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n°39 - 05 février 2008
A la suite de problèmes informatiques prolongés, la parution d'Ufal Flash a été perturbée en janvier. Mais les textes se sont accumulés, témoignant notamment de saines réactions contre les atteintes à la laïcité au sommet de l'Etat. C'est pourquoi vous les trouverez rassemblées aujourd'hui dans ce numéro spécial (qui sera suivi très vite d'un autre numéro portant sur d'autres secteurs d'action). La Rédaction
Sommaire
Après son livre sur les religions et l'espérance, après le discours clérical de Latran et de Ryad, Sarkozy exalte à nouveau « les racines chrétiennes » de l'Europe lors de la convention de l'UMP sur l'Europe. Le chef de l'Etat a qualifié d'« erreur » le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum.
« Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier d'une certaine façon des racines qui sont évidentes » a déclaré Nicolas Sarkozy, qui intervenait après un discours de la chancelière allemande Angela Merkel. « Et qu’on ne vienne pas me dire qu'on remet en cause la laïcité, il suffit de survoler la France pour voir ce long manteau d'églises. Et quand même, dire qu'en Europe il y a des racines chrétiennes, c'est tout simplement faire preuve de bon sens, renoncer à le dire c'est tourner le dos à une réalité historique », a ajouté le chef de l'Etat. « Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir », a-t-il conclu.
Nous voilà enfin dans la bataille frontale que nous avions à l'UFAL prévue. Bien que l'UFAL ne participe en rien au champ politique, nous nous devons d'analyser la réalité matérielle. Attardons-nous sur l'analyse puis à la stratégie.
Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, démocratique, laïque et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
Au lieu de financer le retour du religieux, on pourrait surtout consacrer cet argent au social et au culturel. Par exemple en vue de réduire le nombre d’élèves par classe dans les quartiers populaires. Mais ce n’est pas la priorité de notre président, pour qui un instituteur ne remplacera jamais un prêtre ou un pasteur. A l’entendre, le plus grand mal dont souffrent les banlieues serait d’être devenues des "déserts spirituels". Sachant que l’"espérance" passe à ses yeux par le religieux, le nouveau nom du plan banlieue - baptisé "Espoir banlieue" - a de quoi inquiéter.
Le CNAL dénonce un mélange des genres dangereux pour la laïcité et la République et espère que le reste de l’année 2008 sera l’occasion pour le président de revenir à des interventions plus respectueuses de ses devoirs et de la Constitution.
Monsieur le Président,
Vous souhaitez que la France reconnaisse ses "racines" chrétiennes ; Il est évident qu'il n'est pas question de les renier Pas plus que ses racines grecques, latines, gauloises, romaines, et d'une manière générale, européennes. Pas plus que ses racines des Lumières, que ses racines maurassiennes, socialistes, humanistes, marxistes ou sartrienne et j'en passe…
Plutôt que de prétendre réaliser une légère inflexion par rapport à la laïcité républicaine de 1905, à laquelle, entre deux piques, on rend un hommage bien formel tout en l'amputant d'un principe fondamental, le président et ses conseillers en la matière devraient dire franchement qu'ils abandonnent le principe républicain de la neutralité de l'Etat et de ses représentants, dans la sphère publique, en matière confessionnelle.
En France, la laïcité de l’Etat est une question sensible. Notre pays a connu trois siècles de guerre civile religieuse, ouverte ou larvée. Les principaux courants qui en ont été protagonistes sont toujours présents et actifs. L’instauration de la laïcité comme principe organisateur et pacificateur de notre république est le résultat de cette histoire. Depuis la loi fondatrice de 1905 instituant la séparation des églises et de l’Etat, le débat a été ouvert à de nombreuses reprises sous des formes diverses et les citoyens s’y sont toujours engagés avec conviction. Le discours du président de la République, par la radicalité de sa rupture avec les principes constant de la République sur ce sujet, semble devoir ouvrir une nouvelle période de confrontation.
Tours
Conférence « soigner ou punir » organisée par le Cercle Jacques Decourt, le Cinéma National Populaire, et l’association « Schizo ..oui » dont Claude Jacquet est vice-présidente