Santé/protection sociale
Par Frédéric Lavignette
Lundi 28 avril 2008
article publié dans la lettre 47
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Les récentes déclarations de Roselyne Bachelot sur le possible déremboursement de l’optique provoquent l’inquiétude de nombreux assurés sociaux. Dans cette hypothèse, ces soins seraient intégralement pris en charge par les complémentaires santé. Interrogé dans les médias, le président de la Mutualité française, Jean Pierre Davant, estime que le financement de la santé mérite mieux qu’une polémique : un vrai débat !
En avançant l’idée d’une prise en charge de certains soins par les complémentaires, Roselyne Bachelot a ouvert "une nouvelle polémique", constate Le Parisien/Aujourd’hui (page 4). Invitée dimanche du grand jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de la Santé a évoqué la possibilité de transférer aux complémentaires les dépenses d’optique. Au cours de ces quatre dernières années, "la marge bénéficiaire de ces organismes complémentaires est passée de 12 % à 23 %", a justifié la ministre.
Invité hier de l’émission "Le grand journal" de LCI, le président de la Mutualité française a "regretté" les déclarations de Roselyne Bachelot. "Alors que les négociations sur le financement de la Sécurité sociale doivent s’engager, il aurait été plus correct de rassembler l’ensemble des acteurs pour rechercher des solutions", a-t-il expliqué. Des propos tenus également sur le site Internet LeMonde.fr, I-Télé, M6, BFM TV, RMC, France-Info, France-Inter et Europe 1, France-Soir et La Dépêche du Midi.
Comme l’indiquent Les Echos (page 3), "la Mutualité française formulera ses propositions (sur le financement) au gouvernement à la fin du mois". Ainsi, Jean-Pierre Davant espère établir "un dialogue formel plus constructif". Interrogé sur les marges bénéficiaires, Jean-Pierre Davant a rappelé, dans le journal de la mi-journée de France 3, que "les mutuelles ne font pas de bénéfices". "Il n’y a pas de trésor caché", a-t-il souligné dans le journal de 20 heures de France 2.
Lors d’un remboursement optique, les complémentaires "couvrent" 51 % de la dépense, le patient 43 % et la Sécurité sociale seulement 6 %. Si les complémentaires devaient gérer l’intégralité des dépenses en optique, et si devaient s’y ajouter les frais dentaires, comme cela est également évoqué, ces transferts aboutiraient à une augmentation des cotisations "de 9 %", a mis en garde Jean-Pierre Davant lors de l’émission "Les auditeurs ont la parole" sur RTL. Le président de la Mutualité française s’étonne d’ailleurs de ces intentions de transferts alors que pendant la campagne présidentielle, "Nicolas Sarkozy avait justement promis d’améliorer la prise en charge de l’optique et du dentaire", fait-il valoir dans Le Figaro (page 20).
Interrogé par Le Parisien/Aujourd’hui (page 4), le président du Syndicat des opticiens sous enseigne, Christian Romeas, "partage" les positions de la Mutualité française. Pour lui, derrière ce transfert "se dissimule une démédicalisation totale de la santé visuelle des Français" alors que "40 millions" de nos concitoyens "souffrent de déficience visuelle".
Selon Bernard Teper, président de l’Union des familles laïques, interrogé par France 3, ce projet était depuis longtemps "dans les cartons de la Fédération française des sociétés d’assurances". Le Parti socialiste, pour sa part, interprète cette intention du gouvernement comme "la privatisation annoncée de la Sécurité sociale" (Les Echos page 3).
Même sentiment au Parti communiste, indique L’Humanité (page 5) : " Encore une fois, au prétexte du "trou" de la Sécu, on veut faire porter aux malades les dépenses de santé "
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