A l'automne dernier, L'Ufal lançait, avec Sauvons l'Université, « l'Appel du 8 novembre 2008 » afin de dénoncer le projet de « masterisation » du métier d'enseignant.
Comme le montre la récente circulaire définissant les modalités de stage des étudiants en master, cette « réforme » est avant tout un moyen de faire des économies : les enseignants-stagiaires qui bénéficiaient d'un véritable statut seront désormais remplacés par des étudiants précaires que l'on gratifiera de 300 euros pour prendre en charge des classes à plein temps, sur une durée de plusieurs semaines (six en collège et en lycée, quatre en primaire). Il y a fort à craindre, par ailleurs, que les « reçus-collés » (étudiants qui obtiendront leur master mais qui seront collés aux concours) constitueront un vivier tout trouvé dans lequel les chefs d'établissement puiseront pour recruter des emplois précaires.
L'institution scolaire et le principe de laïcité
C'est à la République que nous devons l'invention de l'école publique. Cette dette est double : la République a non seulement inventé l'école publique comme institution, mais l'a aussi inventée comme concept. En cela, l'école publique n'est pas seulement un objet institutionnel et politique : elle est aussi un objet de pensée. Si l'institution scolaire est tributaire de l'histoire et de ses déterminations contingentes, l'école publique comme objet philosophique est tributaire de principes qui se déploient en vertu de leur seule nécessité et qui articulent une conception du politique à une conception du savoir trouvant son point d'ancrage dans l'épistémologie cartésienne et dans l'encyclopédisme des Lumières.
Le 5 juillet 2007, le Président de la République adressait au Ministre de l’Éducation Nationale une lettre de mission en vue de la réforme du lycée général et technologique. Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l’Académie d’Aix-Marseille, ancien directeur général de l’enseignement scolaire, se vit alors confier une mission de consultation qui déboucha, en juin 2008, sur la signature de « points de convergence sur les objectifs et les principes directeurs » de la réforme du lycée. Sur la base de ce texte, Xavier Darcos rendait public le 22 octobre 2008 le projet de la nouvelle Seconde, projet qui était destiné à entrer en vigueur dès la rentrée 2009. Devant les résistances que ce projet suscita, ce dernier fut contraint de reculer et de suspendre sa mise en oeuvre. C’est dans ce contexte et dans une volonté d’apaisement que Richard Descoings s’est vu confier, le 12 janvier dernier, une « mission de concertation » sur le sujet. Dans la foulée, la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale constituait une mission d’information sur la réforme du lycée, mission présidée par Yves Durand et dont le rapporteur est Benoist Apparu. Les deux rapports, le rapport Descoings et le rapport de la mission d’information, ont été rendus publics à quelques jours d’intervalle, respectivement le 29 mai et le 2 juin.
Lire la suite...En mars dernier, l'UFAL est entrée dans le collectif « Printemps 2010 » qui regroupe une dizaine d'organisations associatives et syndicales (Attac, Fac verte, FERC Sup-CGT, Fondation sciences citoyennes, Sauvons La Recherche, Sauvons l'université, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SNTRS-CGT, Les Sud éducation, recherche et étudiant, UFAL, UNEF). Ce collectif entend combattre la stratégie de Lisbonne déjà fortement engagée dans la plupart des pays européens, stratégie qui renforce la mainmise du marché sur l'enseignement supérieur et sur la recherche. Il est à l'initiative d'un Appel à l'organisation d'un contre-sommet qui aura lieu en mars 2010.
Lire la suite...