NDLR : Alors qu'il y a encore quelques mois, on nous étouffait avec les bienfaits de la capitalisation qui allait améliorer les retraites de tous. Alors que nous disions que le meilleur système était celui de la répartition. Et, bien, il passait les contre-réformes en force. Aujourd'hui la crise financière et bancaire, demain économique, sociale et politique, les oblige à devenir amnésiques. Mais où sont donc les grands intellectuels néolibéraux? Voilà l'Argentine qui commence à rejoindre la raison. D'autres feraient bien de suivre ! (Bernard Teper)
La présidente argentine Cristina Fernandez a signé mardi un projet de loi transférant à l'Etat la totalité de l'épargne-retraite des Argentins et marquant la fin de sa gestion privée par des fonds de pension.
Dans un communiqué, le gouvernement souligne que cette décision "élimine le régime actuel de (retraite par) capitalisation, qui sera progressivement remplacé par un régime de répartition (public)".
Ce plan, ajoute le gouvernement, "signifie la fin du système en échec" des retraites privées.
Alors que la crise couve depuis décembre 2000, pour éclater bruyamment en cette année 2008 et pour durer, personne ne sait combien de temps, avec quels effets systémiques, se pose la question des affichages de mise en avant du développement durable sur cette période.
Il est possible de voir les choses de manières différentes d'un point de vue libéral-financier :la question environnementale est devenue incontournable.l'environnement est une nouvelle source de marché dégageant des profits.le développement durable est un élément essentiel si le capital souhaite maintenir ses acquis à long terme.pour faire passer le turbo capitalisme, il est nécessaire de le mâtiner d'un peu d'écologie pour plaire aux populations.
Il est dans la nature des choses de voir un jour tel ou tel dogme reculer voire s’effondrer.
Nous sommes dans une période ou certains dogmes financiers et économiques, promus par les néolibéraux de droite comme de gauche, sont en train de s’effondrer. Pour ceux qui ont fait des études économiques et financières, vous pouvez conserver vos polycopiés comme preuve historique des incroyables dogmes que l’ont vous a enseigné à l’Université ! Pour les autres, il va falloir se faire à l’idée que la pensée dominante est en train de perdre certains de ces dogmes.
« Cette année marque le 160e anniversaire du Manifeste communiste, et le capitalisme – alias ‘la libre entreprise’- semble prêt à célébrer l'occasion en tombant raide mort. (lundi dernier)… certains experts ont lancé un avertissement : les distributeurs automatiques de billets pourraient se tarir… d’autre part, le seul investissement sûr est la boîte de haricots en conserve » Barbara Erhenreich, The Nation (USA)
Hier soir, de passage à Genève (UNIGE- Université de Genève) le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz rappelait que si 3 millions d’Américains ont déjà perdu leur maison, il y en aura encore au moins 2 millions de plus qui se retrouveront à la rue dans les prochains mois.
Stiglitz a fait rire son auditoire en se posant la question rhétorique de savoir si le Président américain Bush comprenait la crise financière. Bush a dit “We build too many houses !” (on a construit trop de maisons) … sans s’assurer que les gens avaient les moyens de payer… Stiglitz continue : “Ces prêts hypothécaires sont allés à des gens pauvres, or il n’y a pas eu d’augmentation des revenus réels depuis 8 ans”
Comme prévu, la crise financière a d'abord touché les Etats-Unis et le monde anglo-saxon qui avec les firmes multinationales, les associations multilatérales et les associations régionales ont la grande responsabilité de la direction des affaires du monde depuis l'écroulement de l'Union soviétique.
Mais par ricochet, elle va atteindre le monde entier. Elle arrive en Europe pour la simple raison que les dirigeants de l'Union européenne se sont arrimés aux Etats-Unis en ayant détruit tout ce qui pouvait faire résistance aux politiques néolibérales.
L'arrimage du monde à la globalisation financière fait que le degré d'interdépendance entre toutes les banques et institutions financières font qu'elles ont toutes "trempé" dans la bulle financière et dans la spéculation sur les titres hypothécaires.
Lundi dernier, le gouvernement américain a annoncé un plan de sauvetage des deux principales sociétés américaines de refinancement immobilier. Il était temps. Fannie Mae et Freddie Mac ont chuté de plus de 85 % en Bourse depuis le début de la crise des subprimes. Ces derniers jours la glissade est devenue chute libre car des doutes sérieux sont apparus sur leur capacité à faire face aux défauts de paiement qui touchent de nombreux ménages. Or ces deux sociétés détiennent plus de 40% du crédit immobilier américain, ce qui représente 5 300 milliards de dollars de créances, plus d’un tiers du PIB américain. Leur effondrement aurait donc un impact gigantesque...
Lire la suite...Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont autocorrecteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.
Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches.
Résister aux pressions des lobbies lors de l’examen de propositions de réglementation des fonds « private equity » et « hedge funds » À la veille du Conseil ministériel de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, les dirigeants syndicaux des pays industrialisés font part de leur grave préoccupation concernant le lobbying intense dont ferait l’objet une commission du Parlement européen pour saper le contenu d’un rapport sur les fonds de capital-investissement (private equity) et les fonds alternatifs (hedge funds).(1)
Lire la suite..."La France ne travaille pas assez ! Il n'y a qu'un moyen de relancer la croissance et d'augmenter le pouvoir d'achat : travailler plus ! Par rapport à nos voisins, nous sommes le pays qui travaille le moins, il faut que ça change !" Voilà le message dont nous rebat les oreilles avec un bel ensemble la majorité présidentielle, à commencer par Sarkozy lui-même. Or c'est grossièrement faux. Merci à Léon Mercadet, journaliste à La matinale de Canal +, d'avoir rétabli les faits dans sa chronique d'hier (28 mai), titrée La France bosse fort ! Pour remettre les choses à leur place, il suffit de consulter les chiffres 2006 d'Eurostat, le très officiel Office statistique des Communautés européennes, que la chaîne à péage présente on ne peut plus clairement, reprenant un tableau paru dans l'excellente revue Alternatives économiques :
Lire la suite...Le Monde le 31 mai 2008 a publié la tribune ci-dessous sur les retraites, qui était en attente depuis deux mois. Réécrite trois fois pour tenir compte de l'actualisation nécessaire, à la demande du Monde, mais ce n'est pas la version définitive qui est parue. De plus, Le Monde, a supprimé le sixième alinéa que vous trouverez ci-joint "par manque de place". Il est vrai qu'il est moins "correct" de vouloir baisser le temps de travail que de l'augmenter... (J.M.H.)
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