Economie
Par Jacques Delaveau
Mercredi 28 mai 2008
article publié dans la lettre 50
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La décote sur le montant des retraites : C’est quoi et qui en est victime ?
C’est un deuxième coefficient multiplicateur, inférieur à 1, appliqué au montant du salaire moyen brut pour déterminer le montant de la retraite. (Décrets Balladur de 1993 appliqués aux salariés du privé, modifiés par Fillon). Sa valeur est égale à (1 – 0,05 x Y) où Y est le nombre d’années manquantes lorsque la durée de cotisation est inférieure à 40 annuités au moment du départ à la retraite à 60 ans. Y ne peut être supérieur à 5 ans. La mesure a été étalée sur 10 ans. Le montant du coefficient de la décote augmente donc de 0,5% par an.
Exemple : Calcul du montant de la retraite (R) d’un salarié ayant cotisé 35 annuités au moment de son départ à la retraite à 60 ans.
Avant les décrets Balladur de 1993, modifiés par Fillon.
R = 35 x 0,02 x montant de la moyenne des salaires bruts des 10 meilleures années.
R = 0,7 x montant de la moyenne des salaires bruts des 10 meilleures années.
Avec les décrets Balladur en 2003, modifiés par Fillon, il lui manque 5 ans.
R’ = 35 x 0,01875 x (1 – 0,05 x 5) x montant de la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années.
R’ = 0,492 x montant de la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années.
Sans la décote R’’ = 35 x 0,01875 x montant de la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années.
R’’ = 0,656 x montant de la moyenne des salaires bruts de 25 meilleures années.
La décote provoque à elle seule une baisse de 23,4% ((0,656-0,492) x 100) / 0,7 du montant de la retraite, la baisse totale étant supérieure (25 au lieu de 10 ans) à 29,7% ((0,7-0,492) x 100) / 0,7.
On constate que la décote est la mesure la plus pénalisante des décrets Balladur.
Qui est touché ? Au profit de qui ?
Tous ceux qui n’ont pu cotiser 40 ans. C’est à dire les privés d’emploi, les femmes et ceux qui ont fait des études au-delà de 20 ans. La décote va pousser les salariés n’ayant pas 40 annuités à travailler au-delà de 60 ans provoquant une augmentation du chômage des jeunes, qui à leur tour n’auront pas les annuités voulues et percevront des retraites faibles. Les salariés retraités seront entraînés dans une spirale de paupérisation.
La décote imposée par Balladur aux salariés du privé et que l’équipe Chirac, Raffarin, Fillon, avec l’ assentiment des députés de la majorité ( Mr Dubourg ) et de la CFDT, veut étendre à l’ensemble des salariés va amener les revenus de nombreux retraités au niveau des minima sociaux.
La décote est voulue par le MEDEF et le gouvernement pour « dégoûter » les salariés du système par répartition et les précipiter dans les bras des tenants et des bénéficiaires de la capitalisation.
Salariés du privé et du public, exigeons ensemble la suppression de la décote et des autres mesures Balladur-Fillon qui « punissent » les salariés d’avoir été victimes des mesures gouvernementales et patronales de suppression d’emploi.
par Jacques Delaveau
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