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Ayaan Hirsi Ali doit avoir la nationalité française!

Par Bernard TEPER

article publié dans la lettre 40

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Dimanche soir 10 février 20h, salle Jules Ferry à l’Ecole normale supérieure rue d’Ulm, plus de 300 personnes accueillent Ayaan Hirsi Ali. Plus de 800 personnes ne peuvent entrer. Pourquoi ? La Mutualité a retiré la réservation, la Sorbonne a refusé ses salles. Difficile de trouver une salle pour défendre la démocratie, la laïcité, la liberté d’expression en France : constat douloureux !

Caroline Fourest en maîtresse des cérémonies de la soirée nous raconte la biographie et les difficultés endurées par Ayaan Hirsi Ali et cadre bien les enjeux de la lutte pour la laïcité, pour le droit des femmes, pour la lutte contre l’obscurantisme et le fanatisme et last but not least, pour défendre la position de Voltaire visant à combattre pour que chacun puisse dire son propos sans encourir des risques sur sa vie, et enfin pour avoir le droit de croire ou de ne pas croire, d’entrer ou de sortir d’une religion. Elle fait état de l’abandon par le gouvernement néerlandais de sa protection depuis le mois d’octobre et qu’elle est obligée de lever des fonds privés pour assurer sa protection aux Etats-Unis. Philippe Val (Charlie Hebdo) et Laurent Joffrin (Libération) font de bons discours de soutien au combat d’ Ayaan. Laurent Joffrin faisant même remarquer que Rama Yade, présente à la soirée, avait traité son journal de charognard. Très vite, les orateurs se succèdent. A remarquer Elisabeth Badinter qui nomme de nombreuses femmes des pays du Sud qui sont dans une situation pouvant s’apparenter à ce que vit Ayaan Hirsi Ali. Son intervention a été très remarquée.
Bernard Henri Lévy lance un appel au président de la République pour qu’il accorde la nationalité française à Ayaan Hirsi Ali pour respecter sa phrase pendant la campagne ou Nicolas Sarkozy avait promis que s’il était élu, la France serait un refuge pour les femmes qui subissent des violences dans le monde. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, après avoir dit qu’elle se sentait aux cotés d’Ayaan Hirsi Ali, a lu une déclaration du Président de la République ou celui-ci promettait d’utiliser sa future présidence de l’Union européenne pour assurer la protection d’une citoyenne néerlandaise suite à la défection du gouvernement néerlandais. Ségolène Royal a eu beau jeu de dire que c’est tout de suite que la France doit régler le problème et ne pas renvoyer à plus de cinq mois la résolution de celui-ci. Puis Claude Lanzmann de la Revue des temps modernes et surtout Julie Kristeva remit le prix Simone de Beauvoir à Ayaan Hirsi Ali qui l’a obtenu avec Taslima Nasreen, laquelle attend toujours le renouvellement de sa carte de séjour en Inde.
Soirée très émouvante marqué par l’absence, en dehors de plusieurs responsables de l’UFAL, de la gauche anti-libérale et altermondialiste. Quand comprendront-ils que cette lutte pour la liberté d’expression, pour le droit à tous les blasphèmes, pour la laïcité, séparation de la sphère publique et de la sphère privée, pour le droit des femmes à leur émancipation, un n’est pas négociable et deux qu’elle est un préalable pour avoir le soutien des couches populaires en France largement attaché à la liaison des combats laïques, démocratiques et sociaux ?
En attendant, nous devons amplifier le combat pour que Ayaan Hirsi Ali obtienne la nationalité française.

par Bernard TEPER
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