Santé - Protection sociale
Par L'UFAL, Monique Vézinet
Lundi 12 octobre 2009
Lien permanent vers ce communiqué
L'UFAL constate que la santé des travailleurs est devenue un enjeu de santé publique et un problème sanitaire majeur, tout en changeant de face : il s'agit désormais aussi de santé mentale.
Les récents suicides des personnels de France Telecom ont révélé l'ampleur d'un problème resté jusque-là presque confidentiel. C'est grâce à l'initiative des syndicats SUD et CFE CGC, qui ont créé un "observatoire du stress et des mobilités forcées" au sein de cette entreprise, que cette souffrance au travail et ses conséquences dramatiques ont pu être révélées.
Or les professionnels de la santé au travail voient leurs actions entravées dès lors qu'ils remettent en cause l'organisation du travail. La situation à France Telecom est de ce point de vue édifiante. La direction de cette entreprise a orienté l'activité des médecins du travail vers le dépistage des personnes les plus fragiles. Parallèlement, elle a mis en place en toute illégalité des "cellules d'écoute et d'accompagnement" dont on ne peut que déplorer aujourd'hui le peu d'effet sur le risque psychosocial. Les alertes dès 2007 des professionnels de la santé au travail auprès de la direction de France Telecom mais aussi auprès des autorités de tutelle sont restées lettre morte. Il est temps d'enquêter sur les dysfonctionnements qui ont conduit à ces drames et que les enseignements en soient tirés pour la future réforme des Services de Santé au Travail, aujourd'hui encore, il faut le rappeler, gérés par le patronat.
Si le stress dû au travail se développe en France en lien avec les nouvelles formes d'organisation induites par la financiarisation des entreprises, il faut certainement que celles-ci soient contrôlées et sanctionnées, mais plus globalement la question doit être prise en main par les citoyens et leurs représentants : jusqu'où l'ultra-libéralisme peut-il justifier ce gâchis ?
par L'UFAL
Union des FAmilles Laïques
Monique Vézinet
Présidente de l'UFAL