Débat
Par Claude BARRATIER
Vendredi 19 octobre 2007
article publié dans la lettre 31
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Créer la concurrence ou réglementer : Un point de vue sur la liberté d'installation des médecins
L’Etat a la responsabilité et l’obligation constitutionnelle d’assurer des soins de qualité partout, comme pour l’éducation, ou la distribution du courrier, ou pour la sécurité par la gendarmerie ou la police nationale. S’agissant des médecins, l’Etat pourrait les former, comme dans les Ecoles de Santé de l’armée, avec une parfaite qualité, assortie de l’obligation d’exercer là où on a besoin d’eux. Les fonctionnaires ont cette obligation, on peut passer son concours à Montpellier et être nommé à Béthune.
Il est déjà courant qu’un hôpital rural, ne trouvant pas assez de médecins libéraux pour assurer les besoins des malades, crée avec l’accord de l’Agence Régionale d’Hospitalisation qui dépend de l’Etat, un poste de médecin hospitalier, qui assurera l’indispensable service public.
La Sécurité sociale qui dépend de l’Etat paie aux médecins du secteur 1 assurant un service public la plus grande partie de leurs cotisations de protection sociale (Cela représente un SMIC). Actuellement il leur donne cette prestation où qu’ils aillent, ce qu’il ne fait pour aucune catégorie de ses fonctionnaires qui doivent aller là où on les nomme.
En raison de la Constitution, l’Etat est obligé d’équiper les zones rurales de plus en plus sans médecin. Il doit donc soit créer une filière de médecins fonctionnaires pour en mettre en place partout (De cela les médecins libéraux ne veulent pas), soit assurer le service public avec une nouvelle contrainte, - géographique- celle de la première installation. Comme on ne peut pas déménager les malades dans les départements au soleil, il faut bien déménager les médecins là où sont les malades.
On peut donc comprendre l’inquiétude des médecins en formation, tout en espérant qu’ils soient capables, comme les fonctionnaires, de tenir compte de l’intérêt général. Leur métier est grand, il a ses servitudes, comme pour beaucoup d’autres professions. S’ils n’en étaient pas capables, le public, malade ou bien portant qui croit en la nécessaire solidarité, imposerait des filières de formation et d’emploi de médecins fonctionnaires, et ce ne serait pas plus mal, on sait déjà faire.
par Claude BARRATIER
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