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Édito

Face à l'hyperactivité des dirigeants néolibéraux dans le temps court...

Par Bernard Teper

article publié dans la lettre 83

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Opposons-leur notre calme détermination à travailler sur le temps long par la résistance, l’éducation populaire et le débat sur les alternatives

L'hyperactivité dans le temps court est pour beaucoup un moyen de faire croire que la crise du capitalisme est sur le point de se terminer grâce à elle. Malheureusement pour les couches populaires, cette crise va plutôt s'amplifier dans les mois à venir. Et pour masquer cela, nous allons sûrement vivre une surmultipliée (un accroissement du "turbo" dans le capitalisme) de cette hyperactivité.
D'autant plus que les pouvoirs néolibéraux de la planète (dirigeants des firmes multinationales, associations multilatérales et régionales, administration étasunienne, dirigeants politiques de la planète) ont décidé de continuer coûte que coûte leur action tant qu'on ne les empêche pas. Ils ne font preuve d'aucune faiblesse.

La marche vers la privatisation et la marchandisation redouble (en France: loi Bachelot passée en force, transformation de la Poste en Société anonyme annoncé en conseil des ministres fin juillet, etc.).
Le soutien massif aux structures centrales du capitalisme (banques, assurances, armées, appareils idéologiques de l'Etat, etc.)
La marche vers la communautarisation de la société progresse (Accord France Vatican, aide financière massive aux structures communautaristes ethniques, religieuses et surtout sociales: écoles privées confessionnelles, cliniques privées à but lucratif pour les actionnaires, firmes multinationales de l'assurance, associations, milices intégristes religieuses, ségrégation spatiale de l'habitat, etc.)
La marche vers l'harmonisation par le bas des systèmes de protection sociale est accélérée
L'alliance du néolibéralisme et des communautarismes et des intégrismes est toujours plus forte (malheureusement soutenue par des pans entiers de la gauche et de l'extrême gauche!).
La tendance est manifeste à maintenir voire à accentuer une répartition des richesses en défaveur des couches populaires et d'une partie des couches moyennes (Revenus du travail et cotisations sociales) au profit d'une minorité (qui accapare les profits directs et indirects).

Et pourtant, la résistance se développe aussi:Gauche radicale en Amérique latine, contestation laïque et sociale grandissante dans le monde entier (Iran dernièrement), désaveu des peuples à la politique suivie, chaque jour de nouveaux groupes de contestation, etc.

En France, Sarkozy continue cette politique. Après le bouclier fiscal pour soutenir les plus riches, voilà que Sarkozy décide de les rémunérer grassement via l'emprunt tout en disant au"bas peuple", ce sera à vous de payer l'addition et jusqu'à 67 ans!

La résistance unitaire du mouvement social a marqué le début de l'année (29 janvier, 19 mars, 1er mai). La gauche a montré ses faiblesses le 7 juin : gauche minoritaire et toujours dominée par les sociaux libéraux et écologistes libéraux, les couches populaires majoritaires ouvriers-employés (à 67%) et les jeunes (à 70%) ont préféré l'abstention, la prise en compte que l'adversaire est une alliance des néolibéraux et des communautaristes est insuffisamment prise en compte et que donc notre ligne doit persévérer dans la nécessaire globalisation des combats.

Lisez les commentateurs de gauche, les monomaniaques des mono combats ou des alliances de certains combats mais pas d'autres font florès. Ici, ce sont ceux qui estiment que le social surplombe tous les autres combats. D'autres leur répondent que c'est l'écologie seule qui est l'élément surplombant. Et voici à la corde les thuriféraires du seul combat (à l'exclusion de tous les autres!) contre les intégrismes et les terrorismes. Faux leur répondent ceux et celles qui pensent que le seul combat pour le droit des femmes surdétermine tout le reste, pareil pour l'Europe, la finance, les communautarismes, la démocratie, etc. Ensuite, il y a les "petits malins" qui en lient deux à l'exclusion des autres!

Répondons-leur inlassablement que l'heure est au débat ouvert et raisonné sans exclusive et non à la juxtaposition des discours qui ne s'écoutent plus, à la stratégie de résistance à front large et non à la marginalisation des vérités révélés, à la globalisation de tous les combats sans que l'un d'entre eux soit déclaré surplombant tous les autres, et au développement de l'éducation populaire tourné vers l'action qui ne soit uniquement un ensemble de réunions publiques sans suite ou un déferlement d'infos sur le net qui n'est lu que par les couches moyennes supérieures radicalisées qui ne représentent pas plus de 4 à 5% de la population. C'est là que l'UFAL propose une refondation de l'éducation populaire à ses partenaires: faire suivre les réunions publiques nécessaires mais non suffisantes par des stages de formation d'acteurs locaux puis par des mini réunions dans tous les cantons du département considéré animés par les acteurs locaux formés dans les stages. C'est "besogneux" mais cela apporte un plus qui est indispensable et à la résistance et au débat sur les alternatives!

par Bernard Teper
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