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	<title>UFAL – UNION DES FAMILLES LAÏQUES</title>
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		<title>Pour un soutien internationaliste au camp laïque progressiste dans le monde arabo-musulman</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 10:21:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Hakim Arabdiou, Monique Vézinet et Bernard Teper]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Féminisme & Laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[Contrairement à ce qui est dit ici et là, nous vivons l&#8217;émergence d&#8217;un camp laïque progressiste dans nombre de pays arabo-musulmans. Bien évidemment, la nature répressive et corrompue de leurs régimes politiques et les risques mortels que leur font courir également les mouvements islamistes obligent parfois ces groupes à agir dans la clandestinité ou la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Contrairement à ce qui est dit ici et là, nous vivons l&#8217;émergence d&#8217;un camp laïque progressiste dans nombre de pays arabo-musulmans. Bien évidemment, la nature répressive et corrompue de leurs régimes politiques et les risques mortels que leur font courir également les mouvements islamistes obligent parfois ces groupes à agir dans la clandestinité ou la semi-clandestinité.<br />
Mais partout des militantes et des militants, très souvent de gauche, des féministes, des intellectuels ou des démocrates modernistes prennent des positons courageuses en faveur de l’instauration de la laïcité ou du respect absolu de la liberté dans leurs pays.<br />
Quant aux organisations, la constitution du Bureau laïque international (BLI, voir <a href="http://laicity.info/bli/" target="_blank">www.laicity.info</a>) illustre le début de cette émergence. Ainsi, les deux premières rencontres laïques internationales (RLI) de Montreuil (2007) et de Saint-Denis (2009) avaient permis à plusieurs de leurs oratrices et de leurs orateurs d’être visibles en France. La tenue des 3e RLI en 2011 en Belgique en sera encore l&#8217;occasion.<span id="more-1472"></span><br />
Le Parti de la laïcité et de la démocratie (PLD), nouvellement créé en Algérie, et membre du BLI, a publié récemment dans la presse algérienne <a href="http://laicity.info/bli/?p=205" target="_blank">une charte d’une grande clarté en vue de l’instauration de la laïcité en Algérie</a>.<br />
Parallèlement, à l&#8217;émergence d&#8217;un mouvement social laïque progressiste dans les pays arabes et/ou musulmans, le conflit entre certains Etats musulmans et l&#8217;extrême droite islamiste a amené certains Etats à prendre de nouvelles mesures.<br />
Par exemple, la Syrie a interdit le 18 juillet dernier le voile intégral à l&#8217;université. De même que 1 200 enseignantes portant le niqab ont été mutées du ministère de l&#8217;éducation à celui de l&#8217;administration locale.<br />
L&#8217;université Al-Azhar, en Egypte, principale université de l&#8217;islam sunnite, a fait de même en son sein en 2009. Et les étudiantes voilées intégralement n&#8217;ont plus le droit de se présenter aux examens dans trois autres universités de ce pays.<br />
En Palestine, entre la Cisjordanie administrée par l&#8217;Autorité palestinienne et Gaza administré par l&#8217;organisation islamiste Hamas, les situations du point de vue de la laïcité s&#8217;opposent comme le jour et la nuit.<br />
<a href="http://www.lejdd.fr/International/Asie/Depeches/Bangladesh-La-laicite-dans-la-Constitution-174090/" target="_blank">Le Bengladesh s&#8217;apprête à inscrire de nouveau la laïcité dans la Constitution</a>, abrogée par les auteurs du coup d&#8217;Etat militaire de 1975.<br />
Nous pourrions multiplier les exemples.<br />
Alors que certaines organisations de gauche et d&#8217;extrême gauche en France et dans le monde trahissent l&#8217;idéal internationaliste en s&#8217;alliant à des degrés divers avec les islamistes à partir d’un anti-impérialisme dévoyé, d&#8217;autres organisations de gauche et d&#8217;extrême gauche maintiennent le cap de la globalisation des combats démocratiques, laïques, sociaux, féministes et écologistes.<br />
Le 13 septembre 2010 se tiendra à Paris une réunion du BLI, en vue de préparer les 3e Rencontres laïques internationales de 2011. Bien sûr, le monde arabo-musulman ne sera pas le seul concerné par ces rencontres : les intégrismes religieux de tout poil et de tous pays seront à l&#8217;ordre du jour, y compris dans les formes moins apparentes qui prospèrent à l&#8217;abri des démocraties occidentales, et plus particulièrement dans les conséquences qu&#8217;ils comportent pour les femmes et les enfants.<br />
Que ceux qui veulent prêter main forte à ce processus d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, que ceux qui veulent organiser des réunions publiques de soutien au camp laïque et progressiste du monde arabo-musulman, nous écrivent. Nous les contacterons.<br />
Une seule adresse pour nous joindre <a href="mailto:contact@laicity.info">contact@laicity.info</a>.</p>
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		<title>Le réglement intérieur d&#8217;un établissement scolaire public ne peut interdire &#8220;tout couvre-chef&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 10:04:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Charles Arambourou]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Féminisme & Laïcité]]></category>
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		<ufal:articleid>1464</ufal:articleid>
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		<ufal:coauthors><![CDATA[Charles Arambourou]]></ufal:coauthors>
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		<description><![CDATA[Voici une jurisprudence (Cour administrative d’appel de Nancy, 10 juin 2010) qui a réjoui, bien à tort, le professeur Baubérot (opposant bien connu à la loi du 15 mars 2004), mais qui intéressera les vrais laïques, soucieux de concilier ordre public scolaire et respect des libertés. 
Les faits
Une disposition du règlement intérieur du lycée René [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici une jurisprudence (Cour administrative d’appel de Nancy, 10 juin 2010) qui a réjoui, bien à tort, le professeur Baubérot (opposant bien connu à la loi du 15 mars 2004), mais qui intéressera les vrais laïques, soucieux de concilier ordre public scolaire et respect des libertés.<strong> </strong></p>
<p><em><strong>Les faits</strong></em></p>
<p><strong></strong>Une disposition du règlement intérieur du lycée René Cassin, à Nancy, adopté le 27 mai 2004, interdisait « le port de tout couvre-chef ». Une élève, exclue le 15 décembre 2004 pour avoir enfreint cette interdiction, saisit les juridictions administratives, demandant l’annulation de cette décision, ainsi que du règlement intérieur. Déboutée par le Tribunal administratif, elle fit appel auprès de la Cour administrative d’appel (CAA) de Nancy, qui annula partiellement ledit règlement intérieur. Elle se pourvut alors devant le Conseil d’Etat, qui cassa partiellement la décision d’appel, la renvoyant devant la CAA de Nancy. Celle-ci, par un arrêt du 10 juin 2010, annula complètement la disposition citée.<span id="more-1464"></span></p>
<p><em><strong>Une confirmation de la loi du 15 mars 2004</strong></em></p>
<p>Le Conseil d’Etat, statuant en cassation – donc définitivement &#8211; le 6 mars 2010, a <span style="text-decoration: underline;">confirmé l’exclusion de l’élève</span>, considérant notamment « <em>que les conditions dans lesquelles ces coiffures étaient portées étaient de nature à faire regarder l’intéressée comme ayant manifesté ostensiblement son appartenance religieuse ;</em> »<br />
L’exclusion, considère la Haute Juridiction, est conforme à la loi<sup>1</sup> et la Convention européenne des droits de l’homme<sup>2</sup>. <span style="text-decoration: underline;">Il n’y a donc aucun « revirement » dont les laïques auraient à s’inquiéter</span>.</p>
<p><em><strong>Une seule disposition irrégulière annulée : les conséquences</strong></em></p>
<p>En revanche, le Tribunal administratif, confirmé sur ce point par la CAA, n’avait annulé que partiellement la disposition litigieuse du règlement intérieur du lycée Cassin, « <em>en tant qu’elle s’applique dans tout l’établissement et non seulement à l’intérieur des bâtiments scolaires</em> ».<br />
C’est cette partie –et cette partie seulement- de l’arrêt d’appel qui a été cassée. In fine, la CAA a donc annulé dans son ensemble « <em>la disposition du règlement intérieur du Lycée René Cassin (…) prévoyant que le port de tout couvre-chef est interdit</em> » &#8211; et seulement celle-ci.<br />
Victoire à la Pyrrhus : 1° l’exclusion de l’élève est confirmée ; 2° la loi du 15 mars 2004 –norme juridique supérieure à un règlement administratif- continue de s’appliquer, y compris au Lycée René Cassin, et justifierait de nouvelles exclusions dans des cas semblables !</p>
<p><em><strong>Pas d’interdiction « générale et absolue » dans un règlement intérieur</strong></em></p>
<p>La CAA a pris soin de motiver son deuxième arrêt en conformité avec la jurisprudence du Conseil d’Etat :</p>
<p style="padding-left: 30px;">« <em>Considérant (…) que cette disposition institue une <span style="text-decoration: underline;">interdiction permanente</span>, qui prohibe le port de tout couvre-chef, <span style="text-decoration: underline;">indépendamment du fait qu’il est susceptible de manifester ostensiblement une appartenance religieuse</span>, <span style="text-decoration: underline;">en tout lieu de l’établissement, y compris à l’extérieur des bâtiments</span> ; que l’institution d’une telle interdiction (…) excède, alors qu’il n’est pas établi que des circonstances particulières justifiaient une telle mesure, <span style="text-decoration: underline;">ce qui est nécessaire au maintien du bon ordre au sein de l’établissement</span> et <span style="text-decoration: underline;">porte ainsi une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression reconnue aux élèves ainsi qu’à leur droit au respect de leur vie privée</span> ; </em>»</p>
<p>On pourra, à titre subsidiaire, contester la distinction entre « intérieur » et « extérieur » des bâtiments scolaires – qui n’est en rien conforme à la loi ! Néanmoins, on retiendra :</p>
<ul>
<li>Que le juge administratif (jurisprudence classique) n’admet pas que l’administration limite les libertés garanties par la loi de façon « générale et absolue » : elle ne peut le faire qu’eu égard à des « <em>circonstances particulières</em> », sans aller au-delà de ce que l’intérêt général justifie dans l’espace, le temps, le nombre de personnes concernées…</li>
<li>Que les libertés (vestimentaires, et/ou d’expression) reconnues aux élèves (loi Jospin de 1989) ne peuvent être limitées que dans les cas de « <em>signes ou tenues</em> » à la fois religieux et ostensibles (ou portés ostensiblement). Sont donc autorisés : 1) les signes ou tenues religieux non ostensibles ; 2) les signes ou tenues ostensibles non religieux (eût dit Lewis Carroll)&#8230;</li>
<li>Que le règlement intérieur d’un établissement public a l’obligation de « <em>rappelle</em>[r]<em> que la mise en œuvre d&#8217;une procédure disciplinaire est précédée d&#8217;un dialogue avec l&#8217;élève</em> » (Loi du 15 mars 2004), donc de se référer explicitement à ladite loi, à l’interdiction qu’elle édicte et à ses motifs : la laïcité doit s’y afficher !</li>
</ul>
<p>Nos amis laïques, administrateurs, enseignants, parents d’élèves, auraient intérêt à vérifier que tous les règlements intérieurs des collèges et lycées sont, sur ce point, conformes à la loi et à la jurisprudence. L’UFAL est heureuse de mettre les éléments ci-dessus à la disposition de Monsieur le ministre Chatel, pour lui faciliter la rédaction d’une circulaire…</p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt;">Art. L.141-5-1 (V) du Code de l&#8217;Education (l</span></strong><span style="font-size: 10pt;">oi du 15 mars 2004, art. 1<sup>er</sup>) :</span><span> </span><em><span style="font-size: 10pt;">« Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: 10pt;"><span> </span>Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d&#8217;une procédure disciplinaire est précédée d&#8217;un dialogue avec l&#8217;élève. » </span></em></p>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1464" class="footnote">Art. L.141-5-1 (V) du Code de l&#8217;Éducation (loi du 15 mars 2004, art. 1er) : « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d&#8217;une procédure disciplinaire est précédée d&#8217;un dialogue avec l&#8217;élève. »<br />
</li><li id="footnote_1_1464" class="footnote">La jurisprudence en la matière de la Cour européenne des droits de l’homme a été précédemment commentée pour l’UFAL.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L’assurance maladie complémentaire, vecteur de la reproduction des inégalités dans l’emploi</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 09:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Paul Domin]]></dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Alors que depuis 1945 l’assurance‐maladie voyait son rôle grandir dans la couverture des dépenses de santé, les années 1980 ont initié un mouvement de constitution puis d’affirmation d’un marché des régimes complémentaires. Jean‐Paul Domin, économiste de la santé, montre la conséquence de cette évolution : alors que l’assurance‐maladie obéit à une logique salariale de mutualisation transversale aux emplois et aux entreprises, le marché des complémentaires relève, lui, d’une logique de l’emploi, avec de fortes disparités entre chômeurs et occupés, entre cadres et employés, entre petites et grandes entreprises. L’assurance maladie, quand elle se détache du salaire socialisé, dépend davantage de l’emploi. Nous avons ici un exemple de plus du risque encouru lorsqu’on ne fait plus du salaire le support des droits sociaux.</em></p>
<p><em>[Note de la rédaction des Notes de l'IES]</em><span id="more-1459"></span></p>
<p>La loi du 13 août 2004 prône une corégulation du système de santé et renforce le rôle des organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM). La politique dite de “responsabilisation” repose en effet sur la coordination entre le régime obligatoire et les assureurs complémentaires. La loi couronne un long processus de transfert des dépenses vers l’assurance maladie complémentaire (AMC), entamé dans les années 1980 sans qu’aucune concertation n’ait jamais été engagée.<br />
Le désengagement de la Sécurité sociale fait donc de l’AMC un acteur incontournable. Mais, cette évolution ne va pas sans poser certains problèmes dans la mesure où, si une grande partie de la population bénéficie en effet d’une assurance maladie complémentaire, l’accès à une couverture de qualité est fortement corrélé au niveau de vie. Les inégalités inhérentes au marché du travail se reproduisent sur le marché de l’assurance maladie complémentaire.<br />
L’accès à une bonne couverture complémentaire serait‐il devenu un nouveau privilège ?<br />
Le transfert d’une partie croissante de la dépense vers les OCAM renforce leur poids, mais les incite à se concentrer et à se restructurer. Cette évolution renforce la sélection des malades et fragilise les droits de salariés.</p>
<h2>Croissance et restructuration du secteur de l’assurance maladie complémentaire</h2>
<p>Le secteur de l’AMC connaît depuis quelques années un mouvement de transformation marqué par la croissance du volume d’activité et la redistribution des cartes entre les différents acteurs.</p>
<h3>La croissance du secteur de l’assurance maladie complémentaire</h3>
<p>Le secteur de l’AMC fait partie du paysage médical français. Dès 1945, il a la charge de rembourser le ticket modérateur. Progressivement, sa part grandit : en 1960, 30 % de la population a souscrit un contrat contre 69 % en 1980, 86 % en 2000 et 91 % à l’heure actuelle. Jusqu’en 1980, le poids de l’AMC reste faible dans la mesure où la Sécurité sociale n’hésite pas à rembourser les soins. C’est à cette date que la tendance s’inverse. La Sécurité sociale se désengage alors progressivement : création du secteur à honoraires libres en 1980, mise en oeuvre du forfait hospitalier en 1983, déremboursement des médicaments dits de confort en 1987.<br />
Ces différentes réformes se traduisent dans les faits par un transfert vers un financement privé, qu’il soit un OCAM ou qu’il prenne la forme d’un reste‐à‐charge pour les ménages. En 1995, les OCAM financent 12,2 % de la dépense de santé. À cette date, le reste‐à‐charge pour les ménages en représente 9,6 %. Entre 1995 et 2008, la structure du financement de la santé s’est modifiée. La part de la Sécurité sociale a diminué passant de 77,1 % à 75,5 % de la dépense de santé. En revanche, en 2008, la part des assurances complémentaires s’élève à 13,7 %, soit 23 milliards d’euros.<br />
Cette tendance sur une période de moyenne durée doit cependant être analysée plus finement. Si de 1995 à 2004, la part de la Sécurité sociale dans le financement de la dépense de santé est restée relativement stable, l’équilibre s’est modifié depuis en faveur des OCAM. La réforme de l’assurance maladie du 13 août 2004 a largement contribué à ce déplacement. La loi a en effet favorisé une nouvelle répartition des rôles entre les assurances maladie obligatoire et complémentaire. La création de l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie (UNOCAM) associe de facto ces organismes à la réforme en délimitant la part de la Sécurité sociale, celle de l’AMC et le reste à charge pour les ménages. La réforme de 2004 est d’autant plus importante qu’elle transfère des pouvoirs du président de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) vers un nouvel organisme : l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), dont le directeur est nommé par décret et l’autorité renforcée. Avec la réforme, les OCAM sont désormais associés à la gestion du panier de soins.<br />
Enfin, la part restant à la charge des ménages s’est accrue passant de 8,3 % en 2004 à 9,4 % en 2008, alors qu’elle avait diminué de 1995 à 2004. Cette évolution est une des conséquences directes de la réforme de 2004 dans la mesure où certaines dépenses ne sont prises en charge ni par la Sécurité sociale, ni par les OCAM. C’est notamment le cas pour : la participation forfaitaire d’un euro pour chaque consultation, la majoration du ticket modérateur pour les assurés sociaux ne respectant pas le parcours de soins, le déremboursement de certains médicaments au service médical rendu insuffisant ou encore les franchises mises en place sur des postes dynamiques de dépenses (boîtes de médicaments, actes d’auxiliaire médical, transports, …). La mise en place d’une participation des assurés de 18 euros (pour des actes lourds) en 2007 a également participé à l’accroissement de la part de financement des OCAM.</p>
<h3>La restructuration du secteur : l’adaptation aux contraintes de marché</h3>
<p>Le transfert d’une partie des dépenses sur les OCAM n’est pas sans conséquences sur le développement du secteur et la modification des frontières entre les acteurs. Ce marché connaît en effet depuis quelques années une croissance forte due au transfert de charges et aux augmentations tarifaires. Trois acteurs dominent aujourd’hui le marché : les mutuelles, les institutions de prévoyance et les compagnies d’assurance. Les mutuelles sont des structures à but non lucratif régies par le Code de la Mutualité. Les institutions de prévoyance, également à but non lucratif, fonctionnent sur la base d’une gestion paritaire par des représentants des salariés et des employeurs. Réglementées par le Code de la Sécurité sociale, elles sont spécialisées dans les contrats collectifs, mais autorisées depuis 1994 à proposer des contrats individuels. Enfin, les sociétés d’assurance sont régies par le Code des Assurances. Bien que la plupart d’entre elles soient à but lucratif, des sociétés d’assurance mutuelles à but non lucratif persistent dans leur activité. Le secteur a profondément évolué sous l’influence des lois françaises et des directives européennes, accélérant de facto la mise en concurrence des OCAM.<br />
Le marché représentait en 2006 27,4 milliards d’euros de primes collectées, soit 12 % du chiffre d’affaires total du secteur de l’assurance. Ce marché connaît, en raison du transfert d’une part croissante de la dépense de santé vers les OCAM, une croissance forte dont le rythme a cependant diminué, passant de 10,8 % en 2004 à 5,4 % en 2007. En 2009, les mutuelles dominent encore le marché avec 56 % des cotisations collectées. Elles sont suivies par les compagnies d’assurance (27 %) et les institutions de prévoyance (18 %).<br />
Mais, si les mutuelles dominent encore le marché, elles perdent tous les ans entre 0,1 et 0,2 point de parts de marché au profit des compagnies d’assurance dont la part de marché progresse au rythme annuel de 0,7 point. Les institutions de prévoyance sont elles aussi en phase de régression avec une diminution de leurs parts de marché au rythme annuel de 0,4 point. Depuis 2001, la part des sociétés d’assurance s’est accrue de 5,8 %, principalement au détriment des mutuelles.<br />
La croissance du secteur a accéléré les mouvements d’alliance et de regroupement. La concentration permet en effet de réaliser des économies d’échelle, mais également de renforcer les positions face aux nouveaux entrants. Le secteur mutualiste a connu ces dernières années une phase de concentration. En 1973, 8 635 entités se partageaient un marché de 25 millions d’assurés. En 2006, elles ne sont plus que 1 996 sur un marché de 38 millions d’assurés. Le marché de la complémentaire santé connaît, depuis le début des années 2000, un processus de concentration caractérisé par la diminution du nombre d’entités, mais également par l’augmentation de la part des groupes consolidés. En 2008, les six principaux groupes consolidés dépassent le milliard d’euros d’assiette déclarée, soit 25 % de la complémentaire santé.<br />
La concentration s’accompagne d’un développement des stratégies d’alliance des mutuelles entre elles, mais également avec des institutions de prévoyance et des sociétés d’assurance. Cette stratégie permet de conquérir des marchés nouveaux, d’étendre la gamme des produits et de réduire les coûts de gestion par une mutualisation des activités.<br />
Les institutions de prévoyance ont connu un mouvement similaire pour des raisons différentes. L’objectif est de proposer une offre de produits sante‐prévoyance‐vie en mettant en commun des moyens (plates‐formes techniques, centres d’appel, …). En dix ans, le nombre des institutions de prévoyance a réduit de moitié passant en 1996 d’une quarantaine à une vingtaine de groupes en 2006. Enfin, les assureurs ont développé une stratégie de conquête du marché en s’appuyant sur des acteurs déjà présents (achat de mutuelles et d’institutions de prévoyance, développement de la réassurance, …). Les transformations dans le secteur de l’assurance maladie complémentaire ont donné naissance à des entités regroupant des structures régies par des droits différents. Ainsi, les distinctions juridiques entre les acteurs ont‐elles tendance progressivement à s’estomper.<br />
Enfin, les directives européennes ont imposé aux OCAM de revoir leur règles comptables et prudentielles. Ces règles dites Solvency exigent des organismes complémentaires un minimum de solvabilité, les obligent à augmenter leurs réserves prudentielles et les contraignent à la création d’un fonds de garantie.</p>
<h2>Les répercussions sur les assurés sociaux</h2>
<p>Les transformations en cours dans le secteur de l’AMC ne sont pas sans conséquence sur les assurés sociaux. Elles se caractérisent notamment par une spécialisation sur les risques qui se traduit in fine par une fragilisation des droits sociaux.</p>
<h3>Une sélection cachée des risques</h3>
<p>Le secteur de l’AMC attirerait, selon la théorie économique, une forte proportion d’individus dont la propension à consommer des soins serait plus importante. La loi interdisant la sélection des risques, un des moyens de la détourner légalement repose sur la différenciation des risques. En d’autres termes, si la loi interdit aux OCAM d’exclure les mauvais risques (malades chroniques, personnes âgées, …), elle ne les empêche pas, par le biais d’une politique commerciale, d’inciter les bons risques à souscrire un contrat.<br />
Les OCAM proposent trois types de formules. Les contrats collectifs obligatoires en constituent la première forme. Ils sont réglementés et doivent respecter un certain nombre d’obligations (l’ensemble des salariés doivent être concernés, les garanties s’appliquent à tous, le calcul des cotisations est uniforme, …). Pour ce type d’opération, l’assureur doit compenser les mauvais risques par une proportion plus importante de bons risques. Les contrats individuels, quant à eux, ne sont soumis à aucune contrainte réglementaire. Les opérateurs, ne pouvant ici compenser les risques, les utilisent avec des pratiques de différenciation des risques. Enfin, les contrats collectifs facultatifs sont à la frontière des deux premiers. Ils sont peu réglementés et proposent plusieurs options de remboursement. Les trois quarts du chiffre d’affaires de l’activité santé des mutuelles et 70 % de celui des compagnies d’assurance proviennent de la gestion de contrats individuels. En revanche, 77 % du chiffre d’affaires des institutions de prévoyance sont liés à la gestion de contrats collectifs.<br />
Un autre moyen d’attirer les bons risques consiste à se spécialiser sur des populations cibles. Si la part des moins de 24 ans est assez proche pour chacune des trois structures, les assurés de plus de 60 ans sont plutôt concentrés autour des mutuelles. Dans le même temps, certains organismes se sont spécialisés vers de bons risques par l’intermédiaire de contrats à ristourne. L’exemple du contrat double effet des Mutuelles du Mans assurance (MMA), structure régie par le Code des assurances, est tout à fait éloquent. L’assuré souscrit un contrat d’assurance avec une majoration de la cotisation d’environ 15 % capitalisée par l’opérateur. Dans le cas où sa consommation reste faible, la compagnie lui rétrocède la moitié de la surprime capitalisée. En revanche, s&#8217;il connaît de graves ennuis de santé, la somme capitalisée reste au profit des MMA. Les initiateurs de cette opération pensent qu’elle est susceptible, d’une part, d’attirer un nouveau type de clientèle, d’autre part de limiter les comportements dépensiers.<br />
D’autres OCAM préfèrent développer une offre ciblée vers certaines populations. C’est le cas, pour une compagnie d’assurance (groupe Swiss life) qui vient de lancer plusieurs types de contrats : les “astucieuses” avec un taux de couverture à hauteur de 100 ou 150 % du tarif conventionnel, un remboursement à hauteur de 30 % du prix des médicaments quel que soit le niveau prévu par la Sécurité sociale et les “avantageuses”, destinées aux familles à revenu modeste. Swiss life propose également un contrat réservé aux personnes âgées de plus de 65 ans qui ne peuvent souscrire les contrats précédents en raison des limites d’âge. La différenciation des risques et la spécialisation sont un moyen de sélectionner les assurés et participent ainsi de la désocialisation du système.</p>
<h3>La fragilisation des droits sociaux</h3>
<p>La sélection des risques conduit inéluctablement au développement des inégalités. Celles‐ci s’ajoutent à celles existantes sur le marché du travail. Si l’accès au secteur de l’AMC s’est généralisé en quelques années, cette généralisation masque des inégalités dans la mesure où l’accès est fortement corrélé au niveau de vie des ménages. En 2003, 21 % des individus appartenant aux 20 % des ménages les plus pauvres ont déclaré ne bénéficier d’aucune couverture complémentaire. Si un chômeur a trois fois plus de risques qu’un salarié en emploi de ne bénéficier d’aucune couverture complémentaire, l’inactif a une probabilité 1,6 fois plus grande d’en être écarté [Marical, Saint‐Pol (de), 2007].<br />
Cette situation a conduit les pouvoirs publics à mettre en place des mécanismes correcteurs. Le premier, la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) offre à ses bénéficiaires une couverture gratuite et complète du reste‐à‐charge. Le second, l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, cible les ménages dont les revenus sont légèrement supérieurs au seuil de la CMUC. Ce mécanisme se présente sous la forme d’un bon d’achat et limite les effets de seuil générés par la CMUC. Mais, ce dispositif reste massivement non utilisé dans la mesure où seulement 10 % des bénéficiaires potentiels en profitent. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ce non‐recours : manque d’information, lourdeur de la démarche, reste‐à‐charge trop important [Perronnin, 2009, p. 387‐392].<br />
Les inégalités sont également présentes dans certaines entreprises où les contrats des cadres sont différents de ceux des autres catégories. Dans les entreprises proposant au moins un contrat d’assurance maladie complémentaire à leurs salariés, les cadres bénéficient généralement d’un bon contrat. Ils sont 29 % à bénéficier d’un contrat avec de meilleures garanties en optique et 15 % à avoir accès à un contrat avec de bonnes garanties en dentaire. À l’inverse, les non-cadres sont seulement 18 % à bénéficier des premiers et 12 % des seconds. Dans les entreprises offrant des contrats différenciés selon les catégories sociales, les inégalités sont encore plus marquées : 48 % des cadres bénéficient de contrats à fortes garanties (en optique et en dentaire) contre 18 % des non‐cadres [Francesconi, Perronnin, Rochereau, 2006]. Enfin, les salariés des grandes entreprises sont généralement couverts par une meilleure AMC que les autres.<br />
Des inégalités semblables existent entre contrats individuels et collectifs. Les premiers sont plus souvent des contrats d’entrée de gamme, les seconds sont majoritairement des contrats de haut de gamme offrant des garanties deux à trois fois supérieures à celles des contrats standards. Les inégalités sociales y sont également présentes : les cadres sont plus souvent couverts par un contrat collectif que les ouvriers (76 % contre 50 %) alors que ceux‐ci souscrivent majoritairement (41 % contre 24 %) des contrats individuels [Arnould, Vidal, 2008]. Pour ces derniers, l’effort financier des ménages est plus important dans la mesure où la tarification est calculée en fonction de l’âge et est indépendante du revenu. En l’absence d’aide financière, la contribution des ménages qui disposent de moins de 800 euros par personne et par mois dépasse 10 % du revenu total, alors qu’il est de moins de 3 % pour les ménages dont le revenu est supérieur à 1 867 euros par mois et par personne.<br />
La qualité des garanties des contrats d’AMC varie en fonction du niveau de revenu et du milieu social de l’assuré.<br />
Dans cette perspective, la prise en charge des dépassements d’honoraires est assez significative de ces inégalités. Cette pratique est devenue courante chez beaucoup de médecins et sa prise en charge n’est plus considérée comme illégitime par la mutualité. Mais, les contrats d’AMC restent variables.<br />
Globalement, les dépassements d’honoraire sont pris en charge pour un tiers de la population. Mais, contrat par contrat, les garanties sont très disparates et vont d’une absence totale à une prise en charge complète du dépassement. Les contrats collectifs sont, une fois de plus, plus favorables. Plus de deux tiers d’entre eux les couvrent partiellement ou totalement. En revanche, seulement 17 % des contrats individuels prennent en charge les dépassements.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p>Le recours croissant aux OCAM les a incités à se restructurer et à modifier leur mode d’intervention. Certains opérateurs signent des protocoles d’accord avec des professionnels de soins (dentistes, médecins généralistes…) et incitent leurs adhérents à les fréquenter en proposant des barèmes de remboursements plus avantageux. La Cour de cassation, dans un arrêt du 18 mars 2010 a condamné la MGEN pour ce type de pratique au motif qu’un opérateur ne pouvait pas prévoir différents niveaux de prestation pour des cotisations identiques. Il est évident que des pratiques commerciales comme celle‐ci sont significatives d’un déplacement des valeurs au sein des OCAM.<br />
Plus généralement, le recours à l’AMC pose des problèmes d’égalité d’accès aux soins. En effet, si la part couverte de la population ne cesse d’augmenter, les contrats proposés vont du meilleur au plus mauvais. Les inégalités du marché du travail sont ainsi reproduites, sur le marché de l’assurance maladie complémentaire. Les salariés en emploi ont généralement plus de chances que les chômeurs de bénéficier d’une couverture santé. Les cadres en particulier ont la possibilité d’être couverts par un contrat avec de bonnes garanties, ce qui n’est pas toujours le cas pour les non-cadres.<br />
L’accès a une complémentaire de qualité est donc devenu désormais un privilège dû à la position dans l’emploi.<br />
Cette situation est aggravée par la part croissante du reste à charge des ménages qui correspond à 9,4 % de la dépense de santé, soit le retour à un niveau proche de celui de 1995. La mise en place d’une politique d’incitations (participation forfaitaire, franchises…) à partir de 2004 a pesé sur la situation des plus fragiles et a entraîné des renoncements aux soins que les correctifs (aides à l’acquisition d’une complémentaire santé, …) n’arrivent pas résoudre. La persistance de ces inégalités devrait inciter à repenser la répartition des rôles entre la Sécurité sociale et les OCAM.</p>
<p><em>Source : Les notes de l’Institut Européen du Salariat &#8211; n°14 &#8211; juin-juillet 2010 &#8211; ies-salariat.org<br />
</em></p>
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		<title>La CMU charité ne résout pas l&#8217;injustice faite aux plus pauvres</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 09:22:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Teper]]></dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Toutes les réformes régressives qui ont lieu depuis 43 ans ont comme conséquence d&#8217;augmenter les inégalités sociales de santé et donc de dissoudre à chaque fois un peu plus le principe de solidarité, principe de solidarité dont la définition est ?à chacun selon ses besoins et chacun doit y contribuer selon ses moyens?. La première conséquence de ces réformes régressives est que nous allons de jour en jour vers un système qui fonctionne selon le slogan ? à chacun selon ses moyens financiers? . Mais les auteurs de ces réformes régressives eux-mêmes, conscients de leurs conséquences néfastes, essayent de les minimiser en utilisant à la place du principe de solidarité défini plus haut l&#8217;outil de la charité qui vise à maintenir, voire à faire prospérer, les inégalités sociales par des mesures de communautarisme social, avec des droits attachés à la qualité de pauvres.<span id="more-1453"></span><br />
La CMU et la CMU-C correspondent à cette politique de charité institutionnalisée. Pour nous, le principe républicain de solidarité demande la suppression de la CMU et de la CMU-C et son remplacement par l&#8217;accès à la prévention et aux soins de qualité pour tous sans effet de seuil remboursés par la Sécu à 100 % pour les soins utiles et nécessaires.<br />
Avec 2,1 millions de bénéficiaires à fin mars, les effectifs de la CMU de base ont progressé de 4,7 % depuis décembre 2009, constate le fonds CMU dans sa revue trimestrielle.<br />
Passons à l&#8217;analyse de la CMU-C pour montrer qu&#8217;elle est incapable de résoudre le problème des inégalités croissantes de santé. Une récente étude de l&#8217;Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) vient de montrer le lien entre le montant de l&#8217;acquisition d&#8217;une complémentaire santé (ACS) et le nombre de bénéficiaires (<a href="http://www.irdes.fr/Publications/2010/Qes153.pdf" target="_blank">http://www.irdes.fr/Publications/2010/Qes153.pdf</a>).<br />
Pour comprendre les résultats de l&#8217;étude, rappelons que, depuis janvier 2005, l&#8217;aide à l&#8217;acquisition d&#8217;une complémentaire santé (ACS) permet d&#8217;alléger le coût de la couverture complémentaire pour les ménages dont le revenu ne dépasse pas le seuil de la couverture maladie universelle (CMU) de plus de 20 %.<br />
L&#8217;enquête montre que, malgré des montants &#8220;non négligeables&#8221; (proches de 50 % du coût du contrat moyen en 2006), le dispositif &#8220;ne semble pas susciter une forte demande&#8221;, précisant que 240 659 attestations ont été utilisées en novembre 2006, 329 549 en novembre 2007 et 441 948 en novembre 2008 pour une population d&#8217;éligibles estimée à environ 2 millions de personnes en 2005.<br />
Bien qu&#8217;une des causes avancées reste le sempiternel manque d&#8217;information, grand argument des néolibéraux pour masquer l&#8217;échec en terme de santé publique de toutes les réformes régressives dans le domaine de la santé, les auteurs avancent aussi une autre cause: celle de l&#8217;insuffisance du montant de l&#8217;ACS. Ils montrent que pour ceux dont le revenu est compris entre 600 et 700 euros (éligibles à l&#8217;ACS), lorsque le prix de la complémentaire est subventionné à plus de 90 %, la proportion d&#8217;acheteurs est de 100%. Ils prédisent que même avec une meilleure information, il n&#8217;y aurait pas plus de 55 % d&#8217;acheteurs de complémentaires santé. Les auteurs préconisent plutôt le relèvement du seuil d&#8217;éligibilité à la CMU-C plutôt qu&#8217;une hausse du montant de l&#8217;ACS.<br />
Leur proposition améliorerait un peu les choses car le seuil actuel situé en dessous du minimum vieillesse (MV) et de l&#8217;allocation adulte handicapé prive certaines personnes âgées et handicapées du dispositif.<br />
Mais la lecture de l&#8217;étude montre bien qu&#8217;améliorer n&#8217;est pas résoudre. Pour résoudre définitivement le problème, il conviendrait, contrairement aux conclusions de l&#8217;étude, de changer de paradigme et, en lieu et place du dispositif CMU-CMU-C et ACS, de réaliser l&#8217;accès à la prévention et aux soins de qualité pour tous, sans effet de seuil, et remboursés par la Sécu à 100 % pour tous les soins utiles et nécessaires.</p>
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		<title>Dépendance : la FNMF persiste et signe dans sa proposition ambigüe de privatisation et de marchandisation du secteur</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 09:20:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Nous mettons en gras nos remarques sur les propositions de la Mutualité française.
La Mutualité Française propose cinq principes :

La couverture contre le risque de perte d&#8217;autonomie doit être universelle, généralisée et la plus large possible. L&#8217;engagement budgétaire de l&#8217;Etat doit être important, même si naturellement l&#8217;Etat et les administrations publiques ne pourront pas tout financer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous mettons en <strong>gras</strong> nos remarques sur les propositions de la Mutualité française.</p>
<p>La Mutualité Française propose cinq principes :</p>
<ul>
<li>La couverture contre le risque de perte d&#8217;autonomie doit être universelle, généralisée et la plus large possible. L&#8217;engagement budgétaire de l&#8217;Etat doit être important, même si naturellement l&#8217;Etat et les administrations publiques ne pourront pas tout financer seuls (<strong>et pourquoi donc l&#8217;État ou la Sécu ne pourrait pas le faire ?</strong>).</li>
<li>L&#8217;intervention d&#8217;opérateurs privés (<strong>donc les firmes multinationales des assurances et de la bancassurance et les instituts de prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy</strong>), en particulier de mutuelles, devra sans aucun doute être envisagée. L&#8217;intervention de ces opérateurs devra respecter des règles et s&#8217;inscrire notamment dans un cadre partenarial cohérent avec l&#8217;intervention de l&#8217;État (<strong>partenariat public-privé pour privatiser les profits et socialiser les pertes</strong>).</li>
<li>Les organismes complémentaires proposeront des rentes viagères(<strong>comme le préconise le rapport de la mission parlementaire présidée par la députée de la droite néolibérale Valérie Rosso-Debord</strong>) qui devront être complétées par des offres de service et des actions de prévention.</li>
<li>Les bénéficiaires de contrats dépendance annuels devront pouvoir disposer de la même protection que les bénéficiaires de contrats dépendance viagers.</li>
<li>L&#8217;État devra déterminer des mécanismes de provisionnement permettant de gérer l&#8217;incertitude dans l&#8217;évolution du risque de perte d&#8217;autonomie (<strong>comprendre que  le privé a le droit au bénéfice mais pas aux pertes pour lesquelles l&#8217;État doit tout prévoir comme dans le renflouement des banques spéculatrices après le krach bancaire et financier de septembre 2008</strong>).</li>
</ul>
<p>Rien de nouveau sous le soleil estival. Les sociaux-libéraux qui dirigent la Mutualité française ont bien partie lié avec les néolibéraux de la droite néolibérale, des patrons des firmes multinationales des assurances et des instituts de prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy.</p>
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		<title>Retraites : &#8220;il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 13:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Teper]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;utilisation de cette citation de Jean Jaurès dans &#8220;Etudes socialistes&#8221; se justifie par l&#8217;importance de la contre-révolution néolibérale opérée par la gouvernance mondiale (patronat des firmes multinationales, dirigeants des firmes multilatérales et régionales, G7 et administration étasunienne) depuis le Consensus de Washington en 1979, dans toutes les activités humaines mais principalement dans le domaine de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;utilisation de cette citation de Jean Jaurès dans &#8220;Etudes socialistes&#8221; se justifie par l&#8217;importance de la contre-révolution néolibérale opérée par la gouvernance mondiale (patronat des firmes multinationales, dirigeants des firmes multilatérales et régionales, G7 et administration étasunienne) depuis le Consensus de Washington en 1979, dans toutes les activités humaines mais principalement dans le domaine de la protection sociale.<br />
L&#8217;ampleur du processus de démantèlement de la protection sociale solidaire réalisé en France par les différentes réformes régressives depuis 43 ans en général et depuis 23 ans sur le dossier des retraites nous impose deux constats :</p>
<ul>
<li>que toute petite amélioration concrète, même si elle est toujours &#8220;bonne à prendre&#8221; ne résoudra en rien l&#8217;étendue du désastre créé,</li>
<li>qu&#8217;à la contre-révolution néolibérale orchestrée par le turbocapitalisme, il faut préparer une révolution républicaine visant à instituer les neuf principes républicains bafoués par le turbocapitalisme. Et en ce qui concerne la protection sociale, instituer le principe de la solidarité : &#8220;à chacun selon ses besoins, chacun y contribuant selon ses moyens&#8221; en remplacement du principe néolibéral &#8220;à chacun selon ses moyens&#8221;.</li>
</ul>
<p><span id="more-1436"></span></p>
<p>Donc il faut répondre avec comme pratique centrale les mobilisations à front large, mais tout en ayant en tête l&#8217;espoir que seule peut porter une nouvelle radicalité.<br />
Une des faiblesses de l&#8217;actuel front large contre la réforme régressive des retraites provient du fait qu&#8217;une partie des opposants utilisent le même paradigme de pensée que les &#8220;réformateurs&#8221; du gouvernement. Il convient de dire que pour certains, c&#8217;est en toute bonne foi, et que cela touche bien sûr les sociaux-libéraux mais aussi une partie de la gauche antilibérale et altermondialiste.<br />
Et que pour les sociaux-libéraux, il ne faut pas seulement avoir en tête les partis politiques mais aussi le monde associatif et surtout mutualiste.</p>
<p>Il ne suffit pas de défendre le système de répartition contre la capitalisation<br />
Deux marqueurs de cette confusion peuvent être rappelés :</p>
<ul>
<li>la croyance que le recul progressif de la Sécurité sociale au profit des régimes complémentaires (des firmes multinationales assurantielles et bancassurantielles, des instituts de prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy et des mutuelles) n&#8217;a pas d&#8217;influence sur le niveau de solidarité de la protection sociale,</li>
<li>la croyance qu&#8217;il faut simplement défendre le système de répartition contre la capitalisation.</li>
</ul>
<p>Et cela pour deux raisons :</p>
<ul>
<li>l&#8217;ensemble des complémentaires santé ont partie liée depuis la construction de l&#8217;Union nationale des organisations complémentaires de la Sécurité sociale (UNOCAM) lors de la contre-réforme régressive de Douste-Blazy en 2004. La Fédération nationale de la mutualité française jouant le rôle d&#8217;apprenti-sorcier et de cheval de Troie de ses compagnons dans l&#8217;UNOCAM ;</li>
<li>la politique néolibérale ne porte pas au remplacement de la répartition par la capitalisation mais à l&#8217;accroissement de la partie en capitalisation, avec le maintien d&#8217;une majorité de la retraite en répartition, mais selon le mode du revenu différé avec neutralité actuarielle<sup>1</sup>. Donc le slogan &#8220;défendons la répartition contre la capitalisation&#8221; est un slogan erroné et démobilisateur.</li>
</ul>
<p>Pire encore, la retraite par répartition selon le mode du revenu différé avec neutralité actuarielle augmente les inégalités sociales de retraites par rapport aux inégalités sociales existantes lorsque les salariés sont sous la coupe d&#8217;un employeur.<br />
Cela est vrai pour la très grande majorité des chômeurs, des précaires mais aussi des femmes. En fait cela fait beaucoup de monde, plus de la majorité des salariés. Par exemple, les inégalités de revenus entre hommes et femmes sont de 22 % pour les salaires et de 38 % à la retraite ! Et cela malgré les mesures de charité institutionnalisée comme la majoration de la durée d&#8217;assurance (MDA) permettant à toute femme ayant eu des enfants d&#8217;avoir deux années de cotisation &#8220;gratuites&#8221; par enfant élevé.<br />
Le fond de l&#8217;affaire est qu&#8217;un système de profonde inégalité, même mâtiné d&#8217;un peu de charité plus ou moins institutionnalisée, ne résout pas les injustices générées par le système lui-même. Arrêtons donc de demander toujours plus de charité, ce que font la droite néolibérale, la gauche social-libérale et une partie de la gauche antilibérale !<br />
Et comme Galilée qui après sa rétractation pour sauver sa tête aurait dit : &#8220;Et pourtant elle tourne&#8221; en parlant de la rotation de la Terre autour du Soleil, nous pouvons dire dans l&#8217;affaire des retraites : &#8220;et pourtant, la base du système solidaire existe déjà&#8221; !</p>
<h3>Le salaire et la retraite comme salaire socialisé lié à la qualification</h3>
<p>Dans la retraite par répartition avec le mode du revenu différé avec neutralité actuarielle (le montant total des retraites doit être égal aux cotisations versées), le droit est lié au montant des cotisations effectuées : &#8220;j&#8217;ai cotisé donc j&#8217;ai des droits afférents à mes cotisations&#8221;.<br />
Dans la retraite par répartition avec le mode du salaire socialisé lié à la qualification, le droit est lié à la qualification : &#8220;j&#8217;ai une qualification donc j&#8217;ai un droit&#8221; ! Dans ce cas, la retraite socialisée de chaque salarié n&#8217;est pas liée au montant des cotisations qu&#8217;il a versées.<br />
Prenons quelques exemples :</p>
<ul>
<li>A la création de l&#8217;Agirc (retraites complémentaires des cadres du privé), si les cadres avaient opté pour le revenu différé avec neutralité actuarielle, ils auraient dû attendre longtemps avec des années de retraites insignifiantes. Mais ils ont opté pour la retraite lié à la qualification et dès la première année, ceux qui n&#8217;avaient pas cotisé ont touché leurs retraites plein pot financées par les actifs ! Cela n&#8217;a pas entraîné de catastrophe et c&#8217;est pourtant la fin du monde que nous annoncent la droite néo-néolibérale, les médias et les bonnes âmes de &#8220;gôche&#8221; toujours prêtes à faire croire qu&#8217;elles ont compris l&#8217;enjeu !</li>
<li>Le statut des fonctionnaires règle la retraite par une moyenne sur les 6 derniers mois de traitement et donc pas sur le montant des cotisations mais sur la qualification acquise. Voilà d&#8217;ailleurs pourquoi il faut défendre la retraite des fonctionnaires et demander que ce système soit étendu par une harmonisation par le haut et non par le bas, comme suggéré par les différents populismes abrutissants !</li>
</ul>
<p>Bien évidemment, dans ce mode du salaire socialisé lié à la qualification, la hiérarchie des salaires et retraites (qui devient donc, comme le dit Bernard Friot &#8211; en particulier dans <a href="http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/retraites%C2%A0-un-changement-de-paradigme/911" target="_blank"><em>L&#8217;enjeu des retraites </em></a>-, un salaire continué) doit être délibérée. Par exemple de 1 à 3, de 1 à 4 ou de 1à 5. Dans l&#8217;esprit du Conseil national de la Résistance, la délibération devait être celle de représentants élus des assurés sociaux. Rappelons que la dernière élection à la Sécu a eu lieu en 1983 sous le gouvernement Mauroy, que le gouvernement Rocard a décidé de ne pas les reconduire et que le gouvernement Juppé a supprimé de la loi cette mesure du Conseil national de la Résistance&#8230;<br />
De plus on cesserait de réclamer plus de charité pour les femmes qui subissent une injustice qui n&#8217;a jamais été résolue par les mesures de charité, fussent-elle institutionnalisées. Nous aurions alors la base d&#8217;un féminisme républicain qui tournerait le dos au féminisme essentialiste demandant systématiquement des compensations charitables qui ne résolvent jamais l&#8217;injustice !<br />
Idem pour les chômeurs et les précaires. Leurs retraites ne seraient pas liées aux trimestres de cotisations mais à leur qualification.<br />
La base du projet de révolution républicaine qui porterait le dépassement du capitalisme existe déjà ! Ceci est d&#8217;importance car beaucoup de militants et d&#8217;organisations souhaitent souvent réinventer l&#8217;eau chaude ! Dans cette perspective, la base du mode de formation du salaire et donc de la retraite, mais aussi de la libération du salarié de la valeur travail et de la subordination à un employeur existe déjà! Et c&#8217;est heureux! Car comme le disait Antonio Gramsci, le neuf ne peut surgir que s&#8217;il préexiste déjà ici et là! On n&#8217;a jamais connu de transformation sociale créée ex nihilo n&#8217;en déplaise aux &#8220;gauchistes&#8221;, ces malades infantiles du communisme si on m&#8217;autorise la reprise modifiée d&#8217;un titre d&#8217;un livre de Wladimir Ilitch Oulianov alias Lénine !</p>
<p>Eh oui, suppression de la valeur travail qui institue la soumission et organise le salaire comme la somme nécessaire à la production et à la reproduction de la force de travail. Eh oui, suppression de la soumission du citoyen à l&#8217;employeur par le contrat de travail. Eh oui, suppression du syndicalisme d&#8217;adaptation qui &#8220;cherche un repreneur&#8221; lorsque l&#8217;entreprise est en difficulté, comme si la servitude volontaire était l&#8217;apanage du syndicalisme ! Eh oui, suppression des employeurs remplacés par des entrepreneurs qui dirigeraient l&#8217;entreprise dans ses objectifs et sa stratégie mais qui n&#8217;auraient plus la possibilité de soumettre le salarié à l&#8217;employabilité et au salaire lié à l&#8217;emploi !<br />
Bien évidemment, le lecteur verra bien là qu&#8217;il est nécessaire d&#8217;aller plus loin pour construire un projet émancipateur et que ce sera l&#8217;objet d&#8217;autres articles. Mais la piste est tracée et l&#8217;espoir peut renaître autour de ce projet crédible qui s&#8217;appuie sur le neuf déjà existant !<br />
Mais attention, même certaines organisations antilibérales et altermondialistes pensent qu&#8217;ils peuvent construire l&#8217;avenir uniquement en promouvant le système à prestations définies versus le système à cotisations définies. Le premier est meilleur que le second mais n&#8217;est pas à la hauteur des enjeux comme l&#8217;est le salaire (et donc la pension) socialisé lié à la qualification. Il y a donc loin de la coupe aux lèvres même dans certains secteurs de la gauche antilibérale et altermondialiste.<br />
C&#8217;est pourquoi, à l&#8217;instar de Jean Jaurès, nous devons avoir le courage <strong>&#8220;de chercher la vérité et de la dire&#8230;&#8221; Et &#8220;de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques&#8221;.</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1436" class="footnote">Le revenu différé avec neutralité actuarielle correspond au processus  visant à ce que, pour chacun, la somme des retraites obtenues soit égale  à la somme des cotisations payées.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>H1N1: la gabegie au poste de commande pour satisfaire les firmes pharmaceutiques multinationales</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 13:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Teper]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La grande majorité des &#8220;experts&#8221; sont sous influence. François Autain, président de la mission sénatoriale sur cette soi-disant pandémie le dit pour ceux qui ont rédigé &#8220;les lignes directrices&#8221; des préconisations de l&#8217;Organisation mondiale de la santé (OMS). Des noms circulent Osterhaus, Hayden, etc.
A noter que pour l&#8217;OMS aujourd&#8217;hui, le niveau d&#8217;alerte pour la grippe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La grande majorité des &#8220;experts&#8221; sont sous influence. François Autain, président de la mission sénatoriale sur cette soi-disant pandémie le dit pour ceux qui ont rédigé &#8220;les lignes directrices&#8221; des préconisations de l&#8217;Organisation mondiale de la santé (OMS). Des noms circulent Osterhaus, Hayden, etc.<br />
A noter que pour l&#8217;OMS aujourd&#8217;hui, le niveau d&#8217;alerte pour la grippe H1N1 est toujours de 6, soit le niveau d&#8217;alerte maximale! On croit rêver! De quoi décrédibiliser l&#8217;OMS !<span id="more-1433"></span><br />
1 milliard de doses ont été livrées dans le monde pour 200 millions d&#8217;utilisées. Super pour les quatre labos concernés choisis sans &#8220;concurrence libre et non faussée&#8221; chère aux néolibéraux! A 7 euros la dose, faites le compte! De plus, en France la campagne de vaccination a coûté plus de 600 millions d&#8217;euros, soit plus de 100 euros la vaccination, c&#8217;est-à dire beaucoup plus cher que si les médecins et infirmières de ville et des hôpitaux l&#8217;avaient réalisée !<br />
La Pologne n&#8217;ayant pas vacciné et la Suède ayant vacciné 60 % de la population ont eu des résultats similaires. De quoi décrédibiliser la vaccination en général qui a pourtant apporté de grandes avancées pour la santé publique!<br />
Toutes les structures françaises ad hoc ont été court-circuitées: le Comité de lutte contre la grippe, le Haut conseil de la santé publique, le comité technique de la vaccination. Pire, dans la synthèse du rapport d&#8217;activité 2009 de la Haute autorité de la santé, pas un mot sur la grippe H1N1, on croît rêver!<br />
Résultat : en France, un stock de 34 millions de traitements antiviraux pour 500.000 utilisés alors que son efficacité est largement contesté par de nombreux médecins. Un achat de 94 millions de doses de vaccins pour 6 millions administrés. Aucune clause d&#8217;adaptation de la commande dans le contrat (contrairement à l&#8217;Espagne), ce qui va obliger l&#8217;Etat français à indemniser en plus les firmes multinationales. 12 millions de doses de vaccins seront périmées en octobre 2010 et plusieurs millions de vaccins ont été jetés.<br />
Deux conclusions : bravo pour l&#8217;action du lobby pharmaceutique et la preuve par neuf que les dirigeants actuels de la France préfèrent défendre les intérêts des multinationales que de promouvoir la santé publique !</p>
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		<title>Sida en Afrique : retard dans les études et les traitements et incertitude quant au financement</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 13:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Teper]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La 18ème conférence internationale sur le sida qui s&#8217;est terminé le vendredi 23 juillet 2010 a permis d&#8217;apprendre que l&#8217;Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) prévoit de lancer en 2011 une grande étude en Afrique du Sud sur une population d&#8217;environ 40.000 personnes vivant dans la province du KwaZulu-Natal, randomisées en deux groupes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La 18ème conférence internationale sur le sida qui s&#8217;est terminé le vendredi 23 juillet 2010 a permis d&#8217;apprendre que l&#8217;Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) prévoit de lancer en 2011 une grande étude en Afrique du Sud sur une population d&#8217;environ 40.000 personnes vivant dans la province du KwaZulu-Natal, randomisées en deux groupes, d&#8217;une part des villages où tous les VIH+ seront traités quel que soit leur taux de CD4, d&#8217;autre part des villages où ils le seront selon les recommandations actuelles de l&#8217;OMS (mise sous trithérapie à 350 CD4/mm3).<span id="more-1430"></span></p>
<p>Cette stratégie de &#8220;Treatment as Prevention&#8221; (TasP) consisterait à traiter tous les patients VIH+ quel que soit leur taux de CD4, avec l&#8217;objectif de réduire l&#8217;incidence d&#8217;infection. Elle est considérée comme l&#8217;un des possibles outils de lutte contre la maladie dans les pays en développement.<br />
D&#8217;après le professeur Bernard Hirschel, responsable de l&#8217;unité VIH des hôpitaux universitaires de Genève : &#8220;Les gens traités avec succès ne sont plus infectieux. Si on traitait tout le monde, il n&#8217;y aurait plus de nouvelles infections&#8221;. De plus, la population ferait l&#8217;objet d&#8217;un programme de prévention, avec notamment distribution de préservatifs et offre de circoncision pour tous.</p>
<p>Malheureusement, ce projet n&#8217;est toujours pas entièrement financé sur fonds publics et les promoteurs pourtant publics vont être obligés d&#8217;aller chercher le solde dans le privé. Quand on connaît les sommes qui ont servi à renflouer les banques privées spéculatrices suite au krach bancaire et financier de septembre 2008, on reste pantois. Où est l&#8217;Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ce dossier ?</p>
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		<title>Financement des hôpitaux : le mauvais exemple allemand</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 13:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Un Collectif]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Dr Anne Gervais, Pr André Baruchel, Pr André Grimaldi (Paris) ; Dr Nils Bölke, Dr Thorsten Schulten (Dusseldorf), Dr Ordrun Schuler (Tecklenburg)
Un an après son vote controversé, la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) commence à entrer en application. Efficience et rentabilité sont dorénavant les maîtres mots du management hospitalier. Chaque hôpital doit d&#8217;abord [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Par Dr Anne Gervais, Pr André Baruchel, Pr André Grimaldi (Paris) ; Dr Nils Bölke, Dr Thorsten Schulten (Dusseldorf), Dr Ordrun Schuler (Tecklenburg)</em></strong></p>
<p>Un an après son vote controversé, la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) commence à entrer en application. Efficience et rentabilité sont dorénavant les maîtres mots du management hospitalier. Chaque hôpital doit d&#8217;abord et avant tout équilibrer son budget. Or le budget n&#8217;est plus déterminé depuis 2009 que par le &#8220;tarif des maladies prises en charge et des actes médicaux réalisés&#8221;. C&#8217;est l&#8217;application de &#8220;la tarification à l&#8217;activité&#8221; (T2A). Un pays en Europe a déjà réalisé cette mutation pour le financement de ses hôpitaux : l&#8217;Allemagne.<span id="more-1428"></span><br />
Comme en France, le nombre d&#8217;hôpitaux et de lits d&#8217;hospitalisation, en Allemagne, a connu une importante diminution dans la dernière décennie, mais tous les secteurs d&#8217;hospitalisations n&#8217;ont pas été touchés d&#8217;égale façon : si entre 2004 et 2008 le nombre d&#8217;hôpitaux publics de soins aigus est passé de 671 à 571, les cliniques, quant à elles, voyaient leur nombre croître de 444 à 537. Alors qu&#8217;en 1991 les hôpitaux publics constituaient 46 % des hôpitaux, ils n&#8217;étaient plus que 32 % en 2009, tandis que les établissements privés, eux, passaient de 15 % à 30,6 %, et les hôpitaux privés à but non lucratif passaient de 39 % à 37,5 %. Jusqu&#8217;à la fin des années 1990, la privatisation concernait essentiellement les petits hôpitaux mais depuis 2000 les gros hôpitaux publics, notamment les CHU, ont été touchés. Ainsi, les hôpitaux de la ville de Hambourg ont été vendus en 2005, les CHU fusionnés de Giessen et Marburg l&#8217;ont été en 2006.<br />
Jusqu&#8217;à la T2A, le financement des hôpitaux en Allemagne était assuré par un système dual : frais de fonctionnement à la charge de l&#8217;assurance maladie avec un système de forfait journalier, frais d&#8217;investissement à la charge des Länder. L&#8217;application de la T2A, à la place des forfaits journaliers, a mis en faillite la plupart des hôpitaux publics : le rapport 2008 de la Krankenhaus Rating Report signalait qu&#8217;en 2008 un tiers des hôpitaux étaient dans le rouge. Le déficit était estimé à 2,2 milliards d&#8217;euros. Comme en France, l&#8217;essentiel de la dépense des hôpitaux étant constitué des frais de personnels (65 %), des économies ont été massivement effectuées sur ce poste de dépenses : les dépenses de personnel ne représentent maintenant que 60 % des frais. D&#8217;une façon générale, la charge de travail des employés est supérieure dans le privé par rapport au public : plus de lits par employés (+30 % par médecin). Dans le même temps, la durée moyenne de séjour a été abaissée (de 10 jours en 1998 à 8 jours en 2008), intensifiant d&#8217;autant le travail. Le manque de personnel est une cause de mécontentement général des patients.</p>
<p><strong>MECONTENTEMENT DES PATIENTS, INSATISFACTION DES SOIGNANTS</strong><br />
Par ailleurs les salaires dans les hôpitaux ne sont plus fixés par les tarifs de la fonction publique, mais dans chaque hôpital, élargissant la fourchette de la grille des salaires pour les soignants. Tous les employés de la santé ont vu leurs salaires baisser en passant dans le privé sauf les médecins chefs de services et leurs adjoints ayant des fonctions managériales. Il faut signaler que ces modifications des conditions de travail et de rémunération ont entraîné une grève &#8220;historique&#8221;, la première depuis trente ans, chez les médecins des hôpitaux publics et communaux. Pire encore, depuis quelques années le départ des médecins hospitaliers vers la Suisse, la Scandinavie et dans des cabinets privés provoque une véritable pénurie à l&#8217;hôpital. Cet exil et cette pénurie commencent également à toucher les soignants non médicaux.<br />
La résistance à la privatisation est maintenant croissante dans la population : en 2004, un référendum à Hambourg a retardé d&#8217;une année la vente des hôpitaux, 77 % des votants s&#8217;étant exprimés contre la vente. Des collectifs &#8220;<em>Gesundheit ist keine Ware</em>&#8221; (la santé n&#8217;est pas une marchandise) se sont créés. Car pour les patients, les dysfonctionnements sont nombreux : outre le manque de personnel, la diminution de durée des séjours et les sorties prématurées sont la cause de réhospitalisations encombrant d&#8217;autant plus les urgences qu&#8217;elles doivent se faire dans un autre hôpital que l&#8217;hôpital du premier séjour (au risque sinon que le deuxième séjour ne soit pas &#8220;rémunéré&#8221; car dépendant du premier séjour). Ainsi, on assiste à une explosion des transferts d&#8217;hôpitaux à hôpitaux (+50 % entre 2001 et 2006). Enfin, la T2A ne semble pas efficace pour maîtriser les coûts : les dépenses de santé par habitant sont très voisines en France et en Allemagne (3601 dollars par an en France, 3588 en Allemagne, d&#8217;après l&#8217;OCDE en 2007) et, si les dépenses publiques de santé baissent en Allemagne (passage de 79 % de la dépense publique à 77 % entre 2000 et 2007), la participation directe des ménages est, elle, en hausse : passage de 11 % à 13 % de participation à la dépense sur la même période.<br />
Source de mécontentement pour les patients, source d&#8217;insatisfaction pour les soignants, les nouvelles modalités de fonctionnements des hôpitaux allemands semblent donc n&#8217;avoir apporté un bénéfice clair et croissant qu&#8217;aux actionnaires du secteur privé de la santé. Pourquoi faut-il que la France suive cet exemple ?</p>
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		<title>La &#8220;commedia&#8221; de l&#8217;allocation de rentrée scolaire (ARS) : on en rirait si les inégalités sociales éducatives n&#8217;étaient en jeu</title>
		<link>http://www.ufal.info/famille/famille-communiques-de-presse/la-comedia-de-lallocation-de-rentree-scolaire-ars-on-en-rirait-si-les-inegalites-sociales-educatives-netaient-en-jeu/1423</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 12:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[l'UFAL]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[2,9 millions de familles défavorisées (10 millions d&#8217;enfants de 16 à 18 ans) perçoivent cette allocation sous condition de ressources pour un montant allant de 280,76 euros à 306,51 euros suivant l&#8217;âge de l&#8217;élève.
Remarquons d&#8217;abord que l&#8217;allocation reste bloquée au niveau de l&#8217;année dernière. Et qu&#8217;au lieu de débattre sérieusement, la majorité de gouvernement tente [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>2,9 millions de familles défavorisées (10 millions d&#8217;enfants de 16 à 18 ans) perçoivent cette allocation sous condition de ressources pour un montant allant de 280,76 euros à 306,51 euros suivant l&#8217;âge de l&#8217;élève.</p>
<p>Remarquons d&#8217;abord que l&#8217;allocation reste bloquée au niveau de l&#8217;année dernière. Et qu&#8217;au lieu de débattre sérieusement, la majorité de gouvernement tente de détourner l&#8217;attention des citoyens et de leurs familles du sujet principal : ne plus accepter des inégalités sociales éducatives entre élèves (par exemple, pour des familles plus défavorisées, une rentrée scolaire en seconde professionnelle coûte deux fois plus cher qu&#8217;en seconde d&#8217;enseignement général).</p>
<p>Acte I, le député UMP Edouard Courtial propose de remplacer l&#8217;ARS par des bons d&#8217;achats ; acte II, la proposition est de suite écartée par la secrétaire d&#8217;État Nadine Morano. Cacophonie ? cette dernière se donne le beau rôle, tandis que, dans les coulisses, la pièce est déjà jouée ! Dès juin dernier, le ministère de l’Éducation nationale, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, ainsi que les distributeurs des grandes enseignes ont déjà signé, pour la troisième année consécutive, un accord d’engagement sur le prix de certaines fournitures scolaires. Ce lobbying bien installé va permettre à certains de décerner un satisfecit à l&#8217;action gouvernementale avec des chiffres non contrôlés et qui de toute façon ne portent que sur une partie des coûts que les parents ont à engager pour la rentrée de leurs enfants.</p>
<p>De plus, la grande majorité de ceux-ci n&#8217;est même pas au courant de cette liste (la transparence, l&#8217;efficacité de la communication du gouvernement ne vont pas jusque-là !) et beaucoup fréquentent des magasins ne dépendant pas de ces enseignes, etc.</p>
<p>Nous réitérons donc nos analyses sur le système actuel et notre proposition visant à diminuer les inégalités sociales éducatives :</p>
<ul>
<li>la simple modulation en fonction de l&#8217;âge est insuffisante, il faudrait pour le moins tenir compte du type d&#8217;établissement (notamment professionnel et technique) ;</li>
<li>le coût de la rentrée devrait être contrôlé démocratiquement et sur tous les territoires par un organisme de l&#8217;État avec la possibilité de préciser les fournitures concernées et de réfléchir aux moyens de mutualiser et d&#8217;optimiser les prix d&#8217;achat, notamment par des systèmes d&#8217;appels d&#8217;offres ;</li>
<li>car notre proposition est que l&#8217;école de 6 à 18 ans doit être laïque et GRATUITE en totalité.</li>
</ul>
<p>Voilà ce qui devrait constituer un droit pour tous et donc la fin du système actuel où les familles défavorisées cumulent toutes les inégalités sociales : éducatives, de santé, d&#8217;espérance de vie, de salaire, etc. D&#8217;une façon générale, l&#8217;école doit être un droit partout et pour tous et le financement de cette école doit être levé par l&#8217;impôt en fonction des revenus et du patrimoine, selon un barème progressif.</p>
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