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Divorce de ses 82 épouses pour se conformer à la chari’a

Pour se conformer avec la Charia
Un Nigérien accepte de divorcer d’avec 82 de ses épouses

Un Nigérien, âgé de 84 ans, a accepté sous la menace de bannissement de divorcer d’avec 82 de ses 86 femmes pour se mettre en règle avec la loi islamique qui n’autorise que quatre épouses, a rapporté hier l’agence locale NAN. Mohammadu Bello Masaba, habitant de Nupeland dans l’État central du Niger, “a accepté samedi soir de ne garder que quatre épouses pour se conformer avec le Saint Coran”, écrit l’agence. L’un des plus importants conseils islamiques du pays, le Jamatu Nasr il Islam (JNI), avait lancé le 21 août un arrêt de mort contre le polygame. Mais les autorités locales avaient décidé de lui accorder un délai de deux jours pour se mettre en conformité avec la loi ou, à défaut, de quitter le territoire de l’État. Les procédures de divorce vont commencer dimanche, précise l’agence.

Source : Liberté Algérie

France : La reconnaissance du foetus - grave menace sur l’avortement

Polémique sur le statut du foetus

(paru dans l’Humanité, le 26 août 2008)

Droit . La parution de deux décrets autorisant l’inscription sur le livret de famille de foetus mort-nés inquiète les organisations féministes.

Une parution discrète qui va faire du bruit. Vendredi dernier, deux décrets ont été publiés au Journal officiel, autorisant les parents de foetus mort-nés à les inscrire à l’état civil, sans délais minimal de gestation, et, nouveauté, à les mentionner, avec leur prénom, dans le livret de famille. Ces textes réglementaires permettent donc de déclarer une mort anténatale, quel que soit le niveau de développement de l’embryon ou du foetus. Officiellement, il s’agit d’accompagner le deuil des quelque 5 000 couples qui perdent, chaque année, un futur enfant. Mais pour beaucoup cette publication en catimini est un pas de plus vers la reconnaissance juridique des foetus.

Décision controversée

L’affaire remonte à 2005. À l’époque, trois couples saisissent en même temps la cour d’appel de Nîmes (Gard) pour obtenir une « déclaration d’enfant sans vie ». Le rejet de leurs demandes est alors motivé par une circulaire ministérielle parue en 2001 conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci préconise que la reconnaissance de la mort ne puisse se faire qu’à partir de vingt-deux semaines de gestation et à condition que le foetus pèse au moins 500 grammes. Seulement voilà : en février dernier, la Cour de cassation annulera la décision de la cour d’appel de Nîmes et donnera raison aux plaignants. À la surprise générale. Argument principal : l’article de référence du Code civil, datant de 1993, ne fait pas mention de ces dispositions…

Menace sur le droit à l’avortement

Les deux décrets entérinent maintenant cette décision controversée. Provoquant - un peu plus - l’inquiétude des associations féministes qui dénoncent le flou entretenu entre les statuts d’embryon, de foetus et d’enfant. Pour Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le planning familial, ces décrets sont tout bonnement « catastrophiques ». « Ils érigent des projets d’enfants en personnalité, y compris dans les délais légaux de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) », souligne-t-elle.

L’association reproche, par ailleurs, à ces textes de faire de la souffrance une norme. « Cette décision permet d’entériner le statut de victimes des couples ayant perdu un embryon ou un foetus, et par là même, de montrer du doigt ceux qui choisissent l’IVG ou qui ne souhaitent pas afficher leur souffrance par un biais légal. »

Au-delà des considérations éthiques, les associations tirent la sonnette d’alarme et insistent sur le danger que ces textes font courir au droit à l’avortement. Marie-Pierre Martinet souligne ainsi le rôle des associations proches des mouvements « pro-vie », qui ont appuyé les familles lors du pourvoi en cassation. Pour Sabine Salmon, présidente de l’association Femmes solidaires, c’est encore plus clair : « Sous couvert d’apaiser la peine des familles, ces décrets ouvrent la porte à la remise en cause de l’IVG. »

Quatre jeunes détruisent des distributeurs de préservatifs par conviction religieuse

Quatre jeunes, qui agissaient par “conviction religieuse” catholique, ont été interpellés jeudi à Pau alors qu’ils éventraient des distributeurs de préservatifs et jetaient leur contenu, a-t-on appris de source policière.

Les quatre jeunes, âgés de 20 à 24 ans, tous frères ou cousins d’une même famille en vacances à Jurançon, à côté de Pau, ont été arrêtés en flagrant délit dans le centre de Pau dans la nuit de mercredi à jeudi, a précisé la police.

Armés de pieds-de-biche, ils arrachaient les distributeurs de préservatifs, les éventraient et jetaient leur contenu dans les poubelles de la voie publique.
Alertée par des témoins, la police les a interpellés au moment où ils s’acharnaient sur la quatrième proie de leur soirée.

Ils se sont présentés comme des “catholiques fervents” et ont déclaré avoir agi “par “conviction religieuse, contre l’avortement et la contraception” , selon la police.
Les quatre jeunes, qui ont avoué avoir mené une première action similaire le 17 juillet dernier, assurent qu’ils remettaient à leur paroisse les pièces de monnaies récupérées dans les distributeurs.

Ils ont été remis en liberté dans l’attente de leur comparution, le 19 janvier 2009, devant le tribunal correctionnel de Pau.

Source : La Croix

Compte rendu du meeting Féministe & Laïque à Rome

L’IFE (Initiative Féministe Européenne) a organisé les 31 mai et 1er juin 2008, à la Maison Internationale des Femmes à Rome - tout près du Vatican - un meeting européen sur le thème “Féministes pour une Europe laïque”.

Cette rencontre a rassemblé plus de 100 militantes féministes de 20 pays d’Europe et du Moyen Orient.

Dans le contexte actuel de régression générale des droits et des libertés, dont sont principalement victimes les femmes, ces témoignages nombreux, riches, étayés, souvent émouvants, ont montré à toutes combien l’action est nécessaire pour parvenir à une législation européenne harmonisée sur les lois les plus avancées en matière de droits des femmes, et en particulier fondée sur la laïcité qui, en séparant rigoureusement les religions du politique, nous protégera des intégrismes religieux et des lobbies conservateurs. Condition sans doute pas suffisante mais pouvant constituer un socle sur lequel s’appuyer.

Les témoignages ont montré combien le patriarcat est encore bien ancré en Europe , et les liens étroits qu’il entretient avec le fondamentalisme religieux et l’ultra-libéralisme.

Les Eglises et organisations religieuses lancent une offensive sans précédent contre les droits que les femmes croyaient avoir conquis ,après tant de luttes au cours du siècle écoulé : l’IVG est contesté dans de nombreux pays - y compris en France malgré les lois existantes – les gouvernements ou des élus locaux cèdent devant des demandes émanant de communautés au nom de préceptes religieux ou prétendus tels : non-mixité dans des cours à l’école, dans des piscines, repas spéciaux dans des cantines scolaires , problèmes dans des hôpitaux, etc. Nombreux sont ceux qui acceptent l’idée de “relativisme culturel”. Nous devons être bien conscients qu’il s’agit d’une offensive tous azimuts d’ordre politique, et seule l’application de la laïcité - qui sépare strictement le religieux du politique - peut y faire barrage, partout en Europe .

C’était l’objet de cette rencontre. Il s’agit maintenant de travailler encore - des groupes sont constitués - pour faire pression sur les élus à tous les niveaux, en vue des élections européennes de 2009. Des textes ont été préparés précisant les points essentiels sur lesquels il faut “se battre”. Grâce à l’enthousiasme qui régnait à la Maison des Femmes à Rome, nous sommes reparties pleines d’énergie !

Catherine Lefèvre, présidente de l’UFAL Aix-Marseille

(une des déléguées du Collectif 13 Droits des Femmes)

Appel au lynchage d’un musulman

L’acteur égyptien, Adel Imam, est accusé de s’être converti au christianisme à cause de son film, Hassan et Marcos, qui a pour but de promouvoir la coexistence entre musulmans et coptes. Selon le Journal Chrétien, une campagne a été lancée sur Facebook par deux groupes. L’un avec le slogan “appel à tous les musulmans, boycottez le chrétien Adel Imam” et l’autre avec “boycottez le nouveau film d’Imam”. L’accusation d’apostasie n’implique pas seulement l’appel au boycott mais constitue une incitation au meurtre, selon le même journal.

Rachida Dati bientôt reçue par le pape

Ce  mercredi 2 juillet, la garde des Sceaux fera l’aller-retour Paris Rome dans la journée. Dans la matinée, elle assistera à la messe donnée par le pape Benoît XVI, avant d’avoir un entretien privé d’une dizaine de minutes avec le Saint Père.

Elle en avait formulé le souhait lors de sa participation, le 8 mai dernier, à la fête de Jeanne d’Arc à Orléans.

Ensuite, après une rencontre avec son homologue italien pour préparer la présidence française de l’Union européenne, Rachida Dati déjeunera avec  les femmes ministres du gouvernement de Silvio Berlusconi.

Puis, en fin de journée, ce sera le retour place Vendôme, où elle présidera une réunion des premiers présidents et procureurs généraux près les cours d’appel.

Gilles Gaetner

Source : l’Express

POLOGNE : LOI « ANTI-AVORTEMENT » EN PRATIQUE

Parmi nombre de textes de loi quotidiennement bafoués en Pologne par les institutions censées veiller à leur bonne application, une place à part est réservée à la loi « anti avortement » datant de 1993. Depuis, pendant plusieurs années l’Eglise catholique et les gouvernements successifs ont tout fait pour que ceux qui devaient l’exécuter ne la connaissent pas et pour que les femmes ignorent leurs droits et n’exigent pas leur respect. Après 37 ans de la liberté de decider sur leur maternité les femmes en Pologne ont perdu en pratique leurs droits.

Comment est-elle donc, cette fameuse loi ? Mauvaise et restrictive, certes, mais avant tout, même ainsi tronquée elle n’est pas respectée, et cela depuis son entrée en vigueur. En pratique, cette loi ne concerne que les femmes désargentées. Les viols n’arrivent pratiquement jamais aux femmes qui tendent à travers la vitre de leur voiture le pilote pour ouvrir leur garage ; ce sont surtout celles qui rentrent à pied de leur travail tard le soir qui se font violer. Ce sont ces dernières qui, lorsqu’elles signalent le viol à la police ou à l’hôpital, ne reçoivent pas la pilule du lendemain à laquelle elles ont théoriquement droit. Ce sont celles qui n’ont pas assez d’argent pour avorter dans un cabinet privé et qui doivent lutter contre maintes difficultés bureaucratiques pour obtenir du procureur, dans les délais, l’attestation de viol – pourtant prévue par la loi – qui leur permettrait d’avorter gratuitement.

En général les Polonais savent que l’avortement est autorisé par la loi dans trois cas :

- lorsque la grossesse représente un danger pour la santé ou la vie de la femme

- lors d’une grande probabilité que l’embryon est atteint d’une tare grave et irréversible ou porteur de maladie pouvant mettre sa vie en danger

- lorsque la grossesse est le résultat d’un délit (viol, rapports incestueux, grossesse d’une jeune fille de moins de 15 ans, etc…)

Par contre, l’écrasante majorité croit que l’avortement n’est autorisé que jusqu’à la 12ème semaine. Or, ce délai ne concerne que la grossesse résultant d’un délit et c’est justement cela qui est scandaleux. Imaginons une jeune fille de quatorze ans qui pendant 12 semaines ne se serait même pas rendu compte qu’elle était enceinte. Chaque année nous avons en Pologne des cas où des fillettes de 12 ans sont obligées d’accoucher, alors que – toujours en accord avec la loi – la grossesse avant l’âge de 15 ans résulte dans tous les cas d’un délit, même si les rapports sexuels se sont passés sans violence. En pratique les procureurs s’abstiennent de délivrer l’attestation nécessaire

pour avorter officiellement, bien que la loi stipule qu’il suffit d’un soupçon raisonnable que la grossesse fait suite à un acte délictueux.

Lorsque la grossesse représente un danger pour la santé ou la vie de la femme, la loi ne prévoit aucune limite pour l’avortement. Ce qui est logique, ce danger pouvant apparaître à chaque étape de la grossesse et même au cours de l’accouchement lui-même. Qui plus est, ici la loi laisse à la femme seule la décision. Dans un tel cas, le médecin doit mettre au courant la future mère des résultats des examens et des risques encourus. Il doit aussi délivrer à la demande de la femme une attestation que la grossesse représente une menace pour sa santé (physique, mais aussi psychique) ou carrément un danger pour sa vie. La loi exige que le médecin qui délivre une telle attestation ne soit pas le même que celui qui se chargera de l’intervention, le second n’ayant pas le droit de remettre en question les conclusions de son confrère. Seul le médecin qui constate un risque immédiat pour la vie de la femme peut procéder lui-même à l’avortement.

Ce point de la loi est, lui aussi, volontairement ignoré de façon permanente. Le cas le plus connu est celui d’Alicja Tysiac qui aurait dû pouvoir avorter pour raisons thérapeutiques, le risque de perte complète de la vue ayant été constaté. Après des années de lutte vaine devant les tribunaux polonais elle est finalement allée jusqu’au Tribunal de Strasbourg qui lui a donné raison en condamnant la Pologne. J’ai posé la question à Mme Tysiac : était-elle consciente que dans sa situation l’avortement pouvait être autorisée sans limite d’avancement de grossesse ? Non, elle ne l’était pas. Au contraire, elle était convaincue qu’au-delà de la 12ème semaine aucun médecin ne pouvait plus lui délivrer l’attestation nécessaire. Personne n’a pris la peine de l’instruire sur ses droits. Qui sait comment les choses se serait-elles passées si elle avait eu pleinement conscience de ce que la loi lui garantissait ? La sentence du Tribunal de Strasbourg rend l’Etat polonais responsable de ne pas avoir appliqué la loi en vigueur en Pologne et, surtout, de l’absence des procédures d’appel dans les cas de refus d’avorter.

La médecine n’est pas l’arithmétique – la limite entre le menace pour la santé et la menace pour la vie n’est pas toujours évidente. Il existe des cas de contraventions à la loi sur l’avortement qui sont en eux-mêmes des crimes. La tragédie d’Agata Lamczak, jeune femme de 25 ans, en est un exemple : elle est décédée (un mois après la mort du foetus), car on lui a refusé le traitement de sa maladie en raison de craintes pour la santé de l’embryon. Elle-même et sa famille a demandé l’avortement, en vain. D’avril à septembre 2004 dans plusieurs cabinets médicaux et trois hôpitaux on a rien épargné à cette jeune femme, ni les souffrances du traitement inapproprié, ni humiliations. C’est probablement le cas le plus spectaculaire, mais malheureusement un des nombreux dans son genre.

La loi ne précise pas de quels risques pour la santé de la femme il s’agit, il semblerait donc évident que sa santé psychique n’en est pas exclue. La dépression et le désespoir de la femme peuvent être causés par sa situation matérielle désastreuse : manque d’argent ou manque de toit, abandon par son partenaire, etc… C’est l’appréciation subjective de la femme qui devrait prévaloir pour le médecin chargé de délivrer l’attestation. Surtout si en plus, particulièrement dans le cas de très jeunes filles, le risque de suicide est très grand. Malheureusement en Pologne les médecins ne comptent pas avec la santé psychique de la femme. Sous l’énorme pression de l’Eglise ils refusent de procéder à l’avortement gratuit (donc officiel) même lorsque la grossesse est une suite du viol qui représente en lui-même une grave atteinte et provoque des traumatismes psychiques. Ils évoquent la clause de conscience, ce qui ne les empêche pas de faire des interruptions de grossesse à la chaîne dans leurs propres cabinets privés contre une forte somme en liquide.

La loi ne précise pas non plus de délai limite d’avortement en raison de tares graves de l’embryon. Elle stipule seulement de manière plutôt vague que l’interruption de grossesse est admise jusqu’au moment où le fœtus atteint le stade où il peut survivre de manière autonome hors de l’organisme de la mère. Généralement on admet que cela signifie la 22ème semaine. Si les tares dont l’embryon est atteint excluent d’avance sa survie autonome, la mère peut prendre seule la décision d’avorter sans aucun délai limite. Il faut souligner qu’il s’agit ici de la forte probabilité de tare génétique et non de la certitude absolue. Malheureusement dans ces cas la loi n’est pas observée en règle générale. Les examens prénataux (condamnés par l’Eglise !) concernent un nombre infime de grossesses (en comparaison avec d’autres pays) et en conséquence on note un très grand nombre de naissances d’enfants atteints de malformations physiques ou mentales. Selon les statistiques de l’UE de telles naissances sont en Pologne 4 fois plus nombreux que dans d’autres pays de l’Union. Il ne faut pas s’en étonner si en Pologne on procède aux examens prénataux 19 fois moins souvent que par exemple dans la République Tchèque. Le nombre d’enfants handicapés a dramatiquement cru ces dernières années. Ce sont surtout les enfants de mères des milieux marginalisés où l’argent pour la contraception manque, où les femmes enceintes ne vont même pas voir un médecin sachant que c’est en vain qu’elles demanderaient une autorisation d’avorter gratuitement. Elles accouchent donc et abandonnent leurs enfants.

Il faut souligner aussi que les fondamentalistes du catholicisme polonais jugent que la loi en vigueur ne donne pas assez de garanties de sauvegarde de la vie et même de la dignité (sic !) de l’embryon. D’où l’intention déclarée de modifier la Constitution de manière à y introduire la sauvegarde de la vie humaine depuis la conception, qui a n’a été abandonnée qu’après de protestations massives dans le pays. Tout dernièrement toutefois le médiateur, appelé en Pologne « porte-parole des droits des citoyens » a repris cette initiative à son compte. Il a eu l’intention adresser au Tribunal Constitutionnel (équivalent du Conseil Constitutionnel) une plainte contre la loi sur IVG actuelle au motif que la vie de l’embryon – y compris de l’embryon porteur de tares génétiques – n’y est pas suffisamment protégée. Nous avons donc un porte-parole des citoyens qui considère que la vie et la santé de la femme pèsent moins que celles de l’enfant à naître. Dans le monde civilisé la position contraire prévaut : la vie et la santé de la femme sont prioritaires, et ce jusqu’à la fin de l’accouchement. La jurisprudence du Tribunal de Strasbourg ne laisse aucun doute à ce sujet. L’article 2 de la Convention des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales dit bien que « le droit de l’homme à la vie est protégé », toutefois en juillet 2004 le Tribunal a jugé qu’un embryon ne peut être considéré comme un individu humain bénéficiaire de cet article (Thi-Nho Vo versus la République française).

L’absence d’une réelle éducation sexuelle laïque, l’ignorance des méthodes de contraception modernes (interdites par l’Eglise) et relativement coûteuses, trop coûteuses surtout pour les femmes et les jeunes filles de milieux défavorisés – toutes ces circonstances réunies provoquent une situation grotesque : les statistiques officielles parlent de quelques 200 avortements par an (pour un pays de 38 mln d’habitants !).Alors que raisonnablement on doit estimer le nombre d‘avortements clandestins à au moins 200.000. Ce dernier chiffre n’est certainement pas exagéré puisque les autorités britanniques font état de 31.000 femmes polonaises qui ont avorté en Gde Bretagne en 2007. En Gde Bretagne l’avortement est gratuit (pour les assurés sociaux) et autorisé jusqu’à 24ème semaine de grossesse. En Pologne l’avortement clandestin se fait aussi de plus en plus souvent en utilisant la pilule Ru486 accessible sur l’Internet, ce qui représente – en plus du risque d’utilisation sans aucun contrôle médical – un risque de tomber sur un produit suspect, vendu par des escrocs. Dans des cabinets médicaux privés les avortements clandestins sont fait par la vieille méthode de curetage, celle par l’aspiration exigeant le matériel trop facilement identifiable lors de la descente de police. Donc la méthode employée aussi augmente le risque pour la santé de la femme.

Pour compléter le tableau il faut reconnaître que les salaires officiels du personnel du secteur de la santé publique sont particulièrement bas et que la loi – qui ne prévoit pas de peine pour la femme ayant avorté – punit de prison le médecin qui aurait procédé à cette intervention non conforme à la loi.

La loi de 1993 était censée avoir pour conséquence l’augmentation de la natalité. Or, les Polonaises mettent au monde le moins d’enfants parmi toutes les femmes de l Union. En 2006 – après quatre années consécutives de l’indice de natalité négatif (plus de morts que de naissances) – cet indice est redevenu positif (plus 6 mille), mais cela est dû aux raisons démographiques : le pic des naissances des années quatre-vingt est entré à son tour dans l’âge de procréer.

L’opinion publique n’est pas tenu informée des conséquences réelles de la loi de 1993. Toute personne raisonnable comprend toutefois qu’une telle loi devait provoquer une hausse dramatique de naissances non désirées. Les statistiques démontrent que le nombre des « orphelins sociaux » loin de baisser, se maintient aux alentours de 180.0000 et ce malgré le très faible taux de natalité. Pratiquement, les parents de tous ces enfants socialement abandonnés, sont bien vivants, mais vivent dans la marge où règne la violence et d’où on sort soit vers le milieu du crime, soit – au meilleur cas – vers l’aide sociale. Et l’Eglise ? Eh bien, plus il y a de misère, d’obscurantisme et de malheur – plus sa clientèle est nombreuse.

Teresa JAKUBOWSKA

RACJA (RAISON de la Gauche polonaise)

Vice-presidente et porte-parole du parti janvier 2008

Lettre de Teresa Jakubowska aux sénateurs canadiens

Mesdames et Messieurs les Deputés/Senateurs,

Tout récemment encore, dans nos débats sur la législation concernant le planning familial et l’éducation sexuelle ici, dans les pays du Vieux Continent, et surtout en Pologne, nous avions l’habitude d’évoquer le Canada comme modèle de bon sens en cette matière. C’est donc avec une énorme surprise que nous prenons connaissance de votre projet de loi C 484 censée accorder au fœtus le statut légal de la personne humaine. Prétendre qu’une telle loi n’a pas pour but final de délégaliser l’avortement relève de l’hypocrisie la plus pure.

Cette action des fondamentalistes religieux canadiens ressemble énormément à la tentative de modifier la Constitution polonaise menée l’année dernière par nos députés – catholiques fondamentalistes. Leur intention était que la Constitution garantisse le droit de la protection de la vie humaine « depuis la conception et jusqu’à la mort naturelle ». En Pologne nous avons une loi anti-avortement non seulement la plus restrictive de toute l’Europe, mais en plus le peu des droits qu’elle donne aux femmes ne sont pas respectés : je décris cette situation dans le texte que vous trouverez en annexe.

Donc, même dans la Pologne ultra-catholique et régentée par l’Eglise Vaticane, cette tentative a été jugée inadmissible par la population. Le texte organique n’a pas été modifié et les élections législatives avancées de 2 ans en automne 2007 ont sévèrement sanctionné les deux partis politiques qui appuyaient ce projet : ils n’ont plus aucun député à la Diète nouvellement élue. Autant dire qu’ils ont quitté la scène politique. Le projet de modification de la Constitution n’a certes pas été la seule cause de leur défaite, mais il est indéniable que tout politicien oubliant que les femmes représentent la moitié de l’électorat, risque de le payer cher.

La loi polonaise sur l’avortement, pourtant si stricte, prévoit un maximum de 10 ans de prison pour avoir anéanti un fœtus, mais uniquement si cela a été fait contre le gré de la femme. Pour une interruption de grossesse dans des conditions contraires à la loi, mais avec l’accord de la femme – 3 ans de prison. La loi en question a été votée voilà 15 ans et jamais encore de telles peines n’ont été prononcées par des tribunaux. Or, l’ébahissant projet canadien prévoit la peine suprême inscrite dans votre système pénal, à savoir la détention à vie. Encore heureux que vous n’appliquiez plus la peine de mort, la guillotine sur la place devant le Parlement à Ottawa serait certainement du plus bel effet….

Pour finir, je voudrais souligner avec force le fait suivant : en Pologne pendant 33 ans (avant 1989, sous « l’ancien régime »), les femmes étaient libres de décider de devenir mères. L’interruption de grossesse se faisait sur leur seule demande et gratuitement dans les hôpitaux publics. Et c’est alors que la Pologne battait les records de naissances avec le taux de natalité le plus élevé d’Europe. Depuis 1989, date à partir de laquelle l’Eglise catholique a pu donner libre cours à sa tendance de domination, les femmes se font avorter clandestinement (du moment où ils sont payés hors impôts les médecins n’évoquent pas la clause de conscience) et la Pologne affiche la natalite la plus basse de toute l’Union Européenne.

Mesdames et Messieurs les Senateurs, ne vous laissez pas influencer par votre puissant voisin du sud. Les Polonaises vous demandent de ne pas vous inspirer d’ une partie de leur système juridique. En votre âme et conscience, voulez-vous vous rendre responsables – comme les députés polonais - d’un nombre incalculable de malheurs et de vies brisées ?

Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Senateurs, mes salutations respectueuses.

Teresa JAKUBOWSKA

RACJA PL - viceprésidente

(parti des rationalistes de gauche polonaise)

teresa.jakubowska@neostrada.pl

www.racja.org.pl

www.teresajakubowska.pl Varsovie, le 5 mai 2008

Va-t-on accepter longtemps la ségrégation spatiale et les agressions ethniques et religieuses ?

Mohamed Sifaoui, journaliste de confession musulmane, agressé par des intégristes islamistes, un jeune loubavitch agressé par une bande formée de jeunes d’origine africaine et maghrébine. Va-t-on tolérer longtemps dans la France des Lumières que le droit à la sûreté (article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789) soit bafoué ? Va-t-on tolérer longtemps dans la France des Lumières que l’article 10 de la même déclaration devienne obsolète. Nous rappelons que ce dernier article stipule que nul ne doit être inquiété par ses opinions, même religieuses, pourvu que sa manifestation ne trouble pas l’ordre public défini par la loi !
Bien sûr, nous souhaitons que les agresseurs soient condamnés par la justice. Mais cela ne suffit pas !

Car toutes ses agressions sont le produit d’une évolution de notre pays qui a accéléré la ségrégation spatiale par la ghettoïsation communautariste et sociale. Doit-on accepter la transformation de la France en pays anglo-saxon pour vivre dans un quartier uniquement en fonction de ses revenus, de son ethnie ou de sa religion ou option philosophique ?
La politique de l’urbanisme depuis un quart de siècle a accéléré cette ségrégation.
L’UFAL propose une rupture avec cette politique et appelle les pouvoirs publics, les hommes et les femmes politiques à rompre avec le communautarisme social d’abord et ethnique et religieux ensuite.
L’UFAL appelle le gouvernement à rompre avec la désectorisation scolaire qui accentue ces communautarismes et à fournir les moyens aux écoles des quartiers populaires bien au-delà des moyens donnés au ZEP notoirement insuffisants.
L’UFAL appelle les pouvoirs publics, les hommes et les femmes politiques à rompre avec la politique de destruction des services publics et des politiques sociales aboutissant aux politiques de charité au profit d’un renforcement des services publics et des politiques sociales au service du principe républicain de solidarité. L’UFAL appelle les pouvoirs publics, les hommes et les femmes politiques, à créer en France un “vivre ensemble” laïque et républicain grâce à la mixité sociale dans tous les quartiers.

L’UFAL Union des FAmilles Laïques

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Mohamed Sifaoui a le droit de vivre librement et sereinement en France

Le vendredi 13 Juin 2008, Mohamed SIFAOUI, journaliste, a été sauvagement agressé et menacé de mort par plusieurs intégristes islamistes en plein Paris.
Mohamed SIFAOUI est connu depuis plusieurs années pour son combat contre tous les intégrismes en général et contre l’intégrisme islamiste en particulier.
Nous posons la question : pourquoi le ministère de l’Intérieur a supprimé sa protection rapprochée ? Depuis cette décision, sa vie est devenue un enfer.

L’UFAL déclare solennellement que chaque personne vivant sur notre territoire a le droit à une vie normale. Le rôle des pouvoirs publics est de faire respecter l’article 10 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public, défini par la loi ». Par ailleurs l’article 2 de cette même déclaration stipule que le droit à la sûreté est un droit naturel et imprescriptible de l’homme. Nous appelons les pouvoirs publics à respecter cette déclaration et à mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour ce faire. En particulier, redonner à Mohamed Sifaoui une garde rapprochée et mettre hors d’état de nuire ceux qui sont coupables de violences intégristes contre des personnes vivant sur notre territoire.

L’UFAL Union des FAmilles Laïques

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