Ecole
Par L'UFAL, Marie Perret
Lundi 24 novembre 2008
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Pour parachever la destruction de l'école publique, il fallait toucher aux concours de recrutement des professeurs. C'est chose faite : la « mastérisation » des concours de recrutement des enseignants va permettre de faire l'économie de postes supplémentaires. Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement qui présente cette mesure comme une façon d'élever les qualifications, la mastérisation va abaisser le niveau des futurs professeurs. Cette mesure est technique. Aussi elle est peu médiatisée. Il importe cependant que l'opinion publique en soit informée : elle ne peut que diminuer les compétences des futurs professeurs et elle affectera par conséquent la qualité de l'enseignement.
Parents d'élèves, élèves, citoyens, ce film vidéo (cliquez sur ce lien) expose en quelques minutes et avec une très grande clarté les tenants et les aboutissants de la mastérisation des concours.
Les professeurs étaient jusqu'ici recrutés à l'issue de concours nationaux exigeants dont la finalité était d'évaluer les compétences disciplinaires des candidats. A l'issue de ces concours, les jeunes professeurs bénéficiaient d'une année de stage rémunérée : ils pouvaient ainsi faire l'expérience de la classe tout en se formant à la pratique de leur métier. La mastérisation fait voler en éclats ce dispositif qui avait le mérite d'articuler théorie et pratique, maîtrise disciplinaire et expérience de la classe. Les futurs enseignants perdront sur les deux tableaux : non seulement cette mesure réduit la partie disciplinaire de la formation des professeurs à sa portion la plus congrue, mais elle supprime également l'année de stage. Les professeurs nouvellement recrutés devraient être ainsi envoyés devant les élèves directement et à plein temps (ce qui permet de faire l'économie de postes supplémentaires). Ils perdront ainsi le bénéfice d'une année de formation rémunérée. Défavorable aux étudiants issus des couches populaires, la mastérisation est finalement synonyme de paupérisation pour tous les futurs enseignants. Cette mesure retarde en effet l'entrée des étudiants dans la vie active et allonge la durée de cotisation pour la retraite. Au vu de l'âge élevé des recrutés actuels, il y a fort à croire que peu d'enseignants pourront atteindre dans de telles conditions le nombre d'annuités suffisantes pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Pour lutter contre cette paupérisation rampante et pour que les futurs enseignants puissent accomplir des études sérieuses dans de bonnes conditions, l'Ufal réclame le rétablissement des IPES. Parce que cette mesure participe au démantèlement de l'école républicaine, l'Ufal a répondu à l'appel du 8 novembre.
Parents d'élèves, élèves, citoyens, soyez nombreux à signer cet appel. Soyez nombreux à refuser la mastérisation des concours de recrutement des enseignants et à affirmer ainsi votre attachement aux concours nationaux, qui garantissent l'égalité républicaine mais aussi la qualité de l'enseignement futur.
par L'UFAL
Union des FAmilles Laïques
Marie Perret
Responsable du secteur Ecole de l'UFAL