Santé - Protection sociale
Par Catherine Jousse, L'UFAL
Jeudi 11 juin 2009
Lien permanent vers ce communiqué
Le 5 juin dernier, les sénateurs de droite ont voté la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST) dite loi Bachelot, alors que la grande majorité des professionnels de santé, les organisations syndicales et de nombreuses associations dont l’UFAL s’opposent à ce qui constitue la casse de l’hôpital public, de la Sécurité sociale et de l’action sociale.
Dans le même temps, la Mutualité française réunie pour son 39ème congrès, recevait en ouverture Nicolas Sarkozy et en clôture de travaux, Roselyne Bachelot.
Force est de constater de fortes convergences, pour ne pas dire une alliance entre le gouvernement et la FNMF pour affaiblir plus encore la Sécurité sociale en organisant les transferts vers les organismes complémentaires (mutuelles, sociétés d’assurances et institutions de prévoyance) ce que d’aucuns traduiront comme une ouverture du marché de la santé aux intérêts privés. Deux orientations de la FNMF illustrent cette dérive.
La première consiste à créer un nouveau secteur conventionnel « dit optionnel » pour les professionnels de santé. En fait ce dispositif traduit la reconnaissance implicite des dépassements d’honoraires et sous-tend à terme un transfert de prise en charge vers les complémentaires santé.
La deuxième va encore plus loin. Il s’agit pour la mutualité de non seulement remettre en cause la prise en charge à 100 % par la sécurité sociale des soins relevant des affections de longue durée, mais aussi d’en confier la gestion totale aux organismes complémentaires. C’est une nouvelle atteinte au principe de solidarité que seule la sécurité sociale est en capacité d’assurer. C’est la volonté affirmée de la mutualité d’être le seul et unique interlocuteur des assurés sociaux en lieu et place de la Sécurité sociale.
Sarkozy et Bachelot ne pouvaient pas mieux attendre :
Au bout du compte, l’addition sera plus lourde pour les ménages, comme l’a rappelé le président du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) : un point de désengagement de la Sécurité sociale équivaut à 6 points de cotisations aux complémentaires.
Après la loi HPST, le gouvernement et la Mutualité viennent d’acter l’ouverture du débat sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui sera débattu à la rentrée. D’ores et déjà la majorité parlementaire cible les arrêts de travail. Salariés et médecins sont à nouveau accusés de spolier la Sécu, d’être la cause de son déficit.
L’intention politique de passer la vitesse supérieure pour assouvir les appétits des marchés financiers est affichée. La bataille d’idées est engagée.
L’UFAL en appelle au rassemblement le plus large, indispensable pour la défense des valeurs, des acquis et des principes de solidarité élaborés par le Conseil national de la Résistance. C’est sur ces bases que nous pourrons reconstruire un système de santé et de protection sociale adapté au XXIe siècle, qui réponde aux nouveaux besoins actuels et à venir.
par Catherine Jousse
Co-responsable du secteur Santé - Protection Sociale de l'UFAL
L'UFAL
Union des FAmilles Laïques