-ci ?