Je commencerai cette intervention en vous disant tout le plaisir que j’éprouve, depuis mon arrivée parmi vous, à me sentir « simplement laïque », alors que je suis si souvent considérée en Belgique comme une laïcarde, une laïciste, une « éradicatrice ».
Outre que je suis l’initiatrice d’un Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat laïque (R.A.P.P.E.L.), je suis également présidente du Cercle républicain. Cependant, tous les républicains belges n’étant pas laïques, en tout cas au sens français du terme, ce n’est pas en cette qualité que je m’exprimerai ici.
Pour comprendre la laïcité à la belge, il importe de tenir compte du contexte historique dans lequel elle s’inscrit, et en particulier des rapports de force de la laïcité belge avec l’Eglise catholique. En Belgique, nous n’avons eu ni 1789, ni 1905.
La laïcité donne lieu, aujourd'hui encore, à bien des confusions et à de fâcheuses contre-vérités : certains la considèrent comme une « religion », une doctrine qui aurait ses zélotes. Pas plus tard qu'il y a deux semaines, Xavier Darcos affirmait tranquillement à la radio que la laïcité était « la religion de la sortie des religions », et que, les religions ayant renoncé à leurs visées hégémoniques, le « laïcisme » était une idéologie dépassée. Nicolas Sarkozy ne dit rien d'autre lorsqu'il affirme que la laïcité doit devenir positive, comme d'autres ont pu dire qu'elle devait devenir plus « ouverte », comme si la laïcité pouvait être « négative » ou bien « fermée ».
Lire la suite...Taslima Nasreen, réfugiée en France, appelle les forces de gauche, partout dans le monde, à réinvestir les combats laïque et féministe pour élever une digue face aux fondamentalismes. Contrainte de quitter son pays, puis l’Inde où elle avait trouvé refuge, sous la pression des fondamentalistes, l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, figure du combat contre l’intégrisme, participait, samedi dernier, aux Rencontres laïques internationales -organisées par l'UFAL- à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Entretien réalisé par Dominique Bari et Rosa Moussaoui (L'Humanité)
Lire la suite...Comment le Vatican peut-il condamner l’IVG d’une fillette violée ? Le Vatican a du mal avec l’Holocauste : du mal parce qu’il n’a pas brillé, au XXe siècle, pour le dénoncer ; du mal parce qu’il est capable de soupeser avec légèreté, au XXIe siècle, le négationnisme d’un de ses prélats. Or depuis longtemps, nous le savons, les militants anti-avortement dénoncent l’IVG comme un acte similaire à l’Holocauste. Nous sommes des « survivants », clament les pro-vie, car nous avons survécu à la contraception et à l’avortement, meurtres de masse. Le Vatican, en 2009, aggrave encore les choses : la négation de l’Holocauste y semble mieux admise que l’avortement d’une gamine. Oui, face à l’histoire brésilienne d’excommunications en série pour l’avortement de cette fillette, violée, enceinte de jumeaux à neuf ans, la question principale vise l’Église, dans sa splendeur vaticane, et par voie de conséquence ceux qu’elle entraîne avec elle, les catholiques… On les dit malheureux, furieux contre leur hiérarchie… Répétons-le : le lien entre les deux affaires n’est pas anecdotique, ou simple coïncidence : l’extermination des juifs serait moins grave que la destruction de cellules vivantes sans visage.
Lire la suite...A l'occasion d'un article intitulé « Expulsée d’un club de fitness parce qu’elle porte le foulard », nous livrons un commentaire de Charles Arambourou qui n'engage que son auteur. Les instances de l'UFAL reviendront s'il le faut sur ce dossier, dans la mesure où il aurait des suites judiciaires.
Lire la suite...L’islamisme algérien, d’Al Albani aux chouyoukh du net : Une conférence de haute facture a été donnée mercredi dernier à Oran, précisément au Centre d’études maghrébines en Algérie (CEMA), par le chercheur algérien et anthropologue des religions Abderrahmane Moussaoui. Sous le titre « La concurrence des dogmes au Maghreb : l’Islam à l’épreuve », Abderrahmane Moussaoui s’est appliqué à établir une cartographie rigoureuse du fait religieux en Algérie, à la lumière des mutations que connaît la société algérienne depuis une vingtaine d’années.
Lire la suite...Des associations en appellent à la ministre de la Justice et à la vigilance des avocats !
Certaines UFAL (Union des Familles Laïques) de l’Est (Bas-Rhin, Moselle…) et l’Association de Solidarité avec les Femmes Arabes - AWSA-France- filiale française de l’ONG de Mme le Dr Nawaal El Sadaoui) ont été alertées par leurs adhérents, dont des avocats, sur le sujet de la prochaine formation destinée aux Avocats par le Centre de formation continue de l’Ecole Régionale des Avocats du Grand Est (située à Strasbourg) et qui doit se dérouler le 20 février prochain à Reims.
Sous l’intitulé
Famille, droit de la famille et conditions féminines en milieu musulman - on décrit les objectifs de cette « formation » :
Objectifs : contribuer à une meilleure connaissance des mécanismes socioculturels et des fondements juridiques constitutifs du socle identitaire islamique ainsi que de leurs traductions au niveau du statut de la famille et de l’état de la condition féminine au sein de la sphère musulmane
Amis, collègues,
Un professeur d'histoire et littérature d'un lycée professionnel PUBLIC italien s'est vu interdire d'enseigner pendant 30 jours, avec la suspension de son salaire, par une décision du Conseil National de l'éducation Publique (Consiglio nazionale della pubblica istruzione).
(De Madrid) Ecrit en couleurs vives, le message n’échappera sûrement pas aux Barcelonais en proie à la déprime post-festivités. "Dieu n’existe probablement pas. Arrête de t’inquiéter et profite de la vie", proclameront dès lundi des affiches collées sur deux bus municipaux qui passent par les zones les plus fréquentées de la ville catalane.
C’est la dernière initiative des athées espagnols, une communauté qui se sent à l’étroit dans ce pays à forte tradition catholique. Face à eux, l’Eglise n’économise pas les démonstrations de force. Et des Evangélistes ont déjà répliqué avec leur propre réclame roulante. Un groupe de Catholiques suivra bientôt leur exemple à Barcelone.
Depuis des années, le « communautarisme à visage humain » tente d’invoquer « la liberté de manifester sa religion », reconnue par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, pour contester notamment l’interdiction des signes religieux ostensibles dans l’espace éducatif par certains Etats.
Il avait déjà perdu à plusieurs reprises, la plus récente en 2005 (affaire Leyla Sahin c. Turquie), la Cour européenne des droits de l’homme déboutant alors une plaignante turque contestant l’interdiction légale du port du voile à l’université.
Par deux arrêts du 4 décembre 2008, Dogru c. France et Kervanci c. France, la Cour européenne des droits de l’homme vient de mettre un coup d’arrêt supplémentaire à cette offensive.
Il s’agit d’une nouvelle validation juridique internationale du principe constitutionnel de laïcité.