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Édito

Devant son désir d'accélérer les attaques anti-laïques et anti-sociales, Sarkozy est obligé de reporter certaines d'entre elles pour faire passer les attaques qu'il juge prioritaires

Par Bernard Teper

article publié dans la lettre 82

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Bien que la résistance aux attaques anti-laïques et anti-sociales n'ait toujours pas réussi à bloquer sa machine infernale, on peut montrer aujourd'hui que le freinage imposé à celle-ci oblige la direction néolibérale à retarder une partie des attaques pour pouvoir faire passer celles qu'elle juge prioritaires.

Aujourd'hui, le quartier général du néolibéralisme français situé à l'Elysée a décidé de retarder le passage de la poste en société anonyme, point de passage obligé à la privatisation générale de La Poste.
Il vient également de reporter un texte sur le financement supplémentaire des écoles privées catholiques (proposé par le sénateur UMP Carle, membre du lobby catholique au Parlement). Revenons sur cette nouvelle attaque anti-laïque. Elle fait suite à l'attaque précédente organisée par le lobby catholique qui avait réussi à obtenir de Jean-Pierre Raffarin, autre membre de ce même lobby, l'article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004 (ah! tous ces textes qui passent du 14 juillet au 15 août!). Dans son article 89, ce texte créait un dispositif pour la prise en charge des frais de fonctionnement liés à la scolarisation dans un établissement privé d'un élève ne résidant pas dans la commune de résidence. Ce système a donné lieu à des applications divergentes et à des contentieux entre communes de résidence et établissements privés confessionnels et à l'hostilité croissante du camp laïque et des petites communes rurales et semi-rurales.
La nouvelle proposition de loi Carle impose à la commune de résidence de contribuer aux frais de fonctionnement liés à un élève accueilli dans une école privée d'une autre commune dans quatre cas: en l'absence de capacité d'accueil dans la commune de résidence, s'il est nécessaire de scolariser l'enfant dans une autre commune en raison des obligations professionnelles des parents, pour des raisons médicales, ou en cas de scolarisation d'un frère ou d'une soeur dans la commune d'accueil. L'accord préalable du maire de la commune de résidence n'est même plus requis.
Il est incroyable que le lobby catholique puisse continuer, sans une réaction à la hauteur des enjeux, à engranger des financements public pour obtenir ce que le Secrétariat général de l'Enseignement catholique appelle la parité (dès que j'entends parler de parité...) des financements entre le public et le privé. Ce qui fait aujourd'hui qu'en tenant compte des paiements des parents, les recettes d'un établissement confessionnel par élève est plus important que dans le public alors que ce sont massivement les enfants des couches populaires qui sont à l'école publique. Quand on cessera ce scandale?
Pour ces deux dernières attaques, on a un petit répit dans la mesure ou le gouvernement les a reportées pour pouvoir passer en force la loi HPST dite loi Bachelot qui permet une nouvelle organisation du système de santé et de remboursements des soins en rupture avec le principe de solidarité du Conseil national de la résistance. Et puis, résultat des élections obligent, il faut une place pour passer des lois liés au Grenelle de l'environnement. Cela montre très clairement pour ceux qui ont la"comprenette difficile" que la priorité de l'offensive est d'abord la santé et la protection sociale puis, ils reviendront de nouveau sur l'école!

par Bernard Teper
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