Pourquoi les salariés souffrent-ils de l’innovation ?
Ces derniers mois, le stress au travail, conduisant parfois au suicide des salariés, a fait la une des médias. On sait que cette situation inquiétante découle des nouvelles formes d’organisation du travail, fondées sur une surexploitation du travail, qui sont elles-mêmes la conséquence directe des exigences excessives de rendement du capitalisme actuel, dominé par la finance. Mais pour comprendre l’écart existant entre les discours sur l’organisation moderne du travail et cette violente réalité, il faut analyser plus en amont les véritables relations entre la finance et l’économie, et plus particulièrement l’économie du savoir, parfois qualifiée de nouvelle économie.
La 7e conférence ministérielle de l’OMC se réunira du 30 novembre au 2 décembre 2009 à Genève. Et alors direz-vous ? Effectivement il faut resituer cet organe international.
L’OMC au même titre que d’autres instances internationales, régionales ou locales se targue de la démocratie moderne pour utiliser la représentation comme forme de gouvernance.
Cela permet de mettre un échelon entre les citoyens et les décideurs. Il faudra reparler de cette déviance démocratique.
Dans Le Monde du 5 septembre 2009, Frédéric Lemaître signe un papier « La crise remet en cause le savoir et le statut des économistes ». Pire : il se permet une allusion, appuyée sur une citation de Fukuyama[1], aux liens forts entre les économistes en vue et les acteurs de la finance, contribuant à rendre les premiers fort peu critiques à l’égard des dérives des seconds. Il termine par une allusion aussi discrète que terrible à ces liaisons dangereuses : « La composition du Conseil d’analyse économique en témoigne ».
[1] « De nombreux économistes et professeurs de finances de business schools travaillent pour des banques d’investissement et des hedge funds, les aidant à élaborer des modèles complexes qui, rétrospectivement, se sont révélés inadéquats à prévoir les risques. Par là même, ils ont un intérêt personnel dans le succès du secteur financier qui n’est compensé par aucune incitation à penser que le secteur, dans son ensemble, détruisait davantage de valeur qu’il n’en créait. »
Cet hiver, en plein mouvement social, Sarkozy annonce lors d'un sommet social une réflexion sur le partage de la valeur ajoutée et du profit et charge Jean-Philippe Cotis de pondre un rapport sur le sujet.
Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee (il a succédé à Jean-Michel Charpin, limogé en octobre 2007 parce qu'il n'avait pas compris que les statistiques ne devaient être qu'un outil au service de la propagande gouvernementale), a rendu sa copie le 13 mai et sans attendre, Sarkozy demande aux syndicats et au patronat de faire des propositions, si possible ensemble, avec comme base de travail ledit rapport et comme date butoir le 15 juillet.
Nous arrivons fin juillet, les propositions des partenaires sociaux ont été remises, séparément, et le moins que l'on puisse dire c'est que le sujet, pourtant d'une grande importance, ne domine pas vraiment l'actualité.
L'Arrco ne s'en est pas vantée. Comme beaucoup d'autres, l'association gérant la retraite complémentaire des salariés a été victime de Bernard Madoff. Elle y a perdu près de 35 millions d'euros. Et les 150 ans de prison que la justice américaine vient d'infliger au financier n'y changeront rien.
L'affaire n'a pas fait beaucoup de bruit. Elle a été abordée le 10 mars lors du conseil d'administration de l'Arrco, et a fait l'objet d'un court article début juin dans Le Nouvel Observateur. Mais le régime de retraite ne figurait pas dans les victimes françaises déjà connues.
La commission Stiglitz sur les indicateurs de performance économiques part d'un constat juste : nos instruments actuels nous rendent quasiment aveugles devant des risques majeurs. Mais ses propositions, souvent intéressantes, ne sont pas encore à la hauteur des enjeux, insistant trop sur la monétarisation comme principale méthode de mesure du progrès.
Une première réaction de Jean Gadrey et Dominique Méda au pré-rapport de la commission Stiglitz. Membres du collectif FAIR (Forum pour d’autres indicateurs de richesse),
Jean Gadrey et Dominique Méda s’expriment sur le document provisoire mis en ligne début juin par la commission Stiglitz. Le collectif FAIR produira en juin un texte collectif plus développé, incluant des propositions pour la période à venir.
Le débat public sur la richesse et la manière de la mesurer prend de l’ampleur. À cela, plusieurs raisons. D’abord, la crise écologique a ravivé les critiques anciennes du principal indicateur d’activité économique, le produit intérieur brut (PIB), trop souvent sommairement considéré comme un indicateur pertinent de richesse ou de bien-être. Mais, au-delà de l’indicateur, c’est l’objet de la mesure qui est lui-même questionné : qu’est-ce que la richesse, si on ne la limite pas à sa seule composante marchande ? La très grande inégalité de la répartition des richesses est aussi une raison d’y regarder de près, notamment parce que la répartition de la richesse a une influence sur son volume. Enfin, de nombreuses recherches sont menées dans le monde pour proposer et même construire des indicateurs alternatifs ou complémentaires au PIB. C’est dans ce contexte que vient d’être publié le projet d’avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) (Voir l’article précédent sur ce blog, « Les indicateurs de richesse ou la fascination du capital »), et que la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi s’apprête à rendre ses conclusions au Président Sarkozy.
Lire la suite...La gauche doit principalement s’appuyer sur les couches populaires. Or, les couches populaires n’ont pas confiance en la gauche. Pourquoi ?
Il suffit pour cela de se remémorer les politiques des gauches gouvernementales dans la période turbocapitaliste (environ les trente dernières années)
La droite fait pire. Soit ! Mais cet argument est-il suffisant ?
Les gauches gouvernementales ont fait leur le Consensus de Washington de 1979 qui engageait le démantèlement de l’Etat social sur toute la planète.
Nous savions que la construction de l'Union Européenne a "oublié" depuis 1957 d'être démocratique dans la mesure ou les transferts de compétences se font systématiquement en enlevant du pouvoir à des élus du peuple pour les transférer à des personnes nommées par le Conseil européen.
Nous savions que le Parlement européen n'a pas de pouvoirs législatifs mais seulement des pouvoirs de co-décision et encore dans certains domaines seulement.
L’Institut Montaigne - le laboratoire d’idées – très libéral et soutenu par les plus grandes entreprises – diffuse une étude sur les systèmes de retraite et propose des pistes pour un "big-bang" des retraites en France, illustré par des exemples étrangers (Allemagne, Suède, Italie et Chili). Les réformes de 1993 et 2003 « ne suffisent pas, le système de retraite doit être remis à plat » indique la présentation.
Selon l’auteur – l’économiste Jacques Bichot – la réforme des retraites devrait donner naissance à un système contributif : les pensions sont attribuées « en proportion des efforts réalisés ». L’équilibre budgétaire des retraites est un principe de base.
C’est -à-dire que chacun reçoit en fonction de ce qu’il a cotisé. Ceux qui n’ont pas assez cotisé recevront « les secours requis pour échapper à la grande pauvreté ».