Laïcité
Par Christophe Mezerette
Mardi 28 avril 2009
article publié dans la lettre 77
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Au nom de Didier Paillard Maire de Saint-Denis et de la municipalité, je vous souhaite la bienvenue. C'est un honneur pour notre ville que d'accueillir ces 2e Rencontres Laïques Internationales. C'est un honneur et aussi un signe fort.
Saint-Denis est souvent citée comme la ville de la diversité et du multiculturalisme (et je n'aime pas trop ces termes). J'aimerais qu'on puisse dire aussi Saint-Denis la laïque.
Ce n'est un secret pour personne que de dire qu'une partie de la population pense que la laïcité est un fardeau, un concept ringard, ou même l'ennemi à abattre. De ce point de vue, les élus de notre Ville subissent un certain nombre de pressions : par exemple, la demande de viande hallal dans les cantines scolaires ou d'horaires séparés hommes/femmes à la piscine, des demandes de prêts de salles municipales pour des séances d’évangélisation. A chaque fois, résistance !
Il y a refus de voir les religions quelles qu'elles soient, organiser le champ social. D'où aussi la bataille constante et pugnace de la Ville en faveur des services publics et des solidarités nationales. En leur absence, il y a toujours intrusion du religieux. Des villes proches n'ont pas résisté : elles ont cédé qui des horaires séparés à la piscine, qui des aides plus ou moins directes à la construction de lieux de cultes… Et à Saint-Denis, parce qu’on est assez peu sarkoziste, on préfère toujours l’instituteur au curé et on met le paquet sur les écoles.
Bien sûr, une bonne partie de la population dionysienne, et ce n'est pas forcément celle qui fait le plus de bruit, pense que la laïcité est l'instrument moderne d'émancipation, de libération et d'égalité.
Je reconnais aussi que le débat traverse la majorité municipale. Mais M. le Maire tient un engagement qu'il avait pris au moment des dernières élections municipales envers les miltants laïques présents sur sa liste (Michel Rogowski et moi-même entre autres) à savoir un grand débat local sur cette question, comme nous savons en mener ici. Je peux vous dire que les élus concernés ou impliqués vont se mettre très rapidement au travail. Le but final est d'officialiser un guide de la laïcité dans notre ville envers la population, les usagers de la Ville, les personnels municipaux.
Personnellement, je regrette qu'on en arrive là. C'était à la société française tout entière de se saisir de cette question.
Parce que les laïques étaient trop sûrs d'eux et de leurs valeurs, peut-être n'ont pas été perçus les grands bouleversements de ce monde. Par exemple, la mondialisation qui d'abord détruit les cadres nationaux et des pans entiers de solidarités nationales, créant des brèches dans lesquelles s'engouffrent toutes les religions et qui par conséquent isolent un peu plus le modèle laïque français.
Certains de nos concitoyens de façon tout à fait volontaire contestent la laïcité. Mais je crois surtout que plus nombreux encore sont ceux qui ne savent pas ou ne savent plus ce que signifie cette valeur essentielle à nos yeux. Nous devrons donc faire œuvre pédagogique parallèlement au nécessaire combat politique.
Ces Rencontres Laïques entrent dans les deux cadres, la pédagogie et le combat.
C'est pourquoi au nom de M. le Maire, au nom de la Municipalité et au nom des très nombreux laïques dionysiens, je vous souhaite la bienvenue dans notre ville et que vos travaux soient utiles et enrichissants.
Texte de l’intervention aux 2e RLI de Saint-Denis le 4 avril 2009
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par Christophe Mezerette
Maire adjoint de la Ville de Saint-Denisvoir tous ses articles