Édito
Par Christian Gaudray
Mercredi 3 septembre 2008
article publié dans la lettre 58
Lien permanent vers cet article
Un moment intense entre les congés estivaux, les déprimes saisonnières automnales et les mobilisations sociales qui précèdent l'hiver. Mais cette année, la rentrée risque d'être particulièrement difficile pour les Français, car le décalage n'a peut être jamais été aussi grand entre le discours des politiques et la réalité sociale. Qu'on en juge :
Bien entendu, ces chiffres ne sont pas ceux dont les médias nous inondent à longueur de journée : CAC 40, prix du baril de pétrole, chiffres du chômage... de catégorie 1. Non, ces chiffres sont ceux de la vraie vie des Français, ceux qui font que nous allons arriver au point de rupture entre un discours officiel fait de mensonges et de dissimulations, à la base d'une méthode Coué qui a longtemps endormi le peuple, et la vraie vie des Français, exaspérés qu'on se moque d'eux après les avoir fait espérer.
« Dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, beaucoup moins vite. Dans un contexte où l’on explique aux salariés de tant d’entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu’au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n’est pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus. S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l’argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l’effort de se lever chaque matin ».
Vous, je ne sais pas, mais moi, je n'ai pas entendu un tel discours depuis 25 ans dans la bouche d'un gouvernant français ! La vraie gauche serait-elle revenue au pouvoir pendant l'été sans qu'on en soit prévenu ? Et non bien entendu, la citation est extraite du discours du Président de la République à Changé le 28 août pour annoncer la généralisation du RSA (revenu de solidarité active) et comment il sera financé. Alors bien sûr, comme d'habitude, il y a une entourloupette. Car qui va payer ? Les riches amis du Président ? Non, ce sont avant tout les classes moyennes, car les plus riches sont désormais protégés par le bouclier fiscal et le gouvernement peut créer toutes les taxes qu'il veut, elles ne les concerneront pas ! De plus, on parle de dégager 1,5 milliard d'euros, qui sont à mettre en comparaison avec les 15 milliards accordés aux plus riches dans le paquet fiscal de l'été dernier, cruelle réalité que tentent de masquer les beaux discours... Quant au RSA lui-même, à y regarder de près, ce n'est pas aussi idéal qu'on veut bien nous faire croire. Il risque fort d'augmenter le travail à temps partiel, car ce sont les emplois à bas salaire à temps partiel qui trouvent le plus difficilement preneurs aujourd'hui. Or avec un travail à temps partiel, un bénéficiaire du RSA gagnera moins la première année qu'un RMIste actuellement, il faudra attendre la deuxième année pour que l'avantage financier se concrétise !
Et tout cela se déroule dans un contexte international qui n'a rien de réjouissant :
Et ce ne sont pas les conditions de la venue en France du pape qui vont remettre du baume au cœur à un pays profondément attaché à la laïcité, nous en reparlerons la semaine prochaine.
Alors que faire pour cette rentrée ?
D'abord, préparer la séquence de mobilisations qui se profile pour l'automne. Une mobilisation à front large, car le mouvement social a enfin compris que les oppositions ponctuelles aux coups de boutoir du gouvernement n'ont aucune chance de gagner, car en face, il y a une grande cohérence pour appliquer un projet global qui vise à détruire méticuleusement notre protection sociale et nos services publics afin d'offrir la France toute entière au capitalisme financier mondialisé. L’UFAL continuera à être particulièrement active dans 3 collectifs : celui contre les franchises et pour la santé pour tous, celui pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité, la convergence Services publics.
Ensuite, amplifier le travail d'éducation populaire pour armer les Français à ne plus se laisser berner, à participer effectivement à la résistance contre les offensives gouvernementales, mais aussi à revendiquer et rendre possible un projet alternatif.
Bonne rentrée à tous et comptez sur « UFAL Flash » pour être à la pointe du combat !
Comme promis, notre Flash se structure pour mieux couvrir l’ensemble de ses secteurs thématiques et pour donner la parole le plus possible aux Ufaliens eux-mêmes. C’est ainsi que nous inaugurons une chronique cinématographique en provenance du Pays malouin et que la Franco-Américaine Garance Upham nous livre ses impressions de la récente convention démocrate de Denver.
Nous souhaitons également que ce Flash s’ouvre sur les composantes du mouvement social lorsqu’elles rejoignent les préoccupations de l’UFAL – comme c’est le cas de la réflexion de Gérard Filoche sur le droit du travail -, sans complaisance par ailleurs – comme le montre le regard critique de Bernard Teper sur les 10 ans d’existence d’ATTAC.
Outre les médias classiques de l’UFAL, nous vous invitons enfin à visiter le blog du secteur « Laïcité et féminisme » qu’anime Caroline Brancher. Derniers textes postés :
par Christian Gaudray
Secrétaire national de l'UFALvoir tous ses articles