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La crise prévisible frappe les plus humbles et oblige les élites bourgeoises auto-proclamées à dire le contraire de ce qu'elles souhaitaient hier!

Par Bernard Teper

article publié dans la lettre 62

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Comme prévu, la crise financière a d'abord touché les Etats-Unis et le monde anglo-saxon qui avec les firmes multinationales, les associations multilatérales et les associations régionales ont la grande responsabilité de la direction des affaires du monde depuis l'écroulement de l'Union soviétique.
Mais par ricochet, elle va atteindre le monde entier. Elle arrive en Europe pour la simple raison que les dirigeants de l'Union européenne se sont arrimés aux Etats-Unis en ayant détruit tout ce qui pouvait faire résistance aux politiques néolibérales.
L'arrimage du monde à la globalisation financière fait que le degré d'interdépendance entre toutes les banques et institutions financières font qu'elles ont toutes "trempé" dans la bulle financière et dans la spéculation sur les titres hypothécaires.

Nous sommes donc rentrés en Europe dans une récession. Mais si les dirigeants du monde et ceux de notre pays ont mieux réagi qu'en 1929 (ou les banques centrales n'étaient pas intervenues quand ce fut nécessaire), ils continuent leur prédation. Alors que le Benelux et la France sont obligés de nationaliser Fortis et Dexia, ils continuent à vouloir privatiser en France la Poste, le système de santé et celui de la sécurité sociale via le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et via la loi Hôpital, Santé, Patients, Territoires (loi HPST) - un nouveau bonapartisme politico-économique avec la mise du turbo pour la privatisation. Alors que l'on "pinaille" sur une dizaine de milliards d'euros pour la Sécu, ce sont des centaines de milliards d'euros qui sont trouvés pour sauver les turbocapitalistes qui nous ont entraînés dans cette crise!
Nous voyons bien que toutes les constructions multilatérales (OMC, FMI, Banque mondiale) et les constructions régionales (dont l'Union européenne) montés par les néolibéraux et les sociaux-libéraux (bonjour Dominique Strauss-Kahn et le parti socialiste européen!!!) largement unis sont des impasses théoriques et pratiques. On ne peut pas avoir défendu le traité de Lisbonne (directement issu du Traité constitutionnel européen), son libre-échange, sa concurrence libre et non faussée, son remplacement des services publics par les Services sociaux d'intérêts général (SSIG) qui est un vecteur de la privatisation totale des services publics, son absence de démocratie et de souveraineté populaire, l'absence de tous les principes républicains(liberté ,égalité, fraternité, laïcité, démocratie, solidarité, souveraineté populaire, sûreté et développement durable) pour aujourd'hui appeler les couches populaires et les couches moyennes à faire des efforts pour pallier le dogmatisme et l'incurie des élites bourgeoises auto-proclamées.

Il n'y a pas d'autre sortie positive que celle de

  • tourner le dos à la globalisation financière,
  • d'aller à l'idéal à partir du réel, c'est-à-dire de partir de l'économie réelle pour revenir à un nouveau partage des richesses en faveur des revenus du travail et des cotisations sociales comme il y a un quart de siècle ou ces derniers avaient 9,3 points de PIB en plus (soit aujourd'hui près de 170 milliards d'euros par an pour relancer l'économie rien qu'en France),
  • de tourner le dos à la « servitude volontaire » si bien décrite par La Boétie et ne plus laisser les élites bourgeoises auto-proclamées diriger l'économie et les entreprises.
  • de promulguer la laïcité économique c'est-à-dire la séparation de la sphère économique publique, qui doit être dégagée de la logique du marché pour être gérée par une logique citoyenne (directions élues et des décisions délibérés démocratiquement sur les principes républicains décrits plus haut, de la sphère économique privée qui reste régie par le marché mais encadré sur le plan financier et bancaire.
  • Création de pôles publics de services publics et de pôles bancaires publics.
  • Taxation des transactions financières internationales
  • Fermetures des paradis fiscaux à commencer par ceux de l'Union européenne
  • Suppression des inventions diaboliques des élites bourgeoises autoproclamées (titrisation des "créances pourries", LMBO, etc.) et imposition progressive à l'échelle mondiale de tous les revenus du capital
  • Les règles du marché du travail, la protection sociale et l'ensemble des services publics doit être entièrement revues dans le cadre des principes républicains (liberté, égalité, fraternité, laïcité, démocratie, solidarité, souveraineté populaire, sûreté et développement durable) et non de la rentabilité du capital privé.
  • Un nouvel ordre international doit voir le jour dans une perspective d'émancipation démocratique et souveraine des citoyens et des peuples

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