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Par Ufal Flash

article publié dans la lettre 49

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Evelyne BIGOU (Ufal Pau)
Dominique MOURLANE (Ufal 09)
Michel CANET (Ufal 89)
Monique VEZINET (Ufal 75)
Thierry KOPERNIK (Ufal 67)

Evelyne-Bigou.jpg Evelyne BIGOU (UFAL Pau)
Lors de l’UPL de Mazères, Raphaël Favier a exposé une " Nouvelle méthodologie de pensée " en mettant en parallèle la physique de la matière et les mouvements sociaux, à savoir : l’équilibre, instable, d’un système se rompt en un point de bifurcation à partir duquel son énergie interne se dissipe en plusieurs chemins déterminés possibles (structures dissipatives) sauf dans le cas où une énergie, même faible, est appliquée en ce point ; alors, un chemin particulier est pris et aboutit à une transformation du système (qui garde ainsi une partie de son énergie initiale).
Ce qui me chagrine, c’est que nous vivons une situation de structures dissipatives dans le domaine de la défense de la laïcité, initiées par le biais l’Education nationale, poursuivies par la pression des intégrismes sur les responsables politiques, ceci depuis des décennies et avec une accélération exponentielle due à ce gouvernement.
Je crois qu’il est possible de ré-envisager autrement la défense de la laïcité car nous sommes en un point de bifurcation : celui de la défense des services publics dans laquelle la 1ère doit être intégrée, à laquelle on doit ajouter la dénonciation du partenariat public -privé (PPP) tel qu’il est pratiqué, et à propos duquel il faut en outre pointer une confusion.
Le privé confessionnel relève de la sphère privée (personnelle) puisqu’il est relatif au sens que donne à la vie une communauté particulière, celle des croyants ; il repose d’abord sur un rapport de forces individuelles, psychologiques, la déontologie première des religions étant le prosélytisme, contrairement aux athées. L’Etat n’a pas à réguler ce rapport - a fortiori à le favoriser économiquement dans un sens ou un autre ; par contre, il doit assurer et contrôler l’application du 1er principe de la DUDH (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) de 1948, c’est-à-dire assurer et contrôler la réalisation du bien idéologique COMMUN à tous, au moins celui défini en 1948.
Le privé (capitaliste) relève, lui, de la sphère économique publique puisqu’il est relatif à l’économie de marché et au libéralisme qui y est associé ; il repose d’abord sur un rapport de forces financières et économiques que l’Etat -et particulièrement celui-ci- veut encourager budgétairement (partenariat public- privé : PPP) pour favoriser les intérêts du capital au service des actionnaires ; ce rapport de forces devrait être régulé par l’Etat pour assurer la réalisation d’un bien concret COMMUN à tous (à définir : travail, logement, soins, éducation et leurs conditions, assurés, etc.).
Il semble évident que l’énergie à ce point de bifurcation peut être notamment apportée par l’UFAL, par ses réflexions et ses actions ; alors, amis UFAListes, vous étiez déjà convaincus que votre contribution peut avoir un effet beaucoup plus important que celui que vous imaginiez au départ, mais qu’il est bon de le répéter !

 


Dominique MOURLANE (UFAL 09)
Jeudi
Ca y est tout est en place. Juste la peur de l’instant avant que cela commence, entre la satisfaction et la crainte d’avoir oublié Et puis les premiers arrivent par le train. La navette joue son rôle, le domaine se réveille doucement jusqu’au repas où nous nous retrouvons une vingtaine avant le démarrage des travaux. La première conférence fort adroite et documentée sur l’indépendance des médias est menée par un local de l’étape rédacteur en chef à FR3, Michel Naudy. Cette conférence donne le ton : un heure d’exposé et deux heures de question / réponse sans interruption, ce fut excellent…nous avons dû interrompre Michel et la salle pour permettre à Thierry Kopernik d’exposer d’une belle façon les formes alternatives de rapports entre producteurs et consommateurs, là aussi il a fallu interrompre tout le monde pour respecter les horaires des repas. Bonne ambiance générale, décontractée, le cadre s’y prête, et sérieuse, les gens sont venus réfléchir, cela est évident. Après les interventions, les débats continuent pour ceux qui n’ont pu dire tout ce qu’ils souhaitaient, ou qui ont trouvé d’autres pistes de réflexions. Il y aura des propositions de faites, c’est sûr, sur le contenu de cette première journée.

Vendredi
Dure journée, avec une prestation à la clef : Raphaël Favier nous a servi presque 6 heures de conférence en 2 sessions pour nous convaincre d’une nouvelle méthodologie de pensée. Des réponses de Clausius à Carnot par la thermodynamique en passant par le système des bielles où l’échauffement d’un élastique, nous arrivons dans l’économie de l’immatériel et la politique industrielle française sans oublier l’entropie nécessaire à l’épanouissement des individus et des sociétés. De quoi sera fait l’UFAL demain ? A quoi servira-t-elle ?

Samedi
Développement durable : en 2 jours, 6 heures sur DD ! Grandiose. Sans redite, tout en complémentarité et en intelligence. Ce fut un régal. Ca c’est du boulot d’éduc pop. Et l’UFAL est tombée dedans ! Bon demain on s’y met, c’est sûr.

GES/2 = Tep x BIP x CAC x HAB x UB non ! GES/2 = TIP x BEP x CUC x HUB x AB non, non ! Alors GES/2 = non, non, non ! Mais alors avant il faut savoir que : Mesure du CO2 atmosphérique par l’observatoire de Mauna Loa à Hawaii et que :
Evolution du CO2 depuis 400 000 ans et enfin que pour finir par croire au bonheur !

 


Michel CANET (UFAL 89)

L’UPL 2008 à Mazères a été remarquable. Organisation impec, par Dominique Mourlane et Christiane Causse.
Accueil excellent par un personnel sympathique. Logement et repas de bonne qualité. Cadre agréable propre à la sérénité.

Mais surtout !
Une université de niveau universitaire.
Populaire car orientée vers le service du plus grand nombre.
Laïque car c’est notre fil rouge.

J’ai été enchanté de tout ce que j’ai entendu. J’ai été impressionné par la présence participative de sympathisants venus en observateurs et qui sont restés tant les sujets étaient intéressants.
En outre, un tout nouvel adhérent, de Limoges, nous a fait une leçon de réalisme avec en point d’orgue cette explication, géniale de simplicité, d’avoir proposé aux adhérents de son association familiale (qui adhérait à Familles de France) de remplacer " Travail famille patrie " par " Liberté Egalité Fraternité " (en se rattachant à l’UFAL), 63 ans après la Libération ! Et comme cela s’est fait à partir de l’étincelle de ma folie ordinaire, c’est pour moi un vrai bonheur.

Je constate que l’UFAL n’arrête pas de progresser, la prochaine UPL sera différente de celle-ci, il faut déjà y songer.

 
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Monique Vezinet

Monique VEZINET (UFAL 75)
Jeudi 8 mai
J’arrive à Mazères en pleine conférence de Michel Naudy sur les médias. Pierre Bourdieu, Serge Halimi, la reproduction sociale et l’entrisme trotskyste dans les médias… La formule sur les positions " centro-centristes " des journalistes " pour éviter la déchirure musculaire " depuis 1981 fait rire la salle et la caresse dans le sens du poil lorsque l’orateur décèle dans la façon dont la présidence est aujourd’hui traitée par les médias une certaine anticipation sur un possible renversement de majorité. Bon, mais nous sommes à l’UFAL, on ne va pas faire de la politique politicienne, n’est-ce pas ?
Je note dans la discussion : et si la suppression annoncée de la publicité dans l’audiovisuel public préfigurait une " vente par appartements " ? Au passage, il est question de méga-régions à l’échelle européenne : huit pour la France, ce serait plus pratique que 22, et voilà comment dissoudre les Etats et leurs stupides particularités, n’est-ce pas ?
On enchaîne avec les alternatives possibles en matière de consommation. Thierry Kopernik décrit la concentration de la grande distribution, les SEL, AMAP, GIE de producteurs et autres jardins de Cocagne, sans plus de complaisance d’ailleurs que le commerce équitable.
La discussion roule sur le la politique agricole commune et ses absurdités, alors que Bruxelles veut prolonger les quotas jusqu’en 2013. Et si on sortait de l’Europe d’ici là ?

Vendredi 9 mai
Le remue-méninges de Raphaël Favier aura donné à tous envie de nous ruer sur les rayons de nos bibliothèques pour relire X ou Y, ou d’aller les découvrir. Le grand plus de cette Université, à travers cet intervenant comme d’autres dans le secteur Développement durable, c’est d’avoir permis à des représentants des disciplines " dures " de nous apporter une largeur et une rigueur de raisonnement qui renouvelle notre réflexion, habituellement dominée par des représentants des sciences " molles " (parmi lesquelles je ne place pas forcément les philosophes, quant aux économistes, je m’interroge…)
A la fin de la journée (ce n’est pas repris dans le compte rendu, est-ce trop énorme à entendre ?) R. Favier évoque la fin du salariat, en corollaire d’un contrôle économique et politique à exercer désormais par les producteurs ; en soirée, sont lus des textes d’André Fortané qui affirment le caractère résolument anticapitaliste de l’UFAL : je me dis que les positions théoriques qui sont les nôtres vont progresser essentiellement par l’éducation populaire dans le contexte de crise actuel.

Samedi 10 mai
Le secteur Laïcité et féminisme, pour cette UPL, ne s’est pas orienté sur les débats de fond - qu’il développe en permanence - mais sur les perspectives stratégiques de ses nouvelles responsables : Horria Saïhi et Caroline Brancher (Jocelyne Clarke étant empêchée).
H. Saïhi - qui nous avait présenté la veille son film très sombre datant de 1997 intitulé "Algérie en femmes" - nous fait comprendre comment le mouvement féministe algérien a manqué au départ de faire le lien avec la laïcité pour affronter la question de l’intégrisme. Aujourd’hui exilée, elle affirme la nécessité d’une ouverture sur les autres pays. C’est pourquoi elle va œuvrer aux 2e Rencontres laïques internationales que l’UFAL va organiser avec Bruxelles laïque dans les prochains mois.
C. Brancher, pour sa part, est revenue sur la nécessité à la fois de récuser la rhétorique " essentialiste " contre l’Islam et de lutter sans complaisance contre l’alliance des intégrismes de toutes origines.
Claude Beaufils, président des Cercles Condorcet, est venu opportunément nous rappeler le quotidien de la lutte anti-communautariste dans les milieux de l’enseignement (c’est le cercle de Genève qui a débusqué Tariq Ramadan) : nous allons travailler ensemble !

Dimanche 11 mai
Retour au cœur de la problématique de l’ultra-libéralisme avec Aurélien Bernier.
Bernard Teper dénonce la 5e colonne des écologistes libéraux et reprend les propositions de Jacques Sapir sur le protectionnisme écologique et social.
Alors, bonne résolution, je vais le lire et permettez-moi un coup de pub
S’il est vrai que sur les questions sociales, la mise en concurrence des nations empêche la lutte anticapitalisme, le domaine de l’environnement serait-il celui où le libre-échange puisse être encore efficacement combattu ?
Gavés de questions théoriques, nous accueillons avec intérêt la présentation du secteur Education populaire par Dominique Mourlane et Lucette Guibert. Après l’exemple de l’UFAL de la Haute-Vienne dû à Jean-Luc Laguionie, pour ce qui concerne les actions de proximité, voilà de quoi repartir sur le terrain gonflés à bloc ! Et puis ce soir, spectacle encore, allons retrouver Carmen Samayoa

 

Thierry KOPERNIK (UFAL 67)
J’aurais envie ici d’interpeller directement nos intervenants et intervenantes de l’UPL 2008. Raphaël, lorsque tu parles de l’échec du mouvement anarchiste, notamment en ce qui concerne Barcelone 1936, je suis à la fois d’accord avec toi, sans l’être en même temps. Tant que le mouvement anarchiste doit lutter contre toutes formes étatiques il ne peut que progresser, c’est évident et c’est ce qui se passe dans tous les pays où le mouvement anarchiste est présent. Mais dire que le mouvement anarchiste en lui-même représente une forme de chaos et que de ce fait il est voué à disparaître à l’image de la répression de Franco et des républicains associés à d’autres puissances étrangères, c’est ignorer que le mouvement anarchiste propose d’autres formes d’organisation de la société qui ne peuvent avoir les mêmes repères que dans une société où le référent de l’autorité c’est l’Etat, peu importe le régime étatique. Le mouvement anarchiste doit également regarder en son sein car il sera toujours infiltré et donc il ne peut que rebondir, de la même façon que l’UFAL doit rebondir lorsqu’il y a des affrontements entre différentes conceptions de la laïcité et du style de mouvement familial.

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