Débat
Par S.J.
Vendredi 19 octobre 2007
article publié dans la lettre 31
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Post-scriptum à Laïcité: le ver est dans le fruit, texte de 2005
L’ethnodifférencialisme est un anti-universalisme fondé par la “Nouvelle droite� qui s’est diffusé depuis dès lors qu’il devenait commode. Chez les partisans de Ramadan, cet anti-universalisme s’exprime d’une façon qui ne laisse aucun doute:�Oui, l’internationalisme prolétarien peut être raciste. De même que le slogan « Travailleurs français-immigrés : même patron, même combat » est faux et juste à la fois, le mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » est lourd d’ambivalences. Il est vrai qu’il a pour finalité l’abolition de toutes les formes d’exploitations de l’homme par l’homme mais, outre qu’il plonge ses racines dans un certain universalisme idéaliste, il présuppose une homogénéisation de l’espace et du temps par la domination capitaliste (…)� (Sadri Khiari, extrait sur le site du collectif Les mots sont importants de Pierre Tevanian et ses amis).La qualification de l’internationalisme prolétarien comme (potentiellement) raciste renvoie directement à l’anathème “islamophobe“. Le fait que ces jonglages idéologiques s’effectuent chez des défenseurs d’un front anti-impérialiste entre une certaine extrême-gauche (le SWP britannique avait lancé l’idée) et la réaction islamiste, alors que les principes anti-universalistes sont issus de l’extrême-droite, ne doit pas nous surprendre. Dans une étude sur des mouvements d’extrême-droite parue sur le site de la revue Le Banquet, on lit notamment: http://www.revue-lebanquet.com/“l’évolution est grande depuis le temps où Fabrice Robert distribuait dans les banlieues des tracts négationnistes rédigés en arabe, ou, avec des militants tout à la fois maghrébins et communistes, contre la Guerre du Golfe. À l’époque, les NR (= nationalistes-révolutionnaires) considéraient que « des rapprochements/collaborations avec des cercles arabes ou musulmans anti-impérialistes (a priori les futurs facteurs de déstabilisation du Système) sont probables et souhaitables. Dans ce cas, on insistera sur un discours ethnodifférencialiste ».L’extrême-droite avait effectivement déjà expérimenté ce genre d’alliances opportunistes que Sadri Khiari (revenons-en à lui) théorisait dans la revue théorique de la LCR, ''Critique communiste'' n°172 (mars 2004) : “Les convergences sur le terrain (contre les discriminations, le racisme et l’islamophobie, contre les guerres de Bush et Sharon, contre la mondialisation et l’uniformisation culturelle…) ont montré que des synergies étaient souhaitables et possibles entre la gauche et certains mouvements français se réclamant de l’islam“. Dans un article paru dans ''Libération'' en 2003 , Cynthia Fleury et Emmanuel Lemieux comparaient déjà les postures de Tariq Ramadan et d’Alain de Benoist, le fondateur de la Nouvelle droite: réaction dissimulée derrière le discours différencialiste et anti-impérialiste.Chaque fois, l’ethnodifférencialisme sert avant tout de cache-sexe. Les “identitaires� d’extrême-droite y dissimulent leur racisme en visant un front anti-impérialiste d’un type particulier, de type fasciste (contre un impérialisme “américano-juif�), les tiers-mondistes couramment appelés “islamo-gauchistes� (les appeler “gauchistes� c’est encore leur accorder trop d’honneur) y dévoient leur antiracisme en visant un chimérique front anti-impérialiste avec la réaction théocratique, ignorant superbement les leçons de la révolution iranienne.
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