Le système de santé français hybride (financement public, distribution publique et privée) a montré pendant longtemps sa supériorité sur le système anglais, pour l’essentiel étatique, et sur le système américain majoritairement privé. Cependant, l’augmentation annuelle régulière du coût de la santé atteignant 11 % du PIB, contre 9 % en Angleterre et 16 % aux USA, impose une régulation. La question est : laquelle ? De façon surprenante par ces temps de crise, c’est la régulation par le marché, à l’américaine, transférant une partie des coûts de la collectivité vers les ménages, qu’ont choisi nos dirigeants. En effet, pour les néolibéraux qui inspirent nos gouvernants, seul le marché libre où chacun achète selon ses moyens, permet d’assurer l’adéquation entre l’offre et la demande solvable, et seule la concurrence permet d’obtenir la qualité au moindre coût. Quant à la productivité des professionnels, elle ne peut être stimulée que par l’intéressement financier et la précarisation de l’emploi. Le « new management » industriel, associant recentrage de l’activité sur le « cœur de métier », rotation des tâches et mobilité des agents, permet la souplesse nécessaire à l’adaptation. Bref, le merveilleux modèle France Telecom !
Lire la suite...L’assemblée générale des médecins de l’AP-HP, réunis le 15 décembre, approuve l’engagement du président et du vice-président de la Commission médicale d’établissement (CME), des présidents des comités consultatifs médicaux (CCM) et des chefs de pôles à démissionner, si des emplois de soignants médicaux et non médicaux sont supprimés sans justification médicale.
Lire la suite...Le 19 novembre, l'Assemblée nationale a inscrit à son ordre du jour dans le cadre d'une niche parlementaire l'examen d'une proposition de loi « relative au droit de finir sa vie dans la dignité » signée par 120 députés socialistes.
Les représentants du peuple vont enfin pouvoir discuter en séance plénière de la légalisation de l'euthanasie, il faut donc saluer l'initiative du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale. Fait remarquable, alors que nous sommes confrontés aux méfaits d'un gouvernement qui légifère souvent au gré des faits divers, ce débat aura lieu en dehors d'une période où les esprits sont secoués par une « affaire » qui déchaîne les passions comme il y en a eu plusieurs ces dernières années.
Mais avant même que ce débat ne débute, les protagonistes concèdent que la proposition n'a aucune chance d'aboutir. Alors faut-il se contenter de se réjouir de ce tout petit pas vers la reconnaissance d'un droit qui ne semble pas près d'être reconnu, celui de mourir dans la dignité ? Poser ainsi la question, c'est y répondre : non bien entendu.
Source : Lettre de l’UNAM
1. Le privé lucratif pour les actionnaires croule sous l’argent facile
Après les résultats record de la Générale de santé (1er groupe d’hospitalisation privée en France), voilà le groupe Orphéa du secteur médico-social, spécialisé dans la prise en charge de la dépendance, obtient un résultat exceptionnel malgré la crise. Le chiffre d’affaires pour le troisième trimestre 2009 s’élève à 217,9 millions d’euros soit une augmentation de 20,3% par rapport à la même période en 2008. Si on regarde les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires est de 621,1 millions d’euros soit 21,5% par rapport à la même période l’année précédente. Yves Le Masne, son directeur général déclare, sans en avoir honte, qu’il va « saisir les opportunités stratégiques d’acquisitions ». Vous voulez savoir ce que cela veut dire en français ? Cela veut dire qu’il va continuer à engranger les résultats de la politique néolibérale qui vise à privatiser les profits et à socialiser les pertes.
La santé : un capital individuel et collectif
Nous approchons d’une nouvelle année à l’orée de laquelle nous exprimerons peut être ce que l’on considère comme une banalité : « Bonne année, bonne santé ». Banalité ? A la réflexion, c’est bien le facteur le plus important d’une qualité de vie, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, l’état de santé des personnes constituant un niveau de santé général qui sera le meilleur rempart des épidémies et le garant d’une société dynamique.
Y a-t-il une place pour l’enfant dans la société française ? Alors que le monde s’apprête à célébrer le XXe anniversaire de la Charte Internationale des Droits de l’Enfant, il est infiniment regrettable que la “société des adultes” n’accorde toujours pas aux enfants la place qui devrait leur revenir, et le respect qui devrait leur être dû. Les propos, décisions et mesures du Président de la République française et de son gouvernement en fournissent une illustration caricaturale. Malheureusement, l’opinion publique qu’ils anesthésient et brutalisent n’est pas vraiment consciente que la condition de nombreux enfants est précaire dans une jungle de pouvoirs et d’égoïsmes qui génèrent peurs, stress, blocages affectifs et inhibitions, inquiétude, anxiété et angoisse, “troubles” somatiques et psychiques. Ou alors, les enfants sont “oubliés” ou niés. Quelques exemples sont particulièrement édifiants.
Lire la suite...Source : n° d’octobre-novembre 2009 du Journal des Educateurs de Jeunes Enfants (EJE)
Avec la création des jardins d’éveil, l’objectif du gouvernement français est officiellement de pallier la faiblesse de l’offre de “garde” pour les enfants de moins de trois ans. Le pays compte en effet à peine un million de places pour 2,4 millions d’enfants concernés. C’est pour répondre à cette insuffisance que Madame Nadine MORANO, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, a promis l’ouverture de 8000 places dans les jardins d'éveil d’ici 2012. En s’abritant derrière l’intérêt de l’enfant (voir plus loin), elle affirme que la création des jardins d’éveil “permet une nouvelle approche en matière de politique d’accueil de la petite enfance dans notre pays”. En créant ces structures, la Secrétaire d’Etat reprend la proposition de la députée Madame Michèle TABAROT dans un rapport remis en 2008 au Premier Ministre, et reprise par les sénateurs Madame Monique PAPON et Monsieur Pierre MARTIN, également en 2008 . Deux arguments majeurs sont avancés :
C'est parti ! Présenté au Conseil des ministres du 14 octobre 2009, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS 2010) est lancé. Il se situe bien dans le prolongement des contre-réformes réalisées depuis 42 ans pour venir à bout du principe de solidarité en matière de santé et protection sociale. Dès le 27 octobre prochain, il passe en délibération au Parlement.
Lire la suite...Source : République et Socialisme
Une atteinte aux droits fondamentaux des personnes âgées est dans les tuyaux du gouvernement. Un projet de décret du ministère du Travail modifie les dotations accordées aux établissements publics et associatifs et prévoit de leur laisser une plus grande liberté pour fixer le tarif hébergement, une des trois composantes du prix de journée, avec les soins et la dépendance. Allons-nous vers un système à deux vitesses ? Cette révision tarifaire est imposée par la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2009. Il s'agit en pratique de laisser la maison de retraite fixer elle-même son prix de journée pour les personnes qui ne bénéficient pas de l'aide sociale.
La question des déficits, de l'Etat et de la Sécurité Sociale et particulièrement de celui de la Sécurité Sociale, est au cœur des débats. Celui de l’Etat est énorme. Les gouvernements européens ont trouvé normal et même nécessaire de dépasser, «pour sortir de la crise », le déficit public (y compris le déficit de la S.S.) toléré, 3% du PIB, par le pacte de stabilité (Maastricht) liant les Etats membres de l’Union Européenne. Dans le même temps, la résorption du déficit de la Sécurité Sociale, et plus particulièrement de celui de l’Assurance Maladie, serait devenue une horreur justifiant la mise en place rapide de dispositifs nouveaux fondés sur l’abandon du principe de Solidarité, pilier du système français. Pourquoi? J’ai voulu apporter des éléments de compréhension et de discussion sur la question des déficits de l’Assurance Maladie et sur l’usage que les néo-libéraux en font, question que je traitai déjà, il y a plus de vingt ans, devant les étudiants du Centre National d’ Etudes de la Sécurité Sociale (CNESS) de Saint-Étienne. Le problème demeure même si le contexte a beaucoup évolué.
Reste qu'il convient de modérer le caractère dramatique du débat.