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Édito
Par Bernard Teper
Mardi 7 juillet 2009
article publié dans la lettre 84
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La crise économique démarrée durant l'été 2007, "boostée" par le krach bancaire et financier de septembre 2008, fragilise de plus en plus de citoyens et leurs familles. Les couches populaires (ouvriers, employés, représentant plus de 50% des ménages) sont les couches les plus touchées. Tout y passe: chômage, précarité, recul de l'accès aux soins, destruction des services publics, communautarisation sociale, mal logement, diminution de la mobilité sociale par l'école, etc. Des parties des couches moyennes commencent elles aussi à subir les effets de cette crise.
L'analyse économique faite par l'UFAL montre que, contrairement aux discours médiatiques dominants, cette crise va continuer de s'approfondir et que la méthode d'autosuggestion de type Coué des médias dominants n'aura aucun effet sur la poursuite de l'aggravation de cette crise systémique du capitalisme qui peut devenir même l'amorce d'un nouveau pli historique dont nous ne connaissons pas l'issue.
Que font les forces politiques?
La droite capitaliste intensifie de plus en plus sa politique anti-sociale, anti-laïque, anti-démocratique. Le social-libéralisme(y compris celui qui est porté par certains écologistes) englué dans la cogestion de cette même politique (avec cependant des accents "charitables") développe un discours de façade qui ne remet pas en cause cette cogestion. Quant à la gauche de la gauche, les résultats des élections du 7 juin dernier montre le fossé entre elle et le vote des couches populaires. Et sans soutien massif des couches populaires majoritaires dans la population, il n'y aura pas de changement autre que cosmétique.
La conséquence de cela est la poursuite d'une extrême droite qui se nourrie des insuffisances de la gauche et la multiplication des effets d'annonces de nouveaux candidats qui veulent "laver plus blanc que les autres" mais tout en maintenant les mêmes fondamentaux que ceux qu'ils critiquent.
Que fait le mouvement social?
Aujourd'hui, à la différence d'hier, c'est le mouvement syndical qui a la main car les collectifs sont pratiquement tous essoufflés sauf le Collectif national contre la privatisation de la Poste et pour un référendum.
Le mouvement syndical a engagé une stratégie à front large qui a recueilli l'assentiment des travailleurs (29 janvier, 19 mars, 1 mer mai). C'est un point d'appui considérable pour la suite de l'histoire car sans stratégie à front large, point de salut! Mais le mouvement syndical n'a pas réussi pour autant à stopper le rouleau compresseur de la droite capitaliste. Les raisons sont multiples mais peu d'analystes développent que certaines organisations qui devraient être avec le mouvement social font alliance avec la droite gouvernementale (exemple entre autres de la Fédération nationale de la mutualité française à son dernier congrès qui espère profiter du recul programmé par le gouvernement de la Sécurité sociale!).
Nous sommes donc dans une situation ou l'exaspération monte alors que la résistance n'est pas à la hauteur de cette exaspération, loin s'en faut.
Nous devons donc réfléchir aux initiatives à prendre pour alimenter cette résistance. La réponse globale ne peut se résumer à une seule initiative mais elle ne pourra se résoudre sans un changement culturel des pratiques militantes. Bien sûr, il est très difficile de changer ses pratiques culturelles militantes. Mais sans ce changement, les mêmes pratiques conduiront aux mêmes résultats.
C'est d'autant plus urgent que certains militants montrent de plus en plus d'impatience à la lutte. Mais comme disait Friedrich Engels: "Quelle naïveté enfantine que de prendre sa propre impatience comme argument politique".
Que propose l'UFAL?
Tout d'abord, l'UFAL n'a pas la prétention de proposer une réponse globale à cette interrogation. Mais elle propose deux pistes, non exclusives d'autres initiatives complémentaires:
Que tous ceux, individuels ou organisations, qui veulent participer à ces initiatives viennent travailler avec nous à égalité de droits et de devoirs. Faisons vivre la stratégie à front large également dans les campagnes d'éducation populaire!
par Bernard Teper
Secrétaire national de l'UFALvoir tous ses articles