Famille
Par Christian Gaudray, Bernard Teper, L'UFAL
Vendredi 14 mars 2008
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Chantal Sébire souffre d'un cancer incurable de la face qui l'a rendu aveugle, lui a atrocement déformé le visage, mais qui surtout lui inflige d'insupportables souffrances à tout instant.
Elle n'en peut plus de souffrir et ne veut plus souffrir. Elle demande le droit de partir dignement, c'est-à-dire qu'elle demande en toute conscience qu'un médecin puisse mettre fin à ses jours.
Elle pourrait se faire hospitaliser, accepter d'être plongée dans un coma artificiel et attendre la mort sous des doses massives d'antalgiques. Mais cette femme courageuse affronte sa maladie et refuse l'hypocrisie de la loi Léonetti sur la fin de vie. Elle a décidé de rendre public son calvaire pour dénoncer un processus législatif qui s'est arrêté au milieu du gué. Elle a écrit au Président de la République et elle a décidé de demander à la justice le droit de mourir dans la dignité.
Cette autorisation lui sera refusée car les juges ne peuvent que dire le droit, et le droit français ne permet pas d'accéder à sa supplique.
L'UFAL apporte son soutien à Chantal Sébire et rappelle qu'elle demande une loi qui, comme c'est le cas dans les pays du Benelux, permet d'accéder sous strictes conditions à la demande d'euthanasie de la part de personnes atteintes d'une maladie incurable qui entraîne des souffrances insuffisamment atténuées médicalement et/ou une déchéance qui contrecarre la dignité de la personne malade.
Légaliser, c'est cesser l'hypocrisie face à une pratique qui se déroule quotidiennement dans le secret de la relation familles-médecins, et c'est apporter les garde-fous et permettre les contrôles nécessaires pour éviter toute dérive.
Il faut avoir le courage d'arrêter l'hypocrisie. Ce courage est d'autant plus facile à avoir que les français sont très majoritairement favorables à la légalisation de l'euthanasie. Les prises de position du Premier Ministre et du Ministre de la Justice montrent une fois encore le caractère réactionnaire et doctrinaire de ceux qui nous gouvernent. "Il y a des limites à la souffrance qu'on impose à un être humain", avait dit le Président de la République avant son élection. A lui de peser aujourd'hui pour que ses paroles trouvent une traduction législative.
Nous affirmons la liberté de chacun sur sa propre vie et nous continuerons de mener le combat pour la légalisation de l'euthanasie, qui n'est pas un combat pour la mort, mais un combat pour la dignité.
par Christian Gaudray
Bernard Teper
Président de l'UFAL
L'UFAL
Union des FAmilles Laïques