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Laïcité

Affaire du gite des Vosges : il faut raison garder

Par Bernard Teper, L'UFAL

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De quoi s’agit-il ?

Fanny Truchelut tient un gîte. Deux femmes réservent une chambre. Quand elles arrivent, elles sont voilées… La propriétaire leur demande de ne pas porter le voile dans les parties communes (ce qui revient à les congédier alors que le contrat de location ne stipulait rien de semblable) en expliquant qu’elle ne veut pas de « ces gens-là ». L’une des femmes voilées est une militante et porte plainte. Fanny Truchelut risque 2 ans de prison et 30 0000 euros d’amendes.

Très vite, deux camps se forment sur cette affaire et somment la planète de choisir le sien. Comme si toute réflexion était interdite au-delà de ces deux camps constitués. D’un côté, le communautarisme de gauche et d’extrême gauche animé par la LDH et le MRAP, qui assimile volontiers la libre critique des religions en général, et de la religion musulmane en particulier, avec du racisme et de l’islamophobie. Ce qui est intolérable. De l’autre, l’intégrisme catholique anti-musulman favorable au Choc des civilisations qui, grâce à Philippe de Villiers soutient financièrement le procès et assure sa défense par Me Varaut, ami du précédent. Ce qui est tout aussi intolérable car nous combattons tous les intégrismes, donc aussi l’intégrisme des amis de Philippe de Villiers.

Autant l’UFAL refuse la banalisation de l’épithète « raciste » utilisée par les communautaristes de gauche et d’extrême gauche dans cette affaire comme dans d’autres, autant elle récuse l’instrumentalisation de cette affaire par l’extrême droite catholique.
En fait, il y a dans cette affaire un triple piège :

  • D’abord celui d’estimer que les signes religieux doivent être interdits jusque dans la sphère privée des individus. Pour l’UFAL, la laïcité est séparation de la sphère publique et de la sphère privée. De ce point de vue, les signes religieux doivent être interdits dans la sphère publique en général et dans l’école en particulier - tant par les élèves généralement mineurs que par tous ceux qui exercent un acte d’enseignement ou d’encadrement dans le cadre des activités scolaires (y compris les accompagnateurs des sorties scolaires). Mais la loi n’a pas à les interdire dans la sphère privée (la rue, un gîte privé, etc.). Dans la sphère privée, les règles doivent être connues au moment de l’accord contractuel et n’ont pas à être changées ensuite, comme dans le cas présent. La suppression des signes religieux dans la sphère privée ne relève donc pas de la laïcité.
  • Ensuite celui d’enrôler tous les défenseurs des droits de l’homme et du citoyen dans le soutien des actions liberticides des communautaristes de gauche et d’extrême gauche (directions de la LDH et du MRAP) qui souhaitent limiter l’action de la raison et de la libre critique.
  • Puis celui d’embrigader les laïques et les féministes à la remorque d’une instrumentalisation et d’une croisade par l’extrême droite catholique, toujours prompte à se couler dans la thèse du Choc des civilisations d’Huntington et désignant l’islamisme comme seul intégrisme à combattre.

L’UFAL estime donc qu’il faut raison garder et continuera à promouvoir les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité.

par Bernard Teper
Président de l'UFAL

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Union des FAmilles Laïques

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