Les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont présenté conjointement le 13 novembre un document intitulé La réforme de la formation et du recrutement des enseignants, présentant leur nouvelle mouture de la réforme de « mastérisation des concours ».
Par rapport aux projets présentés l’an passé, celui-ci semble donner des assurances aux partisans d’une formation soucieuse du niveau des candidats dans leur(s) discipline(s) et à ceux qui craignaient les effets de la création de « masters d’enseignement ».
Des études scientifiques foisonnent pour asseoir l’inanité pédagogique du redoublement. Nous voudrions montrer au contraire que l’école de l’anti-redoublement est une école d’élèves de passage, d’élèves à qui l'on cherche en douceur à brocanter un savoir trépassé.
Pourquoi un redoublement peut-il être impossible ?
On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire (ces matières seraient maintenues dans un cadre optionnel). Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une Terminale Scientifique (une Terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis senti personnellement interpellé par cette mesure.
Lire la suite...Quelques mois après juillet 1789, la gauche française naît dans le sang versé, celui d’un roi condamné à la guillotine. La République s’est affirmée dans la cruauté, qui est en même temps refus de l’hérédité et gloire à l’affranchissement personnel. Deux siècles plus tard, en juillet 1989, un gouvernement de gauche, par la loi d’orientation sur l’éducation (plus connue sous l’appellation de « loi Jospin »), réintroduit dans l’école le sang, c’est-à-dire la famille, la lignée. Ces deux gestes symboliques (en finir avec la famille royale et oser se gouverner par soi-même, faire des parents des acteurs de la communauté éducative) se répondent l’un l’autre et s’annulent. Car comment ne pas voir dans cette école du sang le signe précurseur d’une école du cens où les enfants (du peuple) n’auront aucun droit à l’émancipation ?
Il n’y a de République que là où l’on sait penser librement. Claude Nicolet
A l'automne dernier, L'Ufal lançait, avec Sauvons l'Université, « l'Appel du 8 novembre 2008 » afin de dénoncer le projet de « masterisation » du métier d'enseignant.
Comme le montre la récente circulaire définissant les modalités de stage des étudiants en master, cette « réforme » est avant tout un moyen de faire des économies : les enseignants-stagiaires qui bénéficiaient d'un véritable statut seront désormais remplacés par des étudiants précaires que l'on gratifiera de 300 euros pour prendre en charge des classes à plein temps, sur une durée de plusieurs semaines (six en collège et en lycée, quatre en primaire). Il y a fort à craindre, par ailleurs, que les « reçus-collés » (étudiants qui obtiendront leur master mais qui seront collés aux concours) constitueront un vivier tout trouvé dans lequel les chefs d'établissement puiseront pour recruter des emplois précaires.
En complément du dossier paru dans le précédent UFAL FLASH, nous vous livrons un témoignage anonymisé provenant de l'Académie de Bordeaux.
Lire la suite...La direction politique de la France est de plus en plus laxiste dans l'application des principes républicains et notamment celui de la laïcité. Dans plusieurs coins de France (Val-de-Marne, Drôme, Ardèche, Bouches-du-Rhône, etc.), l'administration du ministère de l'Education nationale prend comme salles d'examens des lycées privés confessionnels alors qu'il existe des salles non utilisés dans les lycées publics et laisse les signes religieux à l'intérieur des salles d'examens. Dans la plupart des cas, devant les récriminations des enseignants, il remplace les enseignants considérant que l'opinion des enseignants n'est pas suffisamment post-moderne! Dans un seul cas, celui des Bouches-du-Rhône, l'administration a respecté la loi et a fait retirer les signes religieux dans les salles d'examens des lycées privés confessionnels.
Lire la suite...L’UFAL fait partie de ce collectif. La déclaration commune adoptée le 17 juillet marque notre engagement commun. « Nous affirmons qu’une politique publique ambitieuse pour la petite enfance constitue un investissement pour l’avenir. Elle doit permettre à toutes les familles qui le souhaitent d’accéder pour leur enfant à un mode d’accueil de qualité ou à l’école maternelle sans barrière financière. Elle est la première condition pour assurer le droit au travail des femmes…. ».
Lire la suite...L'UFAL analyse l'évolution actuelle du monde comme une invitation à entrer dans un système de marchandisation et de privatisation de toutes les activités humaines, augmentant de façon phénoménale les inégalités sociales et laïques, système animé par une alliance entre les forces néolibérales et les forces communautaristes.
Certains disent que nous exagérons. Et pourtant, c’est visible pour tous ceux qui acceptent de voir la réalité et non la fiction préparée par les présentateurs des médias, véritables prêtres au service de ce "nouveau monde".
L'institution scolaire et le principe de laïcité
C'est à la République que nous devons l'invention de l'école publique. Cette dette est double : la République a non seulement inventé l'école publique comme institution, mais l'a aussi inventée comme concept. En cela, l'école publique n'est pas seulement un objet institutionnel et politique : elle est aussi un objet de pensée. Si l'institution scolaire est tributaire de l'histoire et de ses déterminations contingentes, l'école publique comme objet philosophique est tributaire de principes qui se déploient en vertu de leur seule nécessité et qui articulent une conception du politique à une conception du savoir trouvant son point d'ancrage dans l'épistémologie cartésienne et dans l'encyclopédisme des Lumières.