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Santé - Protection sociale 
Brèves de secteur
lundi 06 mai
L'ANI est aussi un coup contre la Sécu et une avancée vers l'américanisation de la santé !

L'article 1 de l'ANI (Accord national interprofessionnel) entend généraliser des régimes de complémentaire santé pour tous les salariés. Or, nous ...

mercredi 06 février
Drogue : le gouvernement donne son feu vert pour l'ouverture d'une salle de consommation à moindre risque à Paris

« Face à l’urgence sanitaire et à la nécessité d’améliorer l’accès aux soins des usagers de drogues, nous demandons au ...

vendredi 22 juillet
Rationaliser le débat sur la toxicomanie

L’un des symptômes de la décadence du discours politique actuel se manifeste par la primauté de l’idéologie sur l’argumentaire objectif ...

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Communiqués de presse
de secteur
lundi 06 mai
L’UFAL aide les familles à accéder aux soins grâce à l’aide à la complémentaire santé

L’Union des Familles Laïques (UFAL) milite pour le retour à la Sécurité Sociale sur les bases des ordonnances de 1945 ...

lundi 04 février
Tenir au plus vite la promesse des salles de consommation à moindre risque

Le 22 octobre 2012, la Ministre de la Santé Marisol Touraine s’exprimait en faveur des expérimentations de salle de consommation ...

vendredi 02 novembre
Les dépassements d’honoraires encadrés…pour mieux continuer !

L’UFAL a suivi avec attention la négociation conventionnelle relative à l’encadrement des dépassements d’honoraires qui a abouti à la signature ...

vendredi 27 janvier
Sortie précoce de maternité : des médecins académiciens inquiets

Dans un communiqué de l’Académie de médecine, les professeurs Roger Henrion et Paul Vert, professeurs de médecine mettent en garde ...

lundi 21 novembre
Une nouvelle rupture avec l’encadrement des honoraires médicaux : le secteur optionnel

Compte tenu du coût des soins, peu de malades pourraient se soigner sans une protection sociale efficace. Le système français de ...

jeudi 21 avril
La perte d'autonomie : affaire privée ou solidarité nationale ?

Comme pour les retraites, les citoyens se voient préparés à une vision catastrophiste de la progression de la dépendance - ...

lundi 31 janvier
Dépendance : La majorité sénatoriale contre la solidarité

Mercredi 26 janvier, la mission d'information du Sénat sur la prise en charge de la dépendance et la création du ...

mardi 25 janvier
Débat au Sénat sur le droit à une mort digne : le Vatican reprend la main

25 janvier 2011 L’UFAL qui saluait hier l’examen en séance publique au Sénat ce soir d’une proposition de loi relative ...

lundi 24 janvier
Le droit à une mort digne va-t-il être enfin autorisé ?

24 janvier 2011 L’UFAL salue l’examen en séance publique au Sénat, demain mardi 25 janvier, d’une proposition de loi ...

jeudi 23 décembre
Après le Mediator, à qui le tour ? Les responsabilités d'un système

Après le Distilbène, le Staltor, la Thalidomide, le Vioxx, l’Isomeride, l’Agreal, après la manipulation sur le virus ...

lundi 20 décembre
Qu'attend-on pour limiter les risques de la consommation de psychotropes ?

Dans un pays qui dresse des barrières aux soins pour les étrangers, faut-il s'étonner que les mesures destinées aux toxicomanes ...

mercredi 08 décembre
Nouvelle dérive vers un système assurantiel individuel : le déremboursement des médicaments à SMR "modéré"

L'UFAL n'a cessé de dénoncer la dérive vers un système assurantiel qui comporte inéluctablement une élimination des plus pauvres et ...

mardi 05 octobre
Les infirmièr-e-s anesthésistes souhaitent la reconnaissance de leurs cinq années d'études après le bac: Bachelot leur envoie les CRS !

En marge du combat central contre le projet sur les retraites du gouvernement, nous avons déjà vu comment ont été ...

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Euthanasie : des actes, pas une mission !

La proposition 21 du candidat Hollande était claire : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. ». Bien que le mot « euthanasie » ait soigneusement été évité, c’est bien de cela dont il s’agissait et tout le monde l’avait bien compris. Dans son discours du 17 juillet à la maison médicale Notre Dame du Lac à Rueil-Malmaison, le président a de nouveau réussi la bravoure de parler de l’euthanasie sans en prononcer le nom. Pour annoncer qu’il allait tenir sa promesse de campagne (peut être la plus facile à tenir étant donné l’écrasante majorité de l’opinion favorable à la légalisation de l’euthanasie) ? Et bien non, il a annoncé la constitution d’une « mission », une de plus sur le sujet, qui devra rendre sa copie d’ici la fin de l’année.

Les deux principaux lobbys qui œuvrent contre la légalisation de l’euthanasie sont des organisations médicales et les églises. Ils ne représentent pas tous les médecins bien entendu, loin s’en faut, pas tous les croyants non plus, évidemment. Ces deux lobbys ont des motivations différentes. Les médecins argumentent à juste titre qu’ils sont là pour soigner et non pour donner la mort. Les représentants des religions, avec une forte sur-représentation traditionaliste et intégriste, sont vent debout parce qu’il s’agirait d’une transgression qui porterait atteinte au caractère « sacré » de la vie. Les premiers enferment la fin de vie dans une problématique uniquement médicale, et s’en trouvent prisonniers, alors que la vie et la mort, si elle est souvent entre leurs mains, ne leur appartient pas. Les autres illustrent que la religion n’a décidément d’autre but que de soustraire l’individu à ses libertés individuelles en s’arrogeant la prétention de régner sur les consciences.

On devine la méthode : une mission organise un grand débat et rend des conclusions conformes aux attentes du commanditaire. Le commanditaire devient alors celui qui suit les sages et non celui qui impose. Et pour faire plus vrai encore, le commanditaire choisit Didier Sicard, l’homme le plus à même de ne pas effaroucher les opposants à l’euthanasie, puisque cet ancien président du Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) incarne la synthèse des deux principaux lobbys anti-euthanasie : un médecin… très porté sur la religion. Le professeur Sicard se défend bien sûr de vouloir faire la part belle aux médecins et déclare souhaiter que le « débat soit plus sociétal que médical ». Pourtant, la composition de la mission ne plaide pas en ce sens : deux médecins, Régis Aubry (Président de l’Observatoire national de la fin de vie qui a remis un rapport largement consacré à la propagande anti-euthanasie en février dernier à François Fillon, alors Premier ministre) et Jean-Claude Ameisen (favorable à une « exception d’euthanasie » telle que définie par le CCNE), ainsi que deux cadres infirmiers, une psychologue et un philosophe.
Cette méthode est critiquable à plus d’un titre.
Tout d’abord, elle n’est pas d’un grand courage politique. Avec une telle méthode, gageons que l’avortement serait toujours interdit et la peine de mort en application !
Ensuite, à vouloir faire passer la mesure en douceur, le risque est grand de voir les positions se braquer avant même un débat parlementaire, alimentant ainsi des rancœurs futures. Puisque sur ce sujet aucun consensus n’est possible, le temps du « débat » sera plus mis à profit par les opposants pour mobiliser et radicaliser leurs troupes que pour… faire avancer le débat.
Le CCNE se sentant une fois de plus mis sur la touche a réagi très habilement en se rappelant au bon souvenir du Président tout en prenant appui sur la dernière Loi de bioéthique : « Conformément au souhait du Président de la République, le CCNE se tient prêt, dans le cadre de la saisine dont il sera ensuite destinataire, à engager une réflexion propre, et à prendre, si une réforme est envisagée, l’initiative d’un débat public sous la forme d’États généraux sur le sujet, ainsi que l’a prévu le législateur dans l’article 46 de la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique ».
Et si ce n’est pas seulement le manque de courage qui suscite une telle façon d’agir, alors pourquoi ne pas organiser un référendum ? Au moins le débat aura lieu dans la société et non dans différents cénacles de représentants d’officines corporatistes ou confessionnelles.
En conclusion, on peut dire que cette affaire n’est pas bien engagée et n’est pas de bon augure pour les réformes sociétales qui s’annoncent et pour lesquelles l’opinion est plus partagée.