Laïcité
Par Evelyne Bigou
Dimanche 20 avril 2008
article publié dans la lettre 127
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Pour faire des économies, ce gouvernement a décidé de ne pas renouveler la moitié des postes de fonctionnaires partant à la retraite. Soit. Mais il y procède sans distinction des domaines.
Dans celui de l’enseignement public, cela se traduit par moins d’enseignants, moins d’heures de cours, par la suppression de classes, notamment en maternelle où il ne sera plus possible d’inscrire un enfant avant ses 3 ans révolus.
Or, ce que ne sait pas la grande majorité de nos compatriotes, c’est que la France, bien qu’ayant inscrit la laïcité dans sa Constitution, salarie et subventionne quasiment tout l’enseignement privé sous contrat qui est je le rappelle à 95% confessionnel. Comment ? Par le biais du financement de la formation des professeurs qui y travaillent, du versement de leurs salaires et retraites, par l’octroi de subventions publiques identiques pour chaque élève qui y est scolarisé et de subventions spécifiques pour des aménagements pédagogiques et de locaux. En outre, il existe 2 différences importantes avec le public :
En conséquence, nos impôts serviront de moins en moins à payer les professeurs et services du public, et de plus en plus ceux du privé donc du confessionnel.
Cela revient à dire que l’Etat a choisi de sous-traiter beaucoup plus que par le passé avec le confessionnel, et sans en informer le citoyen. Il s’agit ni plus ni moins qu’un détournement indirect de la destination 1ère de nos impôts : celle du bien public commun à tous. Est-ce cela la démocratie ? Est-ce cela la laïcité ? Bien évidemment, non.
Il est temps de secouer l’inertie de réflexion surtout, d’action ensuite dans laquelle notre société en crise veut nous enfoncer chaque jour davantage. Il n’est jamais trop tard pour modifier et améliorer le cours du destin, ou au moins celui des quinquennats.
par Evelyne Bigou
retraitée de l’enseignement publicvoir tous ses articles