Famille
Par Jean-François Chalot, Monique Vézinet, L'UFAL
Vendredi 13 avril 2007
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Les rapports préparatoires à la Conférence de la Famille 2007, ont été remis au ministre Philippe Bas ce 10 avril. L’Union des Familles Laïques regrette que le champ de la Conférence ait exclu les enfants de moins de 6 ans au motif de l’âge obligatoire de scolarisation. En effet la scolarisation précoce des enfants en France est un acquis auquel, les familles les plus modestes restent très attachées, malgré les restrictions actuelles. Gratuite, garante de mixité sociale et d’éveil au contact de personnels qualifiés, elle contribue à prévenir l’échec scolaire et participe au libre choix de travail des femmes.
Concernant le choix de traiter ensemble des activités périscolaires et parascolaires, on ne peut qu’approuver le souci d’une continuité éducative et la volonté de faire se concerter les divers acteurs sur la base de contrats locaux. Cependant, pour tenir compte de l'inquiétude grandissante des familles quant aux résultats scolaires des enfants, il faut remettre l'Education nationale au centre du dispositif éducatif, en améliorant les programmes et méthodes pédagogiques ; faute de quoi ce seront surtout les enfants de familles défavorisées qui seront victimes de ce que l'école ne fait pas, ou mal.
L'école doit être en pleine capacité d'exercer sa mission au bénéfice de tous, afin que le système scolaire fonctionne sans que les élèves et leurs parents aient recours - après les cours ou pendant les vacances - à des organismes privés ou à des associations caritatives.
A cet égard, l’UFAL est hostile à tout appui public à la performance scolaire par l’intermédiaire du « secteur marchand », notamment aux avantages fiscaux au titre des services à domicile et demande un régime de soutien scolaire gratuit généralisé et public. L’UFAL s’interroge plus généralement sur toute délégation de service public à un « secteur marchand », qui serait la conséquence d’une volonté de privatiser et de marchandiser l’Education nationale et rejette pour cette raison la proposition d’une labellisation de l’offre.
L’UFAL met également en garde contre l’idée, dans le prolongement de la loi Montchamp de 2005 pour l’école, d’intégrer les enfants handicapés, y compris ceux qui relèvent de structures spécialisées, dans des organismes de loisirs qui ne disposeraient pas de moyens et de personnels adaptés.
Si le premier degré – où le temps des enfants est contraint - apparaît relativement riche en dispositifs, les collèges et lycées présentent une situation d’urgence : un récent rapport de l’IGEN estime qu’il faudrait accueillir un million d’élèves en accompagnement à la scolarité au lieu de 200 000 actuellement.
La Conférence de la Famille – focalisée sur les dispositifs existants et les moyens de « bricoler » avec les moyens locaux et le bénévolat – néglige de parler de volonté politique et de moyens à mettre en œuvre au niveau de l’Etat. Outre ceux de l'Education nationale, les budgets des CAF sont au cœur de l’articulation entre mesures éducatives et sociales, et signent une volonté politique de solidarité.
Nous demandons que chaque enfant, citoyen en devenir, ait un droit effectif à des activités périscolaires et extrascolaires émancipatrices pour lui et pour sa famille.
par Jean-François Chalot
Monique Vézinet
L'UFAL
Union des FAmilles Laïques