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Laïcité
Par Philippe Foussier
Lundi 25 mai 2009
article publié dans la lettre 79
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Le Comité Laïcité République est heureux de se retrouver avec vous pour ces deux journées de réflexion et de mobilisation sur la laïcité, et en particulier sa dimension internationale. La table ronde qui nous réunit ce matin nous propose toutefois, « contre les discriminations, de construire des institutions républicaines ». Au CLR, nous travaillons depuis longtemps sur la question de la discrimination positive, des statistiques ethniques, parce qu’elle nous semble emblématique du débat, de la confrontation entre universalisme et différentialisme.
Et la nomination récente de M. Yazid Sabeg comme commissaire à la diversité relance un débat que nous avions pu espérer derrière nous avec la remise fin 2008 du rapport du Comité présidé par Mme Simone Veil au sujet des velléités présidentielles de réviser le préambule de la Constitution. Celle-ci a en effet rejeté la suggestion d’introduire la notion de « diversité » dans notre texte fondamental, préférant, et c’est heureux, maintenir le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi.
Nous sommes opposés à la discrimination positive -et aux statistiques ethno-raciales- pour des raisons de principe, au-delà des problèmes pratiques que cela pose ; pour trois raisons principales.
Pour au moins toutes ces raisons : négation de la citoyenneté et retour à l’Ancien Régime, renvoi de l’individu à son passé, à ses racines, aux liens du sang selon une conception réactionnaire de l’homme et enfin substitution d’une lecture raciale à une lecture sociale des rapports humains, il faut rejeter absolument tout compromis avec ces orientations. Mettre le doigt dans l’engrenage, c’est basculer dans un système idéologique qui est à l’opposé de tout ce qui contribue à l’émancipation de l’homme et de la femme, c’est tourner le dos à plus de deux siècles de combats pour les droits sociaux et ceux du citoyen. Sans animosité à l’égard de ceux qui croient que cela pourrait remédier aux maux dont souffre notre société parce qu’ils désespèrent de la République, parce que la promesse républicaine se fait attendre depuis trop longtemps pour beaucoup trop d’entre nos concitoyens, il nous faut faire un travail de conviction, de pédagogie. Car sinon, le jour où nous aurons instauré les statistiques ethniques, la discrimination positive pour les individus (et non les quartiers comme c’est le cas pour les Zep par exemple), le jour ou nous aurons sinon en droit mais dans les faits renoncé à l’égalité de tous devant la loi, alors nous aurons basculé dans une autre logique politique et idéologique. C’est cela que nous refusons.
Texte de l’intervention aux 2e RLI de Saint-Denis le 5 avril 2009
Droits réservés
par Philippe Foussier
Président du CLR (Comité Laïcité République)voir tous ses articles