En 1990, décision a été prise de ne plus permettre d’opter pour le secteur 2. Décision autoritaire, intervenue dans l’urgence, qui faisait l’économie d’une réforme approfondie (la suppression du paiement à l’acte par exemple) et instaurait une situation pour le moins inéquitable, puisque ceux qui s’étaient inscrit dans le secteur 2 avant cette date conservaient leurs privilèges. D’autant plus inéquitable, que les médecins qui disposent de titres universitaires (essentiellement des spécialistes) et qui s’installent pour la première fois en libéral, peuvent toujours choisir d’exercer en secteur 2, ce qu’ils font majoritairement.
Au regard des objectifs du législateur (encadrer les prix des prestations sanitaires pour permettre à chacun d’accéder aux soins), la situation s’est depuis considérablement dégradée. Plusieurs facteurs concourent à une régression considérable de la protection sociale par une distanciation de plus en plus importante entre les frais engagés par les malades et le montant pris en charge par les systèmes d’assurance
Si la collectivité ne se substituait pas aux personnes en assumant la charge des dépenses, ce coût rendrait la santé inaccessible à une grande majorité d’individus, surtout ceux qui cumulent les handicaps financiers et les carences sanitaires. C’est sur ce mécanisme de solidarité que notre dispositif de sécurité sociale a été érigé. Chacun participe selon ses moyens et consomme selon ses besoins.
La politique actuelle conduit à retourner la proposition : en réduisant le collectif aux individus, ils ne pourront plus consommer que selon leurs moyens. C’est l’avènement de la santé dans le magnifique concert du marché. Avec quelques superbes lapsus de nos responsables politiques : « Existe-t-il des assurances (automobiles et autres) sans franchise… » proférait récemment le futur Président de la République pour justifier les dernières réductions infligées aux prestations des assurés sociaux.
Une politique inspirée par quelques principes fondateurs dont le cynisme est éclairant.
Mais ne soyons pas naïfs, r les stratégies de ce libéralisme là sont beaucoup plus « réalistes » qu’idéologiques. Elles reposent sur l’évidence qu’en « libérant » l’individu de sa protection collective, on l’abandonne à sa capacité personnelle dans un univers régi par le pouvoir de chacun. Quelle démonstration peut on faire de cette analyse dans le domaine de la protection sanitaire et sociale ?
Comment dissimuler les mensonges ? Manipuler l’esprit des braves gens, de telle sorte qu’ils soient abusés, mais, pire encore, pour qu’ils s’abandonnent les yeux fermés à la corde qui va les étrangler ?
La morale ! Une morale simpliste qui désigne un bouc émissaire au regard de grands principes où « la Rrr…esponsabilité » joue le rôle d’un miroir brandit à la face des autres et qui exonère celui qui accuse.
La chasse aux « Zabus », cet animal étrange, qui a la faculté de provoquer la cohésion de ceux qui le traquent…sur les terres du voisin !
A propos d’un article sur les dysfonctionnement de l’hôpital public
Le 13 novembre, une fois de plus, le grand quotidien national dit « de référence », Le Monde, offrait deux pleines pages à un chirurgien qui décrivait ses difficultés professionnelles et ses frustrations, notamment sur le plan financier.
La « paupérisation » des chirurgiens disait-il, justifie les dépassements tarifaires qui prennent aujourd’hui de telles proportions qu’ils deviennent un obstacle infranchissable pour une partie de plus en plus importante de la population.
Nous avons réagi comme lors des tentatives de désinformation précédentes. Nous n’avons reçu aucune réponse et, comme on pouvait le prévoir, Le Monde s’est bien gardé de publier notre démenti.
La stratégie du libéralisme économique est assez simpliste. On s’attache à concentrer la puissance financière sur une « élite » aussi étroite que possible. On y gagne une efficacité qui met les indicateurs macro-économiques au vert. Ce qui démontre que c’est un excellent système. CQFD.
Lire l'intégralité sur le site de publication originalEn cette fin de règne, alors que nos éminences s’apprêtent à quitter le pouvoir, on assiste à une débauche de recasages sur des « positions préparées à l’avance », juteuses et inexpugnables. Bien que…
C’est aussi l’heure des cadeaux pour les proches, financés, bien entendu, par la cassette commune. En matière politique, on sait qu’instaurer un privilège l’intègre rapidement dans des normes qu’il est ensuite extrêmement difficile de remettre en cause.
Et puis, si les privilèges en question provoquent ultérieurement des charges économiques et des troubles sociaux pénibles, ce sont les suivants qui auront à les gérer.
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